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Une réflexion de fond s?impose

15 octobre 2007, 00:00

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Une conclusion vient à peine d?être trouvée à la controverse entourant les manuels de James Burty David pour le français au secondaire, que des voix s?élèvent dans l?édition, l?importation et la distribution des manuels scolaires. Elles s?insurgent pour dénoncer cette question cruciale de l?Education laissée en suspens : celle de l?importance des manuels pour l?avenir des élèves. Car ils conditionnent leur réussite scolaire. Ces professionnels appellent à un dialogue constructif réunissant tous les acteurs concernés.

?Pourquoi cette mise en scène somme toute théâtrale autour d?une question qui demande davantage de réflexion, de dialogue entre les différents acteurs concernés (les éditeurs, le gouvernement, les éducateurs, et indirectement les enfants) pour ensuite faire marche arrière, purement et simplement ?? s?interroge Félix Atioune, représentant des Editions Longman, Pierson et Penguin à Maurice

?On a mis fin à une controverse qui commençait à faire désordre dans la profession, mais il ne s?agit pas, contrairement aux apparences, d?un incident mineur !? commente Ahmad Sulliman, directeur des Editions Le Printemps. ?Des recherches démontrent un lien entre l?utilisation des manuels scolaires et la performance scolaire. C?est dire si l?avenir de nos jeunes est en première ligne dans cette affaire.?

Depuis quelques années, le pays s?engage à améliorer son système éducatif et les politiques scolaires pour accroître le taux de scolarisation et de réussite. Parmi les mesures évoquées : créer les conditions scolaires appropriées, former des enseignants, bien préparer les enfants pendant leur pré-scolarisation, évaluer régulièrement les élèves, assurer leur suivi et mettre en place une politique du livre sur le plan national afin de faciliter l?accès au matériel éducatif.

L?Education affirme que devant l?urgence de démocratiser l?accès aux manuels scolaires, des groupes de travail planchent sur les moyens de s?entraider efficacement pour trouver des solutions rentables, durables et efficaces. ?Pour Maurice, l?éducation pour toute la population passe obligatoirement par la prise en charge par l?Etat du coût des manuels en faveur des needy students, notamment dans la distribution en milieu scolaire.?

Comme le coût élevé des fournitures scolaires constitue une entrave importante à la scolarisation et la diffusion des manuels, les subventions se détournent des producteurs de matériel pédagogique pour aller vers les utilisateurs de manuels.

Ahmad Sulliman ajoute que ?les acteurs de l?éducation affirment que la gratuité du manuel scolaire et son utilisation effective en classe permettraient d?améliorer la performance des enfants, de relever le taux d?inscription et de fréquentation scolaire.?

Maurice ne réunit pas les conditions optimales pour organiser une logistique et une distribution efficace. Les stratégies déclarées du gouvernement pour améliorer la diffusion des manuels scolaires ne sont pas toujours clairement édictées : ?Maurice, comme chaque pays, définit sa propre politique pour la distribution des manuels scolaires et dans une moindre mesure, dans leur élaboration. Jusque-là, tout est parfaitement normal. Mais là où il y a eu dérive, c?est que le gouvernement n?a pas donné un signal clair en faveur d?une compétition saine entre les secteurs publics et privés pour maintenir la transparence dans la distribution des ouvrages?, estime Ahmad Sulliman.

?Pourquoi ne pas plutôt réfléchir sur la question de la libre concurrence dans le domaine de la distribution des manuels scolaires au lieu de suivre aveuglément une logique de profit qui fait des pédagogues et les enfants des victimes de batailles rangées et stériles ?? s?interroge Félix Atioune.

Avec le système des listes et du positionnement distinctif des ouvrages sur la liste des manuels ?recommandés? ou seulement ?référencés?, la donne économique et la crédibilité allouée à tel ouvrage local plutôt qu?étranger ou inversement sont clairement instituées et sont catégoriques. Autrement dit, le marché se fait ou se défait au gré de cette liste.

?L?on restreint le choix des manuels scolaires à Maurice et que ce faisant, l?on empêche les needy students de travailler correctement. On leur retire des outils pédagogiques qui leur conviennent parce que davantage collés au contexte mauricien. Les ouvrages de référence sont aussi valables que les recommended, par conséquent, cela n?avait aucun sens de créer deux listes et susciter la polémique autour d?elles?, s?insurge Félix Atioune.

Maurice est une terre d?édition avec un potentiel extraordinaire qui s?ignore, qu?on ignore, ?parce qu?on met en avant l?édition étrangère, par exemple ce manuel de mathématiques conçu par M. R. Raman. Il n?était pas sur la liste des ?recommended? alors que, conceptuellement, de par son approche pédagogique adaptée aux réalités locales et son graphisme plus avenant, il est plus en adéquation avec le curriculum requis?, explique un enseignant, qui souhaite rester anonyme. Félix Atioune fustige de son côté le fait que ?certains ouvrages sont recommandés depuis des lustres alors qu?une pléthore de manuels d?excellente qualité en termes de contenu et approche pédagogique ont été édités plus récemment et nous sont proposés !

S?il est de plus en plus question de favoriser l?émergence des industries de l?édition nationales qui connaîtraient mieux les besoins des pays et les réseaux locaux de distribution, ce principe reste cependant lettre morte.

Serait-il lié au fait que le développement d?un système fiable et durable pour la fabrication des manuels scolaires à un prix hyper compétitif tout en respectant le principe commercial de récupération des coûts est un idéal difficile à atteindre ?

Si l?Etat mauricien met l?accent sur la démocratisation de l?éducation, le manuel scolaire devrait obéir à des principes pédagogiques valorisant l?accès vers le savoir. Et cela relève des prérogatives des formateurs et universitaires de proposer des nouvelles fonctions au manuel scolaire.

R.S.

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