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Une jeune femme persécutée par son mari et sa belle-mère

23 juin 2004, 20:00

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Elle a 22 ans et se nomme Shanti. Ce qui signifie paix. Le prénom de son conjoint n?a pas d?importance. Mais il pourrait s?appeler Janus, car il a deux visages. Celui qu?il présente au monde est celui d?un homme bien sous tous les rapports. Dans l?intimité, c?est un faible, entièrement sous le joug de sa mère. Et tortionnaire, comme elle. ?Monn kit lakaz parski mo belmer inn dir moi li pou fer kouma Sandya ar moi (NdlR : feue Sandya Bappoo, victime des coups de son époux)? , confie Shanti.

Shanti est née à l?ashram Gayasing. Abandonnée par les siens. Ceux qu?elle considère comme sa famille sont les internes, Chandranee Buckory, membre du comité directeur de l?ashram, et Deorishi Boolell, le manager. ?Tout monn gaign en abondans dans ashram. Tout plas ou pense, monn alle.?

Des insultes... et des coups

Il y a trois ans, un homme travaillant dans les environs de l?ashram, la remarque et demande sa main à Deorishi Boolell. Le manager de l?ashram mène une enquête discrète sur le prétendant qui a dix ans de plus que Shanti, et n?obtient que des informations favorables.

Shanti le trouvant à son goût accepte la proposition. Unis sous le régime de la communauté de biens, le couple vit à l?étage d?une maison appartenant au mari. La belle-mère de Shanti occupe le rez-de-chaussée.

Le bonheur est de courte durée. A la première dispute, l?époux de Shanti fait appel à sa mère. Cette dernière bouscule Shanti, la traite de tous les noms. Tout devient bientôt matière à discussion. A la moindre remarque de Shanti, ce sont des insultes, puis des coups. Elle allègue que sa belle-mère s?y met aussi, la giflant, la pinçant ou lui tirant les cheveux. La quinquagénaire va même jusqu?à lui proposer de l?argent pour qu?elle vide les lieux.

Au bout de six mois de mariage, le mari retourne chez sa mère. Mais une fois celle-ci endormie, l?époux regagne le lit conjugal? qu?il quitte avant le lever du jour. Il est découvert un soir par sa mère. De rage, la quinquagénaire brise les vitres de leur porte. Et le fils capitule.

Shanti finit par craquer et consigne trois dépositions contre la quinquagénaire qui en fait autant à son égard. ?Mo kone ki fatig li. So problem seki so garson ek moi nou marie cor ek bien. Li kone mo ena enn part dan lakaz là et sa agas li. Dan kouvan mo pa ti pe rod dibien, kifer maintenant mo pou bizin dibien ? Mo pas bisin ça moi.?

Shanti finira par quitter le toit conjugal. Ce jour-là, son mari s?était introduit chez elle, lui avait arraché son alliance et son carnet bancaire. Devant sa résistance, elle allègue qu?il aurait saisi un couteau, lui aurait éraflé le bras et menacé de la défigurer.

Shanti loue désormais une chambre non loin de l?ashram, en attendant que son affaire de divorce soit entendue en novembre. La jeune femme est désemparée. ?Mo kontan mo mari. Me mo per rest ar li zordi parski so mama so bondie. Mo pa kone ki pe atan moi pli divan. Mo zis espere mo pou gaign la paix??

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