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Une assurance sociale pour protéger les licenciés
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Une assurance sociale pour protéger les licenciés
La réforme du marché du travail est bien enclenchée. Le gouvernement travaille actuellement sur la création d?une assurance sociale destinée aux employés. Ce fonds sera utilisé pour le paiement des compensations en cas de licenciement des salariés.
Ce projet s?insère dans le cadre de la politique gouvernementale de rendre plus flexibles les règlements et les lois qui gouvernent l?emploi. Il s?agit d?un des principaux axes de la restructuration économique dans laquelle le gouvernement s?est engagé.
Les décideurs politiques se sont fait fort, auprès des opérateurs, de rendre plus faciles le recrutement et le licenciement (hire and fire) de la main-d??uvre. Dans le même temps, le gouvernement veut aussi s?assurer que les salariés bénéficient d?une certaine protection au cas où ils se retrouveraient sur le pavé.
Les entreprises jugent les règles actuelles concernant de la contraction des effectifs bien trop coûteuses. Des sociétés déjà en difficultés financières doivent trouver les moyens d?honorer les indemnités de licenciement (severance allowances) dues aux licenciés.
Modalités à l?étude
Le système préconisé permettra à l?entreprise de puiser du fonds d?assurance sociale pour indemniser ceux qui perdent leur emploi. Si les modalités sont encore à l?étude, il est envisagé que les employés et les employeurs contribuent conjointement à ce fonds.
Le gouvernement considère que ce système garantira une meilleure sécurité aux salariés. Car même si, en théorie, les licenciés ont droit à des compensations en cas de départ forcé, il n?en demeure pas moins vrai que le paiement des indemnités se fait souvent attendre. Dans bien des cas, surtout lorsque des entreprises ont déjà cessé leurs opérations, les compensations n?ont jamais été payées, malgré les dispositions de la loi.
Il est probable que chaque employé aura un compte auquel il contribuera chaque mois. Cette contribution lui servira de couverture sociale en cas de perte d?emploi. Il pourra ainsi compter sur une allocation mensuelle, jusqu?au moment où il trouve un autre job.
?Le système actuel n?encourage pas les entreprises à recruter en raison du coût social élevé des suppressions de postes. Les nouvelles règles encourageront les opérateurs à investir et à créer de nouveaux jobs. Avec une économie dynamique, il sera plus facile pour les licenciés de trouver un autre emploi?, commente un des concepteurs de cette réforme.
D?autre part, le gouvernement propose un deuxième niveau de protection sociale à ceux qui se retrouvent sans emploi. S?ils souhaitent se recycler dans une nouvelle activité, ils bénéficieront d?une formation avec le soutien de l?Empowerment Programme. ?Cela cadre parfaitement avec notre philosophie d?assurer la protection de l?employé et non celle de l?emploi.?
Démantèlement des tripartites
La dérégulation du régime social liée aux licenciements permettra aux opérateurs de mieux ajuster leurs effectifs en fonction de leurs activités. Les usines de textile, par exemple, pourront faire appel à des travailleurs saisonniers et à temps partiel lorsqu?elles ont des commandes plus importantes.
Pour le gouvernement, cette flexibilité rehaussera la compétitivité de l?économie mauricienne. Les entreprises ne seront plus contraintes à maintenir des postes non productifs, uniquement pour cause d?indemnités plus coûteuses que la conservation de ces postes.
La réforme enclenchée du marché du travail comprend également le démantèlement des tripartites en tant qu?institution qui détermine le montant de la compensation salariale. Le National Wages Council sera institué pour se charger de cette mission.
Dorénavant, les paramètres tenus en ligne de compte pour décider des compensations à payer seront, entre autres, la producti-vité, la capacité financière des entreprises et le coût de la vie.
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