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Une famille en détresse

30 septembre 2004, 20:00

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Michel Ferret, 56 ans, ne sait plus à quel saint se vouer. La misère est présente quotidiennement dans sa vie. En effet, depuis 14 ans, il souffre d’hypertension et du diabète. La vie n’est plus la même chez les Ferret. De plus, le couple a deux filles. L’aînée, qui ne vit pas avec le couple, mais qui leur a laissé sa petite-fille de douze ans et une autre fille autrement capable. Elda encourage la petite à poursuivre ses études.

La jambe droite du malade porte de nombreuses cicatrices faites par des abcès. Bien que les plaies aient guéri, il a beaucoup de mal à marcher. Mais un malheur n’arrive jamais seul. Il y a quelques mois, un médecin lui a amputé quatre doigts du pied. “Je souffre de plus en plus. J’ai du mal à marcher.”

Michel a travaillé pendant plus de vingt ans comme laboureur sur une propriété des environs. Mais quand l’établissement sucrier a fermé ses portes, il n’a reçu aucune compensation.

L’Etat lui verse, depuis 10 ans une pension d’invalide, mais depuis trois ans, il doit passer devant un médecin tous les trois mois pour pouvoir continuer à toucher sa pension de Rs 2 860. Cet argent est insuffisant.

Outre les factures d’électricité et d’eau, Michel dit mettre de côté Rs 500 pour les frais scolaires de Mary-Joyce, sa fille autrement capable, qui fréquente une école spécialisée. Elda, la mère, la soixantaine, travaille ici et là pour arrondir ses fins de mois. Mais ce n’est pas toujours évident. En période de coupe ou pendant la récolte, elle se rend dans les champs. “Ki pou fer. Kot ena travay mo ale. Parfoi pena travay. Bizin rest koumsa mem”, se lamente-t-elle. De plus, sa fille ne touche pas une pension d’invalide.

Cette famille connaît bien les périodes de vache maigre. Au milieu de chaque mois, c’est toujours la même histoire : il n’y a plus d’argent. “Nou manz seki ena kan ariv le 20.”

Un toit branlant

Ils vivent dans une cabane en tôle ondulée. Il y a une seule chambre à coucher, une petite pièce pour les filles et un salon. Un abri avec des feuilles de tôle clouées sur des poteaux en bois rongés par des mites, leur sert de cuisine. Des trous béants dans les parois de leur maison laissent deviner que cette famille a passé un rude hiver. L’arrivée de la saison des pluies n’annonce pas non plus de bonnes nouvelles. “Lakaz-la pre pou tom lor nou. Asoir nou trouv seki pase dehor”, déclare Elda. Des lits, une armoire et quelques chaises métalliques sont les quelques meubles qu’elle possède.

Cette maison a été bâtie, il y a 20 ans sur ce terrain. Michel reconnaît qu’il pourrait bien être un squatter car il ne possède aucun papier attestant qu’il en est le propriétaire. Une épée de Damoclès est suspendue sur la tête de cette famille. A n’importe quel moment, le propriétaire peut se manifester et les expulser de ces terres. “Ki mo pou fer si zot dir moi ale”, se demande Michel.

Des bûches et des branches sèches entreposées dans un coin sont le signe qu’Elda cuisine sur le bois. Elle a certes une petite plaque à gaz, mais préfère l’utiliser quand il pleut. Et c’est aussi une question d’économie. Il faut ramasser le moindre sou.

Michel lance un appel au Trust fund for the integration of vulnerable groups pour rénover sa maison avant la saison cyclonique. Il demande également au ministère de la sécurité sociale de considérer le cas de sa fille pour qu’elle touche sa pension. C’est l’avenir de sa fille et de sa petite-fille qui importe le plus, dit-il.

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