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Une perte conséquente pour les planteurs

17 septembre 2008, 20:00

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«Sa ene detay sa». En short, parka et savates, Kishan Gajadhur désigne de la main, l?eau qui à la mi-journée, hier, s?accumulait dans la cour de sa maison à Clémencia. Sa maison, elle, construite en hauteur, était encore sauve. En revanche, dans son «caro» de haricots et de pommes d?amour, il n?y avait plus rien à sauver.

Cette rivière qui coule à l?arrière de sa maison, Kishan la connaît bien. Le pont pas très loin aussi. Depuis une dizaine d?années que son père a construit la maison familiale à cet emplacement, des inondations, il en a vu d?autres. Sauf que là, il venait d?investir pas moins de Rs 15 000 dans sa plantation.

«Il y a un mois, j?ai contracté un emprunt de Rs 36 000 auprès de la Banque de développement. J?ai investi Rs 15 000 dans les semences et autres. Mo ti fek planter. Tou ine gagne beze», soutient ce planteur résigné. Il ne compte plus le nombre de fois où on lui a promis que le pont serait rehaussé. Et puis, rien. «On l?a élargi mais cela n?a rien changé.»

A part des éléments de la Special Mobile Force (SMF) postés aux endroits à risques, les rues sont désertes dans les petits villages de l?Est. Seuls certains osent braver le mauvais temps. A pied, parapluie à la main. Ou à bicyclette, emmitouflés sous leur parka.

Canaux obstrués par des déchets</B>

A Clémencia, à quelques dizaines de mètres de chez les Gajadhur, bottes aux pieds, Lormus Bundhoo, ministre de l?Environnement et de la National Development Unit (NDU) est descendu sur le terrain. Histoire de constater l?étendue des dégâts. Bel-Air, Caroline, Argy, il aura pas mal roulé. «Il y a des accumulations d?eau un peu partout mais c?est encore gérable», avouait-il à la mi-journée. Egalement sur le terrain hier, des ingénieurs. Car, il reste encore des travaux à effectuer suite aux inondations de mars dernier. A Bel-Air, les pompiers ont dû intervenir pour évacuer l?eau accumulée dans l?enceinte de l?école de la localité.

A Bambous-Virieux, de bleu, la mer est passée au marron. A la fenêtre de sa maison, en tôle, au bord de cette mer démontée, Parvati Bhoolooa est inquiète. A chaque fois, qu?il pleut abondamment, c?est la même chose. «La mer monte. Inonde la cour avant de pénétrer dans la maison», raconte Parvati, qui vit à Bambous-Virieux depuis 15 ans.

Même si, des inondations, elle en a vécu des dizaines, Parvati a quand même peur. Hier, elle craignait surtout pour la sécurité de ses enfants. «Avek sa avis la pluie torrentielle la, zot fine res lakaz. Bizin veye zot bien», soupire Parvati. Empêcher les plus jeunes de marcher sous la pluie mais surtout de s?approcher de la mer.

En bordure des routes de l?Est, le niveau d?eau ne cessait de monter dans certains canaux, obstrués par des déchets. C?est ainsi que sur le chemin de Trou d?Eau Douce, les employés de la voirie, avaient fort à faire pour déboucher les drains. Pendant ce temps, sur des étals de fortune le long des routes, certains planteurs tentaient d?écouler les derniers légumes qu?ils avaient pu sauver de leurs plantations?

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