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Une expansion fulgurante

28 janvier 2007, 00:00

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L?expansion fulgurante du groupe British American Investment Co. (Mauritius) Ltd. (BAI) ne laisse pas indifférent. De Paris, la publication La lettre de l?océan Indien, reprise par l?édition de la semaine dernière de Week-End, faisait état d?un « holding regroupant une vingtaine de firmes qui a le vent en poupe depuis l?arrivée au pouvoir du Premier ministre, Navin Ramgoolam ». La publication parisienne rajoute aussi que « l?expansion qui vient d?être couronnée par l?octroi d?une licence d?opération bancaire » et « la conjoncture politique est particulièrement favorable à cette firme ».

Ces rumeurs concernant l?accroissement du groupe BAI se porteraient sur trois spéculations circulant dans le milieu des affaires en ce moment.

Le groupe BAI serait sur le point de rajouter à son éventail d?activités, le journal Star, l?enseigne Jumbo, et plus invraisemblablement, la National Transport Corporation (CNT). Toutefois, alors que les dirigeants du journal Star confirment être en négociations avec la BAI, les deux autres seraient purement des spéculations, selon nos informations.

La montée en flèche de la holding date seulement de quelques années. En octobre 2003, le bilan semestriel de la BAI était mitigé : malgré une forte croissance, le groupe accusait des pertes de Rs 41 millions. Mais cette performance n?était que le début d?une progression impressionnante. Car quelque temps auparavant, ce qui était connu comme la British American Insurance devait être repris par un holding sous le nom de British American Investment Co., la BAI telle qu?on la connaît aujourd?hui.

<B>Les ambitions qui se manifestent

Depuis 1969, et pendant trois décennies, la BAI était connue comme la British American Insurance Co. (Mtius) Ltd. Toutefois, en 2003, la compagnie qui ne s?occupait que des assurances, devait être reprise par un holding, portant le nom de British American Investment, avec à sa tête Dawood Rawat (photo), qui devient actionnaire majoritaire du groupe. Depuis, le holding a connu un changement radical, étendant ses activités hors des polices d?assurances aux baux, financement, hypothèques, transferts d?argent et gestions des fonds.

Le tournant survient en 2004, lorsque la BAI amorce une phase annonçant ses ambitions dans le paysage du business mauricien. Opérant dans une relative discrétion (comparé aux autres principaux groupes), le holding accuse néanmoins une logique que de nombreux spécialistes ne comprenaient pas : Rs 3,5 milliards de chiffre d?affaires pour seulement Rs 14,1 millions de profits pour l?année financière 2003. Mais, en avril 2004, le groupe commence à manifester ses ambitions, notamment par le rachat d?un des leaders du marché automobile, Iframac, pour Rs 400 millions.

Réagissant à l?époque, Saleem Beebeejaun déclarait : « C?est une transaction avec une logique à moyen et à long termes. Il est un peu tôt pour connaître l?impact financier. » Ainsi, la BAI, qui s?était déjà lancée dans le marché de l?automobile dans la commercialisation des voitures de la marque Saab, récupérait ainsi les marques de renom dont Mercedes, Peugeot et Mitsubishi. Cette démarche ne représentait que le début d?une phase d?expansion agressive.

Quelques mois plus tard, en octobre 2004, la BAI dévoile son intérêt pour les médias. Alors que le holding détenait déjà les titres News on Sunday et Financial News, le groupe de Dawood Rawat s?intéresse aussi au groupe de presse Le Défi et à sa radio. S?ajoutera ensuite l?hebdomadaire Impact News.

En novembre 2005, la BAI fait une nouvelle fois parler d?elle en annonçant l?arrivée du géant indien de la médecine de pointe Apollo à Maurice. Cette idée a été soulevée entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et son homologue indien, Manmohan Singh au siège des Nations unies à New-York.

La cellule de communication de la BAI devait déclarer à l?époque : « Quand le gouvernement indien a contacté le groupe Apollo pour un éventuel investissement à Maurice, le grand patron du groupe, Pratap Reddy, a donné son accord de principe, en précisant qu?il serait intéressé par ce projet s?il a comme partenaire la British American Investment », car Dawood Rawat et Pratap Reddy seraient de bons amis. Le montant que débloque la BAI pour l?hôpital cinq-étoiles est de Rs 450 millions.

Certains se demandaient alors où s?arrêterait la BAI devant un tel avènement en si peu de temps. Un mois après l?annonce de l?arrivée de la chaîne Apollo à Maurice, soit en novembre 2005, la BAI conclut le rachat de 84,6 % de l?actionnariat de Courts (Mauritius) et 100 % de Courts (Indian Ocean). Montant de la transaction : Rs 750 millions. Mais la holding se montre rassurant envers les employés : « Nous allons appliquer les mêmes conditions que nous avions adoptées lorsque nous avions repris les business de la Mauritius Leasing Company et d?Iframac dans le passé. »

D?autres spéculations concernant des entreprises en difficultés ont été liées à la holding BAI. C?est ainsi que la First City Bank, Jumbo ou encore la CNT ont souvent été mentionnés dans la même phrase que la BAI. Et pour cause, la métamorphose en quatre ans de ce qui n?était qu?une compagnie d?assurances étonne certains et fait jaser d?autres. Mais la question demeure : où s?arrêtera la BAI ?

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