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Une des régions les plus exposées du globe
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Une des régions les plus exposées du globe
<B>L?Iran </B>est au carrefour de plusieurs plaques tectoniques très mobiles. Le séisme qui a ravagé la ville iranienne de Bam ne sera malheureusement pas le dernier d?une série déjà longue. L?Iran se trouve au point de convergence de plusieurs plaques tectoniques dont l?affrontement provoque, à intervalles imprévisibles, de dramatiques tremblements de terre.
Pour comprendre le phénomène, il faut imaginer la surface du globe comme une mosaïque de grosses écailles qui, sous l?effet des mouvements de convection du manteau terrestre, visqueux et chaud, bougent en permanence les unes par rapport aux autres.
Certaines s?éloignent, comme dans les dorsales sous-marines. D?autres coulissent latéralement. Celles qu?on dit ?en subduction? plongent sous leurs voisines. La formidable pression qui s?exerce à la frontière entre ces plaques se décharge furieusement lorsqu?elles coulissent ou glissent les unes sur ou sous les autres. L?Iran est l?une des zones les plus sismiquement actives du globe. Le pays se trouve sur une partie de la plaque eurasienne située au carrefour de plusieurs plaques très mobiles. Elle est soumise indirectement à la remontée de la plaque africaine vers le nord, au rythme de 0,5 à 1 cm par an, remontée qui provoque le basculement vers le nord-est de la plate-forme arabique, au rythme de plus de 3 cm par an.
Mouvements tectoniques
La Turquie, elle aussi touchée par les séismes, n?a d?autre ressource que de fuir vers l?ouest, tandis que la partie iranienne est chassée vers l?est. Mais ce mouvement est contrarié par la remontée de la plaque indienne qui, comme un poinçon, a provoqué la formation, depuis 50 millions à 60 millions d?années, de la chaîne himalayenne.
Cette prise en étau a façonné le relief iranien. Au sud du pays, les reliefs des monts Zagros en témoignent. Au nord-est, au contact avec le Turkménistan, c?est la chaîne de l?Elbourz qui présente des plis et des chevauchements, tandis que, plus à l?ouest et au nord-ouest, se manifestent ceux du Caucase et du Petit Caucase.
Ces mouvements tectoniques complexes ont une traduction invariable : en 856 déjà, le Khorossan, province du nord-est du pays, avait été touché par un séisme dont la chronique a retenu qu?il a fait 45 000 morts. Mais la période récente n?a pas été plus clémente. Le 21 juin 1990, une secousse de 7,3 degrés sur l?échelle de Richter a fait entre 35 000 et 40 000 morts sur les bords de la Caspienne. L?Iran connaît en moyenne chaque année un tremblement de terre d?une magnitude égale ou supérieure à 7.
<B>Rancoeur
L?Iran ne veut pas de l?aide israélienne</B>
Le régime iranien avait, dès samedi, annoncé par la voix du porte-parole du ministère de l?Intérieur, Jahanbakhsh Khanjani, ?accepter toutes sortes d?aides humanitaires de tous les pays et organisations internationales à l?exception du régime sioniste?, c?est-à-dire d?Israël. Les autorités israéliennes, qui considèrent officiellement le régime de Téhéran comme leur ennemi le plus implacable et une menace pour l?existence de leur pays, ont pourtant adressé samedi leurs condoléances au peuple iranien avec lequel elles ont assuré ?n?avoir aucun conflit?. Le message souligne que ?le gouvernement et le peuple d?Israël sont affectés par la tragédie humaine que vit le peuple iranien et estiment qu?en dépit de tous les différends, la mobilisation de l?ensemble de la communauté internationale est nécessaire pour venir en aide aux familles des victimes et des blessés?.
© Le Monde 2003 distribué par The New York Times Syndicate Hervé Morin
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