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Une Pakistanaise obtient la garde de sa fille

29 octobre 2004, 20:00

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La roue tourne. Heureuse en ménage, Rabia Abusasher a vu sa vie basculer après six ans de mariage. Divorcée, la Pakistanaise était menacée de déportation alors que son mari, un Mauricien, Azad Ally Mungroo, avait obtenu la garde de sa fille, Bibi Lubnah Firdosh. Loin de s?y résigner, elle s?est battue. Un acharne- ment qui a finalement porté ses fruits.

La Cour suprême a en effet autorisé Rabia Abusasher à rester à Maurice. Elle obtient de plus la garde de sa petite fille.

Rabia Abusasher vit à Maurice depuis 1991. Son mari, elle l?a rencontré au Pakistan en octobre de la même année. Orpheline, elle a été élevée dans un couvent à Karachi. Lorsque Azad Ally Mungroo, un salesman, lui propose de se marier, elle accepte et s?installe à Maurice.

Comme dans tous les nouveaux couples, elle goûte ainsi au bonheur d?une vie à deux. Trois ans plus tard naît Bibi Lubnah Firdosh.

Mariée et mère, elle a tout pour être heureuse. Mais voilà que six ans après son mariage, son mari se met à la frapper et menace même de la tuer. Lors d?une altercation, elle est sérieusement blessée.

DROIT DE VISITE

Rabia Abubasher décide ainsi de consigner une déposition contre son mari au poste de police de Vallée-Pitot. Elle se réfugie au Police Shelter de Line Barracks et veut récupérer sa fille. Inflexible, son mari refuse.

En septembre 1997, elle obtient une Protection Order du tribunal de Port-Louis, valide jusqu?au 23 février 1998. Elle obtient également la garde provisoire de sa fille. Son mari bénéficie lui d?un droit de visite de huit heures chaque dimanche.

Mais voilà que Rabia Abubaker se réconcilie avec son mari en janvier 1998. Une réconciliation qui la plongera dans un véritable calvaire. Car un mois plus tard, ses beaux-parents la renvoient de la maison alors que son mari garde sa petite fille.

Et en octobre 2000, le divorce provisoire est prononcé aux torts partagés. Azad Ally Mungroo obtient la garde de Lubnah et la mère, un droit d?hébergement chaque week-end, de vendredi à dimanche après-midi et aussi un droit de visite.

Le divorce devient permanent le 21 septembre 2001. Rabia Abubasher ne bronche pas. Elle n?a pas de domicile fixe, ne travaille pas et ne pourra donc pas élever seule sa fille.

Sa situation financière évolue lorsqu?elle obtient un emploi comme secrétaire dans la compagnie Emambux. Son salaire : Rs 4 000.

Rabia Abubasher se sent ainsi plus à même de revendiquer la garde de sa fille. Surtout lorsque son patron Aboo Emambux, 72 ans, lui trouve également un domicile.

LES DÉBOIRES COMMENCENT

La Pakistanaise n?abandonne donc pas. Elle réclame la garde de sa fille en expliquant que son ex-mari ne jouit pas d?une bonne santé car il est actuellement en traitement. Elle dit également craindre pour la sécurité de sa fille, perturbée par le comportement de son père.

Et ses déboires face à l?immigration commencent. A deux reprises, elle réclame la citoyenneté mauricienne. Demandes rejetées. En novembre 2002, elle décide de demander un permis de rési- dence. Une requête une fois de plus rejetée. La Pakistanaise soupçonne ses ex-beaux-parents de même que son ex-mari d?avoir porté de graves allégations à son encontre au bureau du passeport et à celui du Premier ministre.

Rabia Abubasher insiste : elle se considère Mauricienne à part entière et dit s?être adaptée au mode de vie du pays. Mais dans une lettre en date du 5 mai 2003, le Bureau des passeports lui demande de quitter le pays.

Loin d?en être intimidée, Rabia Abubasher estime que cette décision est arbitraire. Elle précise que par cette obligation sa fille sera privée de l?affection et l?amour maternels.

La Pakistanaise réclame donc un ordre d?injonction afin d?interdire au Bureau des passeports de la déporter. Le Senior Puisne Judge (SPJ) Bernard Sik Yuen n?agrée pas à sa demande et attend les arguments des deux parties pour trancher.

EXPIRATION DU PERMIS

Et voilà que dans un ordre émis le 11 juin 2004, le juge Asraf Caunhye tranche en sa faveur. Le Parquet informe le SPJ Sik Yuen que le bureau du Premier ministre n?est plus favorable à la déportation.

Ainsi, le 27 juillet 2004, le SPJ ordonne que Rabia Abubasher réside à Maurice pour une année. A l?expiration de son permis de résidence, Rabia Abubasher doit formuler une demande pour le renouvellement de son permis.

Rabia Abubasher était représentée par Me Raj Ramsaha et Me Sobhadevi Tolsee-Jaunky, avouée.

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