Publicité
Une occasion ratée
Dire que le Festival de Port-Louis a été un flop serait un euphémisme. Cette manifestation organisée par le ministère du Tourisme et des loisirs, samedi, n?a pas atteint ses objectifs, à savoir redonner, le temps d?un après-midi, vie à la capitale et surtout tenter d?attirer les touristes hors de leurs hôtels.
Les activités proposées lors du festival n?ont pas été à la hauteur des attentes qu?un tel événement aurait dû susciter. Tous les classiques de l?animation de rue ont été ré-utilisés : châteaux gonflables, magie, fanfare et séga. Des attractions somme toute assez banales, même si la prestation de tous ceux présents était irréprochable.
Mais les touristes et même les Portlouisiens (que l?on dit en manque de distraction) en ont vu d?autres, en d?innombrables occasions, sur le front de mer, lors de manifestations similaires, mais à l?appellation moins ambitieuse. Ils ne se sont d?ailleurs pas déplacés en grand nombre, samedi. Et ce n?est pas faute de battage. Cela découle plutôt du choix d?une formule désormais éculée qui n?a pas fait recette. Les organisateurs - en l?occurrence le ministère du Tourisme et des Loisirs qui avait créé un comité spécialement pour l?occasion ? ont visiblement voulu reproduire la formule ?anou alle?? sur-utilisée en 2003. Copié, collé?
Mais ce qui est dommage, c?est que les organisateurs ont surtout raté l?occasion de créer une date dans le calendrier des activités artistiques et culturelles de la destination mauricienne. Parce que c?était en fait bien là le but : faire de la manifestation un événement, de Port-Louis une étape dans le circuit touristique. Anil Gayan, le ministre du Tourisme et des Loisirs, l?a d?ailleurs bien fait comprendre lorsqu?il a annoncé la tenue du festival. Mais le comité organisateur, présidé par le journaliste et historien Yvan Martial, a été beaucoup plus prudent, estimant même, un peu à contre-courant de ce que M. Gayan avait affirmé, qu?il y avait encore du chemin à parcourir avant que Port-Louis ne soit aussi célèbre que Notting-Hill.
Festival : l?appellation était donc un peu forte. Pourtant, l?intention était louable. Port-Louis a le potentiel pour devenir une étape sur la carte touristique, pour peu qu?on ait pensé à porter un éclairage sur ce qui fait vraiment l?âme de la Cité : son quartier chinois, ses maisons créoles, ses monuments historiques, ses édifices religieux, voire ses marchands de rue. Et non pas toutes ces attractions (séga, fanfare et gâteaux piments) importées que les touristes (et les Mauriciens) connaissent trop bien?
Il suffit de chercher, la capitale possède des charmes qu?il faudrait valoriser et ses commerçants seraient trop heureux de jouer le jeu. Et les touristes ne demandent qu?à découvrir cette face cachée.
Alors, peut-être que le temps a fait défaut, que les professionnels n?ont pas joué le jeu. à moins que ce ne soit l?âge du capitaine? On pourra évoquer tous les prétextes, l?important est de se rendre à l?évidence : la formule choisie samedi n?était pas la bonne. En revanche, l?idée l?est et Port-Louis mérite d?avoir son festival. Un événement qui soit cependant digne de ce nom, à l?image de la réputation d?excellence dont jouit la ? meilleure destination touristique 2004?.
Publicité
Publicité
Les plus récents