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Une guerre des clans mine la GTU

14 octobre 2004, 20:00

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La bataille pour conquérir le pouvoir du plus puissant syndicat de l?éducation primaire, la Government Teachers? Union (GTU), bat son plein. A quelques mois des élections pour le renouvellement de l?exécutif, les différents clans affûtent leurs armes.

Le dernier incident, qui a eu lieu mercredi, donne le ton. Le Challenger, un des groupes dissidents, a manifesté bruyamment devant les locaux du syndicat et remis une lettre exigeant la démission du président Jugdish Lollbeeharry.

L?action a créé une vive tension à la rue Mgr Gonin à Port-Louis. La cinquantaine de manifestants du groupe dissident a dû faire face à une vingtaine de partisans du Ralliement des démocrates, mené par Jugdish Lollbeeharry.

Sous les cris de ses détracteurs, insultant l?exécutif en place, ce dernier a accepté la lettre tendue par le leader du Challenger, Ashik Junglee. Sa réaction a été immédiate : ?Naturellement que je n?accepterai pas de démissionner?, a-t-il déclaré aux journalistes présents.

?Junglee est venu faire son show. C?est facile d?attirer l?attention. On verra ce que cela donnera aux élections, au cours desquelles son groupe a déjà été battu trois fois?, a affirmé le président de la GTU.

Les tensions au sein du syndicat sont anciennes. Depuis plusieurs années, la GTU est en proie à des luttes féroces afin de conquérir le pouvoir. Mais, pour la première fois, l?opposition semble être très forte.

Deux groupes dissidents luttent contre les dirigeants du syndicat. Le Challenger a été rejoint récemment par le groupe Les Libérateurs. Il est dirigé par cinq personnes qui ont démissionné de l?exécutif fin août.

Ce sont toujours les mêmes critiques qui fusent. La manière de diriger le syndicat serait, selon les opposants, ?obsolète, autocratique, divisionniste et en déphasage par rapport aux attentes des enseignants?. Les décisions sur la comptabilisation des langues orientales au Certificate of Primary Education (CPE), la compensation pour l?extension des heures de classe et la mise en pratique du National Literacy & Numeracy Programme sont les principaux thèmes de critiques utilisés par les dissidents.

Attaques de l?extérieur

Des accusations réfutées par Jugdish Lollbeeharry et son équipe. ?Ils n?ont aucune crédibilité. Ce sont des rejetés. Nous avons un bilan avec des réalisations concrètes à présenter, eux non.?

Ces arguments font rire les opposants. ?L?incompétence et le passéisme sont entrés dans les m?urs de notre syndicat. Nous dénonçons l?incapacité de l?équipe dirigeante à défendre les intérêts des enseignants. Nous notons avec regret que le fonctionnement du syndicat et le développement dans l?éducation sont en parfaite contradiction?, affirme Ashik Junglee.

?Ils ne font que travailler en fonction des prochaines élections. Il n?y a aucune stratégie réelle pour relever le statut des enseignants?, estime pour sa part Mahadeo Dowlut, membre dirigeant du groupe Les Libérateurs. ?La GTU est devenue un one man show aujourd?hui?, ajoute-t-il.

Ce que conteste naturellement le clan Lollbeeharry. ?Ils prennent leurs désirs pour des réalités. La démocratie a toujours primé au sein de la GTU.?

En attendant, les opposants demandent des élections immédiates et supervisées par la commission électorale. Ils estiment en effet que les précédentes élections ?ont été volées?. Ce qu?a toujours réfuté le clan Lollbeeharry.

La GTU n?a pas uniquement à faire face à des attaques en son sein, mais également de l?extérieur. Les dirigeants du Challenger, dont la plupart ont démissionné ou ont été exclus de la GTU, se sont retrouvés au sein de la General Purpose Teachers? Union (GPTU).

Ce vieux syndicat, mis en veilleuse depuis des années, a été ranimé récemment pour concurrencer la suprématie de la GTU. La GPTU revendique plus de 1 000 membres. La GTU en compte 4 500. Mais ce n?est pas tout.

Depuis le débat sur les langues orientales au CPE en début d?année, l?équipe Lollbeeharry s?est fait un ennemi de taille. La Government Hindi Teachers? Union (GHTU) n?est plus son alliée au sein du front commun de l?éducation.

Sur les ordres de son influent président, Suttyhudeo Tengur, ce syndicat a claqué la porte du front commun. Il a, depuis, défendu l?ensemble de la profession enseignante et dénoncé, en des mots à peine voilés, les agissements des dirigeants de la GTU. Ces différents groupes se lanceront sans doute dans une campagne contre l?équipe en place lors des élections pour renouveler l?exécutif de la GTU, qui auront lieu début 2005.

Jugdish Lollbeeharry n?a pas peur. ?Depuis la création du syndicat, il y a 59 ans, la contestation a toujours fait partie du folklore. Ce n?est pas une nouveauté.?

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