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Un soldat américain condamné à un an de prison à Bagdad
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Un soldat américain condamné à un an de prison à Bagdad
Premier militaire américain à être traduit en cour martiale pour des sévices infligés aux détenus irakiens d?Abou Ghraïb, Jeremy Sivits a été condamné à un an de prison, la peine maximale.
Sivits a également été chassé de l?armée et dégradé. Il avait plaidé coupable des quatre chefs d?accusation pesant à son encontre, tout en émettant des réserves quant à la nature d?une photographie de prisonniers nus qu?il avait prise. Sivits, un réserviste de la police militaire, devait répondre de deux chefs d?accusation pour maltraitance, d?un chef d?accusation pour manquement au devoir de protection des détenus et d?un autre pour conspiration en vue de maltraiter des détenus.
Âgé de 24 ans, Sivits a affirmé pendant son procès que d?autres soldats ayant infligé des sévices aux détenus lui avaient affirmé avoir reçu des consignes de la part des services de renseignement. ?Ils ont dit que les renseignements militaires leur avaient dit de continuer à faire ce qu?ils faisaient aux détenus parce que cela fonctionnait selon eux?, a-t-il dit.
Il avait passé un accord avec l?armée, au terme duquel il acceptait de plaider coupable et de témoigner à charge lors des procès de certains des six autres militaires poursuivis dans le cadre du scandale de la prison d?Abou Ghraïb.
<B>?J?ai poussé le détenu sur les autres?</B>
Avant la comparution de Sivits, les juges militaires ont donné lecture de l?acte d?accusation de trois autres soldats poursuivis pour des actes plus graves, voies de fait notamment.
Le caporal Charles Graner, le sergent-chef Ivan Frederick et le sergent Javal Davis n?ont pas fait connaître leur mode de défense, s?ils entendent plaider coupable ou non coupable. La prochaine audience a été fixée au 21 juin.
Trois autres militaires, trois femmes membres de la 800e brigade de police militaire, sont également poursuivies mais n?ont pas encore déférées devant une cour martiale. Sivits, qui a dit être un mécanicien et non un gardien de prison, a affirmé que des membres de son unité avaient infligé de graves sévices aux détenus.
Le 8 novembre, il a été chargé d?escorter un détenu vers un autre bloc de la prison d?Abou Ghraïb, connu comme l?un des pires centres de torture du règne de Saddam Hussein. ?Au coin d?un bâtiment, j?ai vu des prisonniers étendus?, a-t-il dit. ?Ils étaient couchés à terre avec des sacs sur la tête.?
Il a accusé le caporal Charles Graner et la première classe Lynndie England d?avoir marché volontairement sur les pieds des détenus. Lorsqu?on lui a demandé s?il avait déjà vu ce genre de sévices et s?il savait qu?il était interdit de les infliger, il a répondu qu?il le savait mais qu?il n?avait jamais vu ce type de pratiques auparavant.
?J?ai emmené le détenu et l?ai poussé sur les autres, a-t-il dit. Quand j?ai vu les gens se faire marcher sur les pieds, j?ai compris qu?il allait également y passer.? Prié de dire s?il aurait pu protéger son prisonnier, il a répondu : ?Je crois que oui.? Il a expliqué que Graner avait alors sorti un appareil photo de sa poche et lui avait demandé de prendre un cliché de lui en train de faire semblant de frapper un détenu. ?Il a simplement mis en scène cette photo?, a dit Sivits.
?Après, d?autres photos ont été prises?, a-t-il ajouté, avant d?expliquer que les soldats avaient fait se déshabiller les détenus. ?Le sergent Ivan Frederick a saisi le détenu que j?avais amené et l?a frappé à la poitrine?, a-t-il dit devant la cour martiale, en peinant visiblement à contenir son émotion. ?Le détenu est tombé et Frederick m?a dit : ?Il va peut-être faire un arrêt cardiaque?.? Un médecin est finalement arrivé avec un inhalateur.
Le réserviste a raconté un autre incident lors duquel il dit avoir vu un détenu tomber KO après un coup de Graner qui s?est ensuite plaint de douleurs au poing. Sivits a en revanche démenti avoir pris les photos de détenus entassés dans une pyramide humaine et qui ont fait le tour du monde.
D?autres photos dévoilées par les médias américains ont montré des prisonniers nus et masqués, enchaînés, menacés d?électrocution ou contraints de simuler des actes sexuels. L?administration américaine assure que ces sévices ont été limités à une poignée de militaires mais le Comité international de la Croix-Rouge et Amnesty International affirment que ces pratiques ont été systématiques et étendues.
À Washington, la commission sénatoriale des Forces armées doit entendre plusieurs officiers de haut rang, le général John Abizaid, chef du commandement militaire central, le général Ricardo Sanchez, chef des forces américaines en Irak, et le général Geoffrey Miller, responsable des détenus.
Cette audience intervient quelques jours après la publication d?un article du New Yorker accusant le chef du Pentagone Donald Rumsfeld d?avoir sciemment autorisé le durcissement des méthodes d?interrogatoire pour tenter de mater l?insurrection en Irak. Le département de la Défense a démenti ces informations.
<B>Polémique
Les 40 Tués Etaient Des Soldats, Disent Les Américains</B>
- L?armée américaine a annoncé avoir tué une quarantaine de personnes en Irak lors d?une opération contre des combattants étrangers présumés à proximité de la frontière syrienne. Le général Mark Kimmitt, n°2 de l?armée américaine en Irak, a démenti que les victimes aient été des participants à une fête de mariage, comme l?avait annoncé la chaîne de télévision arabophone Al Arabia.
?À 3 heures locales, nous avons mené une opération à 85 km au sud-ouest d?Al Kaïm contre des combattants étrangers présumés. Nous avons été victimes de tirs et nous avons riposté?, a-t-il dit.
Citant des habitants de la ville frontalière d?Al Kaïm, Al Arabia avait auparavant rapporté que des avions américains avaient bombardé le village de Makr al-Dib, où avait lieu une fête de mariage.
?Nous avons reçu 40 martyrs, surtout des femmes et des enfants de moins de 12 ans?, a déclaré le directeur de l?hôpital d?Al Kaïm, évoquant également 11 personnes blessées.
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