Publicité

Un S.O.S pour continuer…

8 septembre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Kavita Motiala, 15 ans, s’approche de Soojanee Devee Sokappadu, l’enseignante qui lui apprend à communiquer par le langage des signes. Nous sommes au Southern Handicapped Association (SHA) à Riambel. Cette association regroupe des garçons et des filles handicapées physiques et mentaux, âgés de 4 à 35 ans de la région du Sud.

Ils viennent de Camp-Diable, de Chemin-Grenier, de Chamouny, de St Aubin, de Bel-Ombre et d’autres villages voisins. “Il n’y avait pas d’école spécialisée pour ces enfants qui restaient chez eux à cette époque. C’est à partir de là que nous est venue l’idée d’ouvrir une garderie pour nous en occuper, même s’il n’y avait que cinq enfants handicapés”, raconte Ramesh Bondy, directeur de la SHA.

Après plusieurs années d’existence, les membres et le personnel de cette association, ont été durement éprouvés en juillet. L’école a reçu la visite de voleurs. Ils ont emporté des objets estimés à plus de Rs 150 000.

Parmi les appareils se trouvaient un ordinateur, une photocopieuse, un fax, un four à micro-ondes, un téléviseur, des jeux éducatifs, un réfrigérateur, un rice cooker, une radio, un appareil téléphonique, des sofas et un ventilateur. Ces objets étaient d’une grande utilité pour les handicapés.

“On n’a toujours pas compris les raisons qui ont poussé ces individus à commettre un tel acte”, explique Ramesh avec beaucoup d’émotion.

Pour remplacer les effets immobiliers et le matériel scolaire, le directeur se voit dans l’obligation de lancer un pressant appel aux Organisations non-gouvernementales, à d’éventuels sponsors et aux opérateurs économiques pour leur venir en aide. “Nous en avons bien besoin pour aller de l’avant avec nos projets immédiats”, insiste le directeur.

Pour compenser la perte de leur matériel, Ramesh Bondy mobilise son personnel pour une initiative qui devrait représenter une source de financement.

Il organise une collecte publique du 7 au 9 septembre. Il espère que cette démarche sera payante.

Soutenu par un personnel de huit personnes, Ramesh a beaucoup de projets pour ses élèves. Il souhaite donner un rôle plus important à Sanjay Brandbodary, un formateur aveugle, en lui confiant les cours de formation dans le domaine de la vannerie au profit des non-voyants et des mal-voyants. Ce projet va être financé par la Training Employment Board (TEB). “Nous tenons beaucoup à ce projet. Nous allons remuer ciel et terre pour le faire aboutir”, soutient Ramesh.

<B>Comment communiquer…</B>

Soojanee Devee, qui travaille pour cette institution depuis plusieurs années, croit dur comme fer que le langage des signes est le meilleur moyen de faire s’exprimer un enfant muet. “Il faut aider l’enfant à communiquer dans un langage qui lui est familier pour qu’il s’adapte mieux à son environnement”.

Selon elle, le progrès accompli par ses six anciens élèves et qui ont intégré facilement l’école des sourds à Beau-Bassin en est la preuve.

Existe-t-il une méthode perfectionnée par l’école de Riambel, pour suivre l’évolution de chaque enfant ?

Bindu Duval, qui s’occupe des enfants mentalement retardés âgés entre 6 et 8 ans, a la réponse : “Nous enregistrons chaque jour le progrès accompli par leurs faits et gestes dans un livret. Cela pour un suivi. S’il arrive que certains parmi eux, tout comme les enfants trisomiques, n’arrivent pas à s’adapter, nous referons l’exercice que nous avons fait il y a une ou deux semaines pour aider le sujet à rattraper son retard”.

Pour y arriver, Sarojini Rungasamy, et Romila Rughoonauth, les deux autres enseignantes, de même que Bindu Duval, ont suivi des cours de formation auprès du National Centre For Curriculum Research Development (NCRD) et de l’Association des parents d’enfants inopérables à Maurice (APEIM). Malgré ce vol audacieux commis en juillet dernier, les fondateurs n’ont pas oublier les moments de gloire et de joie. C’était en juin de l’année dernière, lors de la première participation de la délégation mauricienne à Dublin, où se tenaient les Special Olympics d’été. Vinay Dinnoo, qui représentait la SHA à cette compétition, avait remporté une médaille d’or dans l’épreuve du 50 mètres. Il concourait en finale contre les représentants des Etats-Unis, de la Turquie et d’Irlande, entre autres.

“Nous étions très ému et fiers de voir monter le quadricolore” se rappelle le directeur.

VOLONTARIAT

<B>Un brin d’histoire.</B>

Fondée en 1985, à Surinam, la SHA est affiliée au ministère de la Sécurité sociale depuis 1987. Elle était gérée par une dizaine de volontaires qui étaient également membres du comité exécutif.

Pour débuter, ils étaient tous engagés dans des activités récréatives, des sorties, des déjeuners, des remises de prix et participaient à des activités sportives et culturelles. C’était la seule association qui regroupait les personnes handicapées du Sud. En 1992, une étude menée par les membres, indique que bon nombre d’enfants handicapés venant des familles démunies n’ont pas un endroit approprié pour se rencontrer. Pour répondre à ce besoin, les volontaires louent le centre Mieux Vivre à Souillac. La United Way, L’ambassade américaine et d’autres firmes privées leur viennent en aide financièrement, de même que le ministère de la Sécurité Sociale. En 1999, la SHA s’installe dans un nouveau centre, sur un terrain que l’Etat avait mis à leur disposition en 1992. Le Trust Fund For The Integration for the Social Integration of The Vulnerable Groups, la Fondation Espoir et Développement (FED) y ont apporté leur contribution.

Publicité