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Un séga pour la paix
La première chose que l?on remarque à propos du deuxième album de Jean François Antoinette, est la très nette faute d?orthographe de son titre : Shalome. «Je parle de la Palestine avec mélange oriental. A force de regarder ce qui se passe là-bas à la télévision, j?avais envie d?en parler. Mon message pour la paix est qu?il faut apprendre à vivre ensemble. »
Si on ne peut que féliciter le désir du chanteur d?offrir une chanson pour la paix en Israël, on peut lui reprocher de ne pas avoir jeté un petit coup d??il dans le dictionnaire, au moins pour vérifier. Maintenant, ce qui est fait est fait. Reste à écouter ce que donne Shalom(e).
C?est un séga d?ambiance très rapide qui reprend des refrains déjà entendus pour d?autres problèmes de violence, de société, d?environnement. On sent l?effort mais pas de vraie originalité tant on a déjà entendu certaines phrases. On attend peut-être plus du séga Mo Zancet, où il rend hommage à ces ancêtres qu?il remercie de lui avoir légué le séga en héritage, parce que «dans séga éna nissa ».
La chanson Grand Mère est en revanche beaucoup plus touchante et originale avec son soupçon de fond jazz. Ce titre, plus léger, laisse plus de place à la voix éraillée de Jean François Antoinette qui prend plus d?importance et offre plus d?émotion.Le séga d?ambiance repart avec Soleil Lévé, roulé fini ler pou to sanzé. Un message intéressant. Ce texte plutôt est suivi de deux chansons, plus amusantes, surtout pour les auditeurs de sexe masculin. Même si la musique est très joyeuse, on ne peut s?empêcher de croire que la chanson Fam pé fer coustik est un brin misogyne. «Je voulais parler des femmes qui trompent leur mari», dit Jean François Antoinette.
Quand nous lui posons la question, pourquoi ne pas faire une chanson sur les hommes qui trompent leur femme, ou plus simplement une chanson sur l?échec des mariages, le divorce, la pression familiale? Jean François Antoinette nous répond, en rigolant, «ce sera pour un prochain album». Le chanteur est très sympathique et on le croira bien volontiers. Jean François Antoinette conclut l?album sur Amizé Matante. C?est pas gagné. Mais il y a quelque chose de festif et un amour du séga d?ambiance qui se ressent tout de même. L?album Shalome sera distribué à Maurice par DJ Beat.
<B>Ravannes sans frontières</B>
A l?occasion de la fête célébrant l?anniversaire de l?Abolition de l?esclavage, le ministère des Arts et de la Culture a donné un coup de pouce au lancement de l?album Montagne Le Morne, du groupe Ravannes Sans Frontières. L?esclavage et ses séquelles étant au c?ur de la création de ce groupe originaire de Cité Barkly à Beau-Bassin. En tant que disque de séga, d?ambiance, ou séga commercial, aucun problème. L?album rempli son contrat et respecte les nombreux codes du genre. Le problème c?est que si populaire qu?il soit, le genre s?étouffe.
Cela se ressent même si l?album est très sympathique. Car d?un groupe à l?autre, d?une chanson à l?autre, l?on retrouve les mêmes ingrédients pour une même recette. La même construction, les mêmes instruments, les mêmes voix, les mêmes thèmes abordés (écologie, esclavage, guerre dans le monde.) Même si on aime le séga, on aimerait être plus souvent surpris. Surtout par des groupes, comme Ravannes sans Frontières, qui comptent aujourd?hui 17 ans d?expérience dans le domaine musical.
La chanon Piti La est jolie, c?est une belle histoire, plus légère et plus naturelle. Une ballade joyeuse et positive sur un enfant mizer pour qui le soleil va se lever. On apprécie ces histoires et ces personnages que l?on apprend véritablement à connaître.
Moins évidents et moins influents sont les textes plus génériques qui parlent de la guerre, de l?écologie ou autre. Ravannes se contente de ce qu?il sait pourtant bien faire. Faire des Lalaé, lolola, quand la seconde avant, annonce un message très important. «Ecoute nou parole» : Lilalalalala. Message reçu.
Mais tant qu?à faire dans la simplicité, pourquoi Ravannes sans frontières use de tant d?instruments électriques et de base rythmique, quand on s?attendrait et que l?on aimerait tant entendre leurs percussions, leurs ravannes.
C?est le cas dans Zistwar Baco, une belle chanson, un séga plus typique, beaucoup plus impressionnant et plus fort, au niveau de la musique et du sens. Malheureusement c?est déjà la fin et il faudra attendre le cinquième album, en préparation, pour la suite.Montagne Le Morne, de Ravannes sans Frontières. En vente partout à Rs 200.
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