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Une équipe de France est née
“J’espère que ce soir un groupe est né.” Ainsi parlait Thierry Henry, buteur héroïque qui a permis à la France de battre l’Irlande mercredi soir (1-0) et de conserver toutes ses chances de qualifications pour le Mondial 2006 en Allemagne.
Raymond Domenech, le sélectionneur des Bleus, est largement revenu hier sur cette équipe qui a su se faire violence dans l’antre de Lansdowne Road où la France ne s’était plus imposée depuis octobre 1953.
“Tout le monde était mobilisé. Tous les joueurs se sont sentis concernés. Cette unité, cette solidarité, j’ai trouvé cela beau”, a déclaré Domenech qui se refusait toutefois à basculer dans l’euphorie.
“Non, je ne suis pas soulagé. Il faut encore aller gagner en Suisse. Rien n’est fait. Il faut gagner le prochain match pour continuer à exister.”
La France doit affronter la Suisse, actuellement en tête du groupe 4 devant les Bleus à la différence de buts, le 8 octobre prochain à Berne, avant de recevoir Chypre au Stade de France le 12.Raymond Domenech ne cesse de le marteler, le match contre les Helvètes sera décisif.
“Le plus important, c’est le prochain match. Je ne veux pas calculer ; l’important, c’est de gagner. Le moindre faux-pas peut nous mettre en difficulté”, prévient-il.
“La marque des grandes équipes”</B>
Néanmoins, il sait que son équipe, avec les retours des “grands anciens” – Zinedine Zidane, Claude Makelele et Lilian Thuram – a pris une nouvelle dimension et a produit un autre football que celui montré depuis sa prise de fonction, en juillet 2004.
“Tout cela est-il fédérateur ? Je le dirais après le match contre la Suisse. Dans une compétition d’un an et demi, les équipes changent, c’est le cas de la nôtre. J’ai senti les joueurs contents de la relation qui s’est établie entre eux. Ils ont été actifs, ils se sont questionnés”, a raconté Domenech.
“À la mi-temps, il était intéressant de les voir avoir envie de discuter de ce qui se passait sur le terrain. Ils n’attendaient pas la grande messe de l’entraîneur dans un silence de mort. Il y a eu une vraie prise de conscience. Ils ont discuté pour mettre les choses en place.”
“Il y a eu prise de conscience parce qu’il y a eu débat, donc réflexion. C’est la marque des grandes équipes.”
Et dans cette équipe en plein renouveau, Zidane et Makelele ont été à la hauteur des attentes placées en eux.
Zidane, en assumant pleinement son rôle de capitaine, Makelele en étant omniprésent durant toute la rencontre.
“Keke joue à Chelsea, il a été le meilleur joueur du match et je n’en suis pas étonné. Il fait – comme toujours – ce qu’on attend de lui. Zidane est un joueur de talent qui apporte son expérience, sa sérénité, sa volonté et son envie de se qualifier”, a commenté Domenech.
Et pour cette qualification, reste maintenant à franchir les deux dernières marches, à commencer par la Suisse, dans un mois.
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