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Une milice militante a-t-elle inquiété Jugnauth?
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Une milice militante a-t-elle inquiété Jugnauth?
Hier, l’express évoquait la présence hautement indésirable de voyous travaillistes, devant l’Hôtel du gouvernement, le 7 juillet 2005, insultant et menaçant à qui mieux mieux notre président de la République, Sir Anerood Jugnauth, pendant pratiquement toute la durée de la cérémonie de prestation de serment des ministres du 3e gouvernement de Navin Ramgoolam. Rares furent alors les dirigeants travaillistes à inviter l’assistance, pourtant proche d’eux, à mieux respecter une institution aussi suprême et vénérable que la présidence de notre République.
Batté rendé pas faire mal, firent ressortir des dirigeants rouges pour tenter de justifier ces insultes de la populace, dirigées, selon eux, non pas contre la présidence de notre République, mais contre les parents de Pravind Jugnauth, leader d’un MSM que l’électorat expédie dans caro cannes. Ils évoquent aussi une revanche populaire contre l’hostilité militante et mauve manifestée, en juin 1982, d’abord contre des chômeurs protestant vertement, toujours devant l’Hôtel du gouvernement, contre leur licenciement bien que leur recrutement paraît entaché de fraude électorale, ayant eu lieu la veille même du scrutin du 11 juin 1982, et que les agents recruteurs d’Etat sont des candidats du PTr, du RPL et du Groupement Mauricien (leader Eliézer François).
The Nation du 23 juin 1982 titre qu’une milice militante inquiète Jugnauth. Le journal boolelliste cite bien un communiqué officiel du Bureau de notre nouveau Premier ministre, Anerood Jugnauth. Le communiqué ne mentionne pas le mot “milice” mais des “sympathisants” (pas forcément sympathiques) ayant essayé d’apaiser des manifestants devant l’Hôtel du gouvernement. Le Bureau du PM rappelle à tous, et plus particulièrement à ces sympathisants que le maintien de l’ordre public et de la paix sociale est la responsabilité de la seule police mauricienne (pourtant parfois coupable de brutalités suspensives). Le Bureau du PM menace : mesure sera prise contre qui veut prendre la loi entre ses mains (Fais gaffe Moïse !).
Pas de milice donc dans le communiqué du Bureau du PM qu’on ne retrouve pas dans la presse indépendante du jour. Toujours ce réflexe travailliste de privilégier toute information émanant de l’Hôtel du gouvernement. Chassez le naturel... L’express du 22 juin 1982 parle bien d’une “milice militante” tentant d’apaiser les esprits. L’opération apaisement des esprits faillit bien se terminer en pugilat milice v. manif. Le terme “milice” aura un succès incontestable dans les milieux travaillistes, avides de revanche politique. Ils sauront trouver des oreilles attentives et indulgentes à l’Hôtel du gouvernement et même dans le Cabinet. Chacun ajoutera son grain de sel au point qu’on prendra un malin plaisir à rappeler les nombreux voyages militants aux Seychelles, des dirigeants mauves ne craignant pas se faire photographier en compagnie de dalons en tenue militaire, brandissant des kalachnikovs et leurs chapelets de munitions. Les milieux travaillistes finiront même par inventer l’existence de camps d’entraînement pour milice mauve à la Pointe-aux-Sables, sans parvenir à se placer à la pointe de l’information.
La nouvelle de l’arrestation de trois militants pour agression d’un soldat SMF sous prétexte qu’il serait un espion à la solde du SSS, la police politique de Rewcastle, Ekval, Napolitan et autres Ramgoolam, alimentera encore la verve travailliste plus milicienne que jamais. L’homme de la SMF porte plainte contre ses agresseurs pour coups de barre de fer reçus à la rue de La Poudrière, autrement dit sur les lieux mêmes de l’agression de Paul Bérenger par les tapeurs de Gaëtan Duval, en septembre 1970.
La manif des 21 000 chômeurs, licenciés aussi rapidement qu’ils avaient été recrutés par des candidats du PAN, se situe dans le prolongement d’une situation tendue au sein de laquelle se manifestent plus particulièrement les nouveaux députés du MMM-PSM pas satisfaits du boutte reçu, la grogne des conjointes encore plus frustrées que leurs conjoints députés et dépités, le licenciement des travailleurs de la XIe heure de la fin de régime ramgoolamien (pas très évangélique tout cela), la décision de nommer une commission d’enquête, présidée par le juge Rajsoomer Lallah, sur le recrutement à la veille des législatives du 11 juin 1982. Aussi, la dépêche de Reuter au lendemain de cette date, signalant que ce scrutin s’est déroulé sans le moindre incident, doit être prise avec un grain de sel, même si elle nous fait honneur.
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