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Une autre dimension

22 septembre 2005, 20:00

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De tout temps, les municipalités ont été réduites à quelques services essentiels dont les voiries et la collecte des ordures. Accessoirement, on entend parler d?activités sportives et des projets ciblant les jeunes. C?est en fin de compte une conception bien réductrice des collectivités locales. Et en conséquence, les budgets qui leur sont alloués sont consacrés à assurer ces services et à payer les salaires. Serait-il envisageable d?accroître les dotations budgétaires pour des projets d?une autre nature ?

Pas seulement des espaces verts. Mais aussi des statues, un autre accès à l?art, des ciné-clubs, des rencontres interculturelles entre jeunes des quartiers de différentes villes, des ateliers de lecture pour maximiser les bibliobus, des initiations aux grands courants culturels et artistiques, des cercles de partage et d?échange des traditions folkloriques et autres tendances musicales?

Ce serait, en effet, une réinvention de nos municipalités. Un autre souffle. A côté de tels projets, le surplus que constituent les activités sportives fait déjà pâle figure parce que ce sont essentiellement des manifestations ponctuelles qui ne s?inscrivent pas dans un projet intégré.

Il y a effectivement une autre manière de voir nos villes vivre. Pour cela, il faut des femmes et des hommes qui ont une ambition et une volonté d??uvrer dans la différence. La culture, elle, ne peut être réservée à une clique fermée de connaisseurs. Elle n?est pas le seul apanage d?un ministère qui n?a de culturel que le nom.

Port-Louis, ville culturelle fantôme, a tant à nous proposer à ce chapitre. Idem pour les autres villes. Mais parmi les conseillers sortants et ceux qui se retrouveront aux prochains conseils municipaux, combien sont-ils à avoir une appétence culturelle ? Une soif de la culture d?autant plus nécessaire que nos jeunes, des villes comme des villages, évoluent quotidiennement dans un monde où ce qui n?a pas de valeur marchande n?a pas de valeur tout court.

On se plaint des fléaux sociaux. On met en garde contre la dégradation des m?urs. Que fait-on en contrepartie ? Encourage-t-on les Mauriciens à se tourner vers les arts, vers la culture ? On dit vouloir sauver un pays mais on oublie que sans sauver son âme, l?effort fourni risque d?être inutile.

Alors essayons d?imaginer que les municipalités deviennent des détonateurs d?activités culturelles pour qu?on n?ait plus à dire que ce sont toujours les mêmes qui sortent ou encore que les prix sont trop exorbitants pour s?offrir certaines sorties culturelles.

Les municipalités ne sont certainement pas condamnées à être des simples exécutantes sinon des otages de la volonté du gouvernement central.

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