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Une commission de Rs 180 m. pour un prêt de 2 milliards
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Une commission de Rs 180 m. pour un prêt de 2 milliards
Le MMM/PSM met en garde Sir Seewoosagur Ramgoolam contre tout éventuel emprunt de deux milliards de roupies. Il fait savoir qu?arrivé au pouvoir, il ne se sentira aucunement lié par un tel accord de dernière heure. Paul Bérenger a beau jeu de souligner la réticence absolue de Sir Veerasamy Ringadoo d?avaliser une telle inconséquence. La mise en garde du MMM/PSM vise particulièrement une institution étrangère, la Al Ashed Corporation, avec laquelle Sir Seewoosagur Ramgoolam veut conclure un tel emprunt, remboursable sur 20 ans. Le MMM/PSM craint qu?il puisse se prévaloir de l?Interpretation and General Clauses Act pour signer cet accord en lieu et place de son ministre des Finances. Paul Bérenger allègue que le secrétaire financier fait l?objet de pressions dans ce sens et que le prêt transitera par une banque new-yorkaise. Il affirme qu?un caretaker gouverment n?a pas le droit de prendre une telle initiative. Il exige que le gouvernement travailliste et ramgoolamien apporte au plus vite des éclaircissements au sujet des autres zones d?ombre entourant ce projet d?accord. Les taux d?intérêt applicables à un tel emprunt est de 8 % la première année et de 6% pour les 19 autres années.
Un des aspects les plus scandaleux d?un tel accord est qu?il est prévu le paiement d?une commission de Rs 180 millions à un courtier. L?homme-clé dans cette transaction est un certain M. Khan. De plus, le prêteur conserve le contrôle sur la distribution des travaux de construction et sur les achats d?équipements.
La presse de l?époque ne juge pas utile de connaître le point de vue des autres partis politiques au sujet de ce projet d?emprunt de deux milliards de roupies. Pour la presse ramgoolamienne la question ne se pose même pas. Advance et The Nation rapportent certes le second volet de la conférence de presse de Paul Bérenger, dans lequel il se déclare satisfait du changement d?attitude des Anglais dans les négociations sur la compensation due de longue date aux Chagossiens mais font l?impasse sur le premier volet et sévère dénonciation de ce prêt de deux milliards de roupies, négocié en catimini. Il n?y a pourtant pas de meilleure façon de faire comprendre à tous que le PTr est parfaitement au courant des nombreuses critiques qu?on peut formuler sur un emprunt de deux milliards que même un Sir Veerasamy Ringadoo refuse obstinément de cautionner. Il préfère se taire et jouer profil bas parce qu?il n?a aucune explication plausible à donner à l?opinion publique.
On peut comprendre le silence du PMSD d?Eliézer François. Les grands débats financiers ne sont pas sa tasse de thé. Il n?en va pas de même pour celui de Gaëtan Duval ni pour le RPL de Philo Blackburn qui comptent en leur sein des économistes de haut calibre, pouvant être de l?avis que Paul Bérenger et partager même l?indignation du MMM/PSM. Leur silence est d?autant plus suspect que l?un d?entre eux vient de faire une sortie contre Paul Bérenger, accusé en la circonstance d?être une réincarnation du Dr Jekyll and Mr Hyde. Son crime est de promettre un relèvement des salaires les plus bas sans en chiffrer le coût. Il ne va pas par quatre chemins pour souligner que vouloir relever les plus bas salaires sans dire qui sont-ils et de combien veut-on des relever, c?est parler pour ne rien dire. Lui, qui manie les chiffres à longueur de journée, sait que l?éventail des salaires journaliers, imposés par les Remuneration Orders en vigueur, va, en 1982, de Rs 10.64 pour un assistant domestique à Rs 22.61 pour un man?uvre non qualifié dans le bâtiment et travaux publics. Il est de Rs 291.80 par mois, pour les apprentis mécaniciens, à Rs 972 par mois, pour un mécanicien de classe III, comptant six années de service. La pension de retraite est, alors, de Rs 141 par mois. Un pensionnaire dans un hospice n?a droit qu?à Rs 20 par mois. Il nous reste à conclure que, pour cet économiste, la promesse non chiffrée de Bérenger est plus dangereuse qu?un emprunt de deux milliards de roupies devant obérer le service de notre dette publique jusque 2003.
Il est vrai que Gaëtan Duval et les alliés Philo Blackburn/Eliézer François se disputent alors les faveurs pré-électorales de Sir Seewoosagur Ramgoolam et que ce n?est guère le moment de lui bassiner les oreilles avec l?aspect scandaleux d?un projet d?emprunt de deux milliards. Les principes moraux et de bonne gouvernance attendront que Seewoosagur Ramgoolam fasse son choix entre les soupirants faisant antichambre : G. Duval, E. François, Ph. Blackburn et d?autres encore.
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