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Underworld les vampires sous un nouveau jour
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Underworld les vampires sous un nouveau jour
Vous avez déjà vu des pistolets qui tirent des rafales comme des fusils d?assaut, vous ? Moi non plus, et c?est une des invraisemblances dont il faudra s?accommoder afin de passer les cent quatorze minutes que dure ce film sans ressentir trop cruellement l?impression d?être perçu(e) comme n?étant pas très au courant de certaines données technologiques pourtant élémentaires. Étant entre gens cultivés, nous savons tous très bien qu?un pistolet, même automatique, tire par coups et non par rafales.
Nous savons tous très bien aussi que loups-garous et vampires n?existent pas. Alors, puisqu?il s?agit d?un film dans lequel ces créatures, dont l?existence même est des plus contestables, se livrent une guerre sans merci, pourquoi ne se battraient-elles pas à coups de pistolets tirant par rafales ? ?Se non è vero, etc.?, autant donc y aller à fond. Ceci d?autant plus que le mythe a été revisité de manière radicale pour nous être resservi sur des bases plus rationnelles ou plus scientifiques qui viennent justifier certains éléments du film et donnent des rebondissements intéressants à l?histoire.
Donc, les races des vampires et des loups-garous seraient nées d?humains contaminés il y a très longtemps par un même virus. Une des caractéristiques d?un virus étant de transformer son vecteur afin de s?adapter, il devient donc logique qu?à notre époque, les vampires ne craignent plus la lumière du jour, même s?ils ne sont au mieux de leur forme qu?une fois la nuit venue ; leur peau arrête les rayons ultraviolets fatals à leur chair.
Il devient donc tout aussi logique que de leur côté, les lycanthropes n?aient plus besoin d?attendre la pleine lune pour leur transformation; ils peuvent se transformer à volonté. Les loups-garous se nourrissent toujours de chair humaine, mais les vampires eux, ont appris à synthétiser l?hémoglobine. Les deux espèces se font la guerre non pas à coups de griffes et de crocs, mais avec des armes à feu tirant des projectiles spéciaux, les balles courantes étant inefficaces contre les deux camps. Ainsi, les balles utilisées par les loups-garous contre les vampires contiennent un liquide émettant des rayons ultraviolets (comme la lumière du jour).
GothiqueM
Les loups garous, eux, sont effectivement vulnérables aux balles en argent, mais il faut plusieurs balles pour en tuer un et puis, ces balles mettent un certain temps à faire leur effet. Les vampires finissent par trouver la solution, et les lecteurs ayant quelques connaissances en chimie la trouveront aussi.
Tout ceci vient expliquer l?enjeu de cette histoire : un humain, Michael Corvin (Scott Speedman), sur lequel les loups-garous veulent absolument mettre la main, et ce n?est pas dans le but de le dévorer. Le film commence justement avec une de leurs tentatives pour le capturer. Ça se passe dans une ville non spécifiée, par une nuit pluvieuse, alors qu?un groupe de vampires guerriers menés par l?héroïne, Selene (Kate Beckinsale), observe du haut du clocher d?une cathédrale le manège des loups-garous en train de filer leur proie. Évidemment, la cathédrale est de style gothique ou neo gothique, et la scène (comme tout le film) étant filmée avec beaucoup de noir, toutes les teintes de gris imaginables et une bonne dose de bleu métal, l?ensemble fait non seulement tout ce qu?il y a de plus gothique, mais aussi très ?klass?.
Surtout, on voit bien que le réalisateur, Len Wiseman lorgne du côté de Matrix. Les vampires ont le teint pâle et sont vêtus de cuir ou de latex noir avec de longs pardessus (sous lesquels on devine tout un arsenal), portent de grosses bottes, etc., et n?ont pas des têtes à rigoler. Les loups-garous non plus, d?ailleurs, mais eux font plutôt dans le style ?bikers?.
Une fois le décor planté et les personnages présentés (sommairement), l?action peut commencer : poursuite dans une station de métro, fusillade, effusions de sang, morts très violentes, hurlements; poursuite dans les corridors désaffectés de la station de métro, transformations, corps à corps impitoyables, etc., et l?héroïne s?en tire pour aller faire son rapport.
On se demande bien comment elle s?y prend pour courir et faire des bonds aussi prodigieux avec des semelles aussi épaisses à ses grosses chaussures. Mais, puisque sa tenue lui va à merveille et qu?en plus, elle est un vampire?
Underworld est un de ces films où l?action, une fois lancée, ne ralentit à aucun moment. Il y a des fois où elle est réussie, comme cette scène du début ou encore celle de l?embuscade tendue par les loups-garous à tout un clan de vampires. Il y a aussi d?autres moments où elle l?est beaucoup moins. On peut quand même dire que les scènes d?action ne sont pas très originales : dans le meilleur des cas, elles se contentent de reproduire ce qui se fait de mieux dans les films d?action de bonne facture ; au pire, elles imitent ce que l?on voit généralement dans les séries télé ?nouveau genre?.
Pour ce qui est des combats, il faut au moins leur reconnaître le mérite d?être sans Kung-fu. Par les temps qui courent et dans ce genre de film, cela tient plus que de l?originalité, c?est carrément de l?audace. Et puis, côté atmosphère, on a l?impression, devant certaines scènes, de voir un film de gangsters, ce qui n?est pas déplaisant.
Côté personnages, Underworld nous présente deux portraits de groupe assez réussis. Les vampires, espèce raffinée et sophistiquée dont les représentants ont l?allure de véritables aristocrates (alors que le plus souvent, dans ces films comme dans la réalité, ce sont les aristocrates qui sont de véritables vampires) ; en face, les loups-garous font figure de prolétaires rustres et frustrés; on ne voit pas de femmes chez eux.
Dommage qu?individuellement, les personnages soient si fades et qu?ils aient si peu de substance, comme (encore une fois) sortant d?une série télé moyenne. On finit par découvrir leurs motivations, c?est vrai, mais en attendant, le spectateur oublie de ressentir quelque chose à leur égard, ce qui nuit forcément au suspense. D?autant plus que jusqu?au dernier quart d?heure, on se dit que le sujet a beau être original, il aurait mieux valu qu?il y eut une histoire.
En fait, celle-ci ne se révèle que vers la fin du film. On découvre alors avec l?héroïne que le grand méchant de cette n?était pas après tout si méchant que ça, que le félon avait des circonstances atténuantes, etc,. Non seulement il y avait une histoire, mais en plus, les scénaristes semblent avoir voulu faire du Shakespeare, ni plus ni moins. Ce qu?on peut considérer soit comme de l?ambition, soit comme de la prétention. Dans les deux cas, cette histoire n?est pas mal imaginée. Ce qui nous donne au final, un film pas si mauvais, même s?il s?agit d?un de ces produits destinés en premier lieu à une certaine jeunesse. On pense à nos adolescents en vacances, ceux plus portés sur les vidéo-clips que sur la réflexion et qui seraient enclins à écouter les discours de nos politiciens. A ceux là, Underworld aura le mérite d?avoir tenu un discours (peu subtil, il est vrai) contre le sectarisme et le racisme ; un discours à l?effet que ceux qui prétendent protéger leur communauté s?avèrent généralement être les pires scélérats.
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