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Une dure répression
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Tandis que le reste du monde essaie d?encourager la Chine à respecter les droits de l?homme au Tibet, le gouvernement mauricien s?est singularisé. Il ne s?est pas seulement contenté d?observer un silence par rapport aux tristes évènements qui se déroulent au Tibet, mais il a exprimé un soutien actif à la position chinoise.
Depuis plus d?une semaine, la Chine réprime sévèrement des manifestations au Tibet. Tout a commencé le 10 mars dernier lorsque des moines ont manifesté à l'occasion du 49e anniversaire du départ en exil du dalaï-lama, leur chef spirituel. Par la suite, de jeunes Tibétains se sont joints aux moines et des affrontements violents se sont produits dans la ville de Lhasa, la capitale de ce que les Chinois appellent la région autonome du Tibet. Les forces de l?ordre n?ont pas hésité à recourir à la force, faisant environ 130 morts, selon le gouvernement tibétain en exil, et 19 morts, selon Pékin. Depuis, c?est l?émoi dans le monde libre.
Or, une dépêche de l?agence officielle chinoise Xinhua, en date du 23 mars, rapporte que Maurice a adopté, sur la question du Tibet, une position qui est à contre courant de celle des grandes démocraties respectueuses des droits de l?homme. L?agence rapporte que «le président mauricien Anerood Jugnauth a indiqué, lors d'un entretien avec l'ambassadeur de Chine à Maurice, que les récentes violences devaient être dénoncées et que les actes séparatistes n'étaient autorisés ou acceptés par aucun pays». Le chef de l?Etat aurait également déclaré que «le gouvernement mauricien soutenait la position du gouvernement chinois» avant d?ajouter que «lier les émeutes de Lhasa aux Jeux olympiques de Beijing est inacceptable». Toujours selon cette agence, Anerood Jugnauth a déclaré souhaiter se rendre en Chine pour assister aux Jeux Olympiques de Beijing «qui, selon lui, sera une excellente festivité sportive».
Le chef de l?Etat mauricien ayant engagé la responsabilité du gouvernement, il va sans dire qu?il a dû consulter l?exécutif avant de prendre une position aussi tranchée sur les émeutes au Tibet et la répression qui a suivi le soulèvement. Il est vrai qu?un petit pays comme Maurice ne peut prétendre faire entendre sa voix de manière très audible dans le grand concert des nations, mais, par principe, il fallait réaffirmer notre attachement aux droits humains et le refus de la violence pour régler des problèmes politiques.
Pékin affirme que les troubles qui agitent le Tibet depuis une semaine ont été fomentés par la «clique du dalaï-lama» pour perturber les Jeux Olympiques. Des analystes indépendants expliquent, eux, que les manifestants protestent contre la colonisation de leur pays par la Chine, en réclamant leur indépendance.
La situation au Tibet force chaque pays à choisir entre les droits de l?homme et les préoccupations économiques. Bref entre le «ventre» et la «moralité».
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