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Une prison dorée pour Abdul-Wahad

8 décembre 2004, 00:00

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Tony Parker a acquis depuis peu le titre de sportif français le mieux payé, toutes disciplines confondues. Son compatriote Tariq Abdul-Wahad est, lui, le “prisonnier” le mieux traité de la NBA, voire du sport professionnel mondial.

Victime d'une situation ubuesque à Dallas, il végète sur la fameuse “injured list” réservée plus ou moins longtemps aux joueurs blessés, suspendus, transférables ou... indésirables. Ce dernier qualificatif résume bien la situation de “T.A.W.”.

“Je n'entre toujours pas dans les plans de Don Nelson (l'entraîneur des Maverick). Il m'a convoqué pour me dire que je ne jouerais plus jamais pour lui”, déplore l'enfant de Maisons-Alfort. Selon le joueur français, le staff médical de la franchise texane, toujours sceptique sur l'état de son genou, aurait même monté un dossier médical “totalement fantaisiste”.

“C'est dans le seul but de me déclarer inapte à la pratique du sport afin que les assurances prennent mon contrat en charge”, insiste Tariq qui, contraint au chômage, refuse pourtant de lâcher prise : “Je ne vais faire aucun cadeau, ils me paieront jusqu'au dernier dollar.”

Preuve de sa fermeté, il a refusé que Dallas rachète, à prix bradé (22 m de dollars), les trois années de contrat restant à courir. A 30 ans, l'ancien international tricolore, quasi-impossible à transférer vu ses tarifs, semble donc prêt à faire une croix définitive sur la saison en cours. Tout en ayant conscience que sa valeur marchande à la bourse NBA va inévitablement en souffrir, Abdul-Wahad n'ayant joué que 18 petits matches depuis bientôt...3 ans !

On peut donc parler d'un véritable gâchis pour cet arrière-ailier, ancien champion d'Europe juniors, drafté très haut (au 11e rang) par Sacramento en 1997. Premier basketteur national promu à l'époque en NBA, il avait dès le début de sa carrière américaine fait valoir de solides qualités défensives.

Mais, désormais, celui qui s'appelait Olivier Saint-Jean avant sa conversion à l'islam, erre dans une prison dorée. Et la sortie semble encore lointaine, même si l'intéressé, connu pour ses prises de position tranchées, préfère positiver.

“D'une part, tout le monde en NBA sait comment les dirigeants des Mavericks traitent leurs joueurs”, insiste-t-il. “Je vais m'accommoder de la situation et en profiter peut-être pour terminer mon cursus universitaire. Et puis je sais que, dès la fin de mon contrat à Dallas, au moins trois autres équipes seront intéressées par ma venue.” Pas sûr cependant que ces prétendus contacts résistent à l'usure du temps, surtout si l'on s'amuse à calculer que chaque misérable point marqué en NBA par Tariq Abdul-Wahad depuis l'an 2000 coûte à ses heureux propriétaires la rondelette somme de... 7 000 dollars!

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