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Une solidarité à toute épreuve

2 août 2007, 00:00

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St Hilaire, petit village paisible. La vue est belle ? pour les visiteurs mais cela ne cache pas une autre réalité : celle d?une région qui se meurt. Les difficultés rencontrées dans le secteur sucre ont de lourdes répercussions sur la vie des habitants et dans les localités voisines qui en dépendent.

La fermeture programmée des usines entraîne, en quelque sorte, la fin de toute une époque, d?une certaine manière de vivre. C?est le cas, dans cette région avec l?usine de Riche-en-Eau, qui va mettre la clé sous le paillasson. Le taux de chômage prend l?ascenseur et les petites activités économiques dues à la présence de l?usine, disparaissent. Nombreux étaient ces hommes et ces femmes, employés de l?usine, qui quittaient chaque jour leur domicile pour gagner leur croûte. Un des plus grands piliers de l?économie est en difficulté et tout un quartier souffre. ?Nou tou conte lor la propriété?, disent les habitants du factory area.

Le Voluntary Retirement Scheme, VRS, formule qui se veut être une compensation censée les consoler et leur assurer une retraite tranquille, ne remplacera pas la vie sociale et animée du village. Sans aucune autre alternative, les employés qui en ont déjà bénéficié vont devoir se recycler dans d?autres secteurs. Un casse-tête car le quotidien de ce village été alimenté par le sucre. Maintenant, avec le chômage qui sévit dans les coins et recoins du pays, ils ne savent plus à quel saint se vouer. ?Ici apar coupe cann ek travail dan la cour pena nanien?, précise Yves Paul, travailleur social de l?endroit. ?Gouvernema pann prevoir okenn developman avan laiss ferme l?usine?, ajoute-t-il.

Pour cet homme de 55 ans, employé sur la propriété, les décisions prises devraient l?être par étapes. ?Ena dimoun bizin kit lakaz 5 heures du matin et ale rod travail ziska Baie-du-Tombeau ou Le Morne, c?est bann zanfan ki penalize?. Les habitants se retrouvent avec des dettes : il y a l?écolage des enfants, et l?inflation qui ravage le pays en ce moment, n?arrange évidemment pas les choses.

Ils ne se laissent pas aller pour autant au découragement. Ils prennent le taureau par les cornes. Simja Deelawan, jeune mère de famille et cinq dames de l?endroit, se démènent pour aider quelques parents. Grâce au parrainage de Sotravic Ltée, une vingtaine d?enfants ont leur tiffin, chez ces dames, chaque matin, avant qu?ils aillent à l?école. Ces volontaires veillent également à ce que les enfants prennent bien le chemin de l?école. Un soutien social qui se fait par les habitants et pour les habitants. Pendant que les parents triment, les enfants sont pris en charge par les voisins. L?éducation reste une priorité. Les gens de ces quartiers défavorisés ou moins chanceux se serrent les coudes.

Le Community Action Group est une des rares associations qui ?uvre pour le bien-être de St-Hilaire. Ils ont un petit local à côté du terrain de football, équipé de matériel de musculation et d?une salle pour les divers cours et les réunions. ?Heureusement que jeunes et moins jeunes tirent profit des structures offertes?, se réjouit Yves Paul, président. Simja Deelawan, la secrétaire de l?association, et son équipe s?occupent d?un accompagnement académique destiné aux enfants du primaire. Ils sont à la recherche de sponsors afin de pouvoir organiser des sorties avec les jeunes de la localité. Les activités courantes organisées sont des séances de méditation par les Brahma Kumaris. Des campagnes de prévention sur la sexualité précoce et bien d?autres formations sont prévues pour cette année. En dépit de la pauvreté et de leur sombre avenir et avec le chômage qui persiste, les gens veulent se remettre debout. Ils ne veulent rien louper. Ils font participer les enfants à un stage de trois mois, chapeauté par le ministère de la Jeunesse et des sports avec un certificat à la clé.

L?Adolescent non- formal education network (Anfen )est aussi un collaborateur de St Hilaire. Il y a régulièrement des projets afin de contribuer à l?amélioration des conditions de vie. L?empowerment programme lancé par le gouvernement offre une formation à 40 habitants de 16 à 45 ans, avec la collaboration de la Fondation Espoir et Développement (FED). Le hic, c?est que le stage se fait toujours dans les villes ou dans des endroits très éloignés. Les gens sont tellement pauvres que le coût du transport les décourage à se lancer. ?Mo espere ki apres bann stages-la, bann zenn pou ena debouches?. Elle explique que les jeunes seront de nouveau à la rue. et ainsi on serait back to square one. Paul Bérenger l?a dit : ?Si l?économie ne va pas, rien ne va?. Pour qu?il y ait développement et progrès dans un endroit donné, les gens doivent se sentir utiles et avoir du travail. Les habitants veulent donner une meilleure chance à leurs enfants pour qu?ils puissent s?épanouir et épargnés par les fléaux sociaux.

Les parents, âgés de 45 à 50 ans, se trouvent trop jeunes pour prendre leur retraite. Pourtant la politique gouvernementale voudrait qu?on révise l?âge de la retraite et ils ont déjà arrêté de travailler. Ils prennent leur mal en patience et attendent un hypothétique développement afin de les sortir du chômage.

Koomaren VADEEVALOO

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