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Un policier avait proposé à Ramlogun de porter plainte
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Un policier avait proposé à Ramlogun de porter plainte
L?enquête judiciaire sur la mort de Rajesh Ramlogun s?est achevée hier avec l?audition de trois autres témoins. L?un d?eux, le constable Clarence Koo Wan Cheung, affecté au centre de détention d?Alcatraz, a affirmé qu?il a questionné le suspect au sujet des blessures qu?il avait au visage et qu?il lui a fait comprendre qu?il pouvait porter plainte. Ont ensuite été entendus la veuve de la victime, Bindu Ramlogun, et le chef inspecteur Mootoosamy Ramasawmy, un enquêteur du Central Criminal Investigation Department (CCID), chargé de cette affaire.
Le magistrat Raj Seebaluck, qui préside cette enquête, doit maintenant établir s?il y a eu foul play dans la mort de Ramlogun pendant qu?il était en détention, après son arrestation par la Major Crime Investigation Team (MCIT) dans le cadre du meurtre des belles-s?urs Jhurry à Lallmatie, le 5 janvier. Les conclusions du tribunal seront soumises au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) d?ici le 31 janvier, a laissé entendre le magistrat.
Lors de son témoignage, le constable Koo Wan Cheung explique que le 12 janvier, il est de service lorsqu?un détenu escorté par les constables Arnasala et Manaroo est emmené à Alcatraz. Il est alors 22 h 55. Un de ses collègues, le constable Sourmarie attire son attention sur le fait que le détenu porte une marque rouge et des égratignures sur la face gauche du visage.
Il s?enquiert alors auprès de Ramlogun : ?Kot ou finn gagn sa mark la ?? Mais il lui répond que tout va bien. ?Non korek sa.? Le suspect répond une fois de plus par la négative quand le constable lui demande ?ou ena kit konplint ? Ou pou al lopital ?? Les officiers Arnasala et Manaroo, précise Koo Wan Cheung, sont toujours présents à ce moment-là. Il fait alors une entrée dans le diary book du centre de détention avant que Ramlogun ne soit placé en cellule.
?Li ena mark bate lor li?
Selon le policier, le détenu est resté silencieux comme tous ceux qui sont emprisonnés pour la première fois. A 23 h 30, le constable Rookmine prend la relève. Koo Wan Cheung dit l?avoir informé de la situation. ?Ena enn detenu dan enn case murder inn vini, li ena mark bate lor li.?
Bindu Ramlogun, également venue témoigner hier, est arrivée vers 12 h 45. Revenant sur les événements du 12 janvier lorsque son mari a été arrêté, elle affirme que ce matin-là, cet opérateur au ministère de l?Agriculture a quitté la maison vers 6 heures pour aller travailler. Il est, dit-elle, rentré plus tôt que prévu car il voulait aller voir son neveu, Avinash Ramgotee, alors admis à l?hôpital du Nord. Cet étudiant est soupçonné d?être derrière le double meurtre de Lallmatie.
Bindu déclare, en outre, qu?elle est partie récupérer ses enfants à l?école vers 13 h 30 mais qu?en rentrant, elle n?a pas vu son époux. C?est alors que sa belle-s?ur, Sarita Ramgotee, la met au courant : ?CID inn pran li e Leckraj Ramgotee (le père d?Avinash).? Elle téléphone au poste de police de Lallmatie pour s?enquérir de la situation. Mais on lui répond qu?il n?y a aucune entrée au nom de son époux.
Elle apprend, le lendemain matin, que Rajesh est dans les locaux de la MCIT. Lorsqu?elle appelle, on l?informe que ?pa ankor pran so lanket, asoir pa ti ena personn dan biro?. Accompagnée d?un de ses fils, elle se rend aux Casernes pour voir son époux. ?Zot dir pa trakase madam linn al lakour Flacq tanto li pou retourne.? Toutefois, poursuit-elle, la cour était déjà fermée lorsqu?elle s?y est rendue. Croyant que son époux est déjà rentré, elle décide d?en faire de même. Mais elle passera la nuit à attendre. En vain.
Le samedi 14 janvier, elle apprend que Rajesh est à l?hôpital Jeetoo. Elle s?empresse de se rendre à son chevet et le retrouve inconscient, avec des enflures au visage et ?mark disan kaye lor so lipie?. Elle contacte son avocat et fait une entrée au poste de police de l?hôpital. Quelques heures plus tard, on lui interdit l?accès à la salle ou il était admis. Elle s?entend ainsi dire qu?un homme est mort et un des préposés l?informe qu?il s?agit de ?sa dimoun Lallmatie la?. Son mari, soutient-elle, était en bonne santé et n?a jamais eu de problème d?alcool en quinze ans de mariage. Elle demande donc que justice lui soit rendue.
Le chef inspecteur Ramsawmy, qui a aussi été appelé à s?exprimer au cours de cette enquête judiciaire, a, lui, donné des détails sur les officiers de la MCIT ayant été concernés par l?arrestation et l?interrogatoire du suspect. Il a aussi parlé de ceux qui l?ont escorté en cour et à l?hôpital de même que ceux qui étaient chargés de sa détention à Alcatraz.
Il a également indiqué, sur la base des documents de la MCIT recueillis par le CCID aux fins d?enquête, que le nom du surintendant (SP) Prem Raddhoa n?apparaît pas parmi ceux ayant été concernés par l?arrestation de Ramlogun. Il concède toutefois que la mère d?Avinash Ramgotee a mentionné, dans sa déposition, qu?elle l?a rencontré, ce jour-là, à Lallmatie. L?interrogatoire du SP ne saurait tarder, poursuit le témoin. Il a, dit-il, déjà été contacté à cet effet et on attend la disponibilité de son avocat.
ALLÉGATIONS DE BRUTALITÉ
Cinq heures d?interrogatoire pour l?inspecteur Jokhoo
Le n° 2 de la Major Crime Investigation Team (MCIT), l?inspecteur Ranjit Jokhoo, a été interrogé hier pendant cinq heures au bureau du Central Criminal Investigation Department (CCID). Il a expliqué son emploi du temps à partir de l?arrestation de Ramlogun jusqu?à sa détention à Alcatraz. L?interrogatoire a été mené par l?assistant surintendant de police, Heman Jangi, sous la supervision du surintendant de police, Suthchidanand Lollbeeharry et en présence de l?avocat de Ranjit Jokhoo, Me Mooloo Gujadhur.
Comme dans sa déposition, consignée le 15 janvier, l?inspecteur Jokhoo a déclaré n?avoir pas été témoin d?actes de brutalités policières sur Ramlogun. Alors qu?il se trouvait avec l??interview team? composée du sergent Dishiraj Jagdawoo, du caporal Raffick Madarbux et des constables Kinsley Potié et Evans Levasseur, il était, lui, dans son bureau. Il dit n?avoir jamais été en contact avec le suspect durant l?interrogatoire et qu?il s?est absenté pendant au moins une heure ce soir-là. Il a déclaré que Prem Raddhoa et lui-même s?étaient rendus à Lallmatie pour rencontrer les proches d?Indira et Geeta Jhurry, poignardées le 5 janvier de plus de 80 coups de couteau.
Evoquant la détention de Ramlogun, il a déclaré que l?ordre émanait du SP Raddhoa à qui il avait téléphoné. Celui-ci a déclaré, dans sa déposition le 15 janvier, qu?il y avait des ?strong suspicions to detain?. Deux derniers enquêteurs de la MCIT, le sergent Balgobin et le constable Dhunnoo, ont aussi été interrogés par les hommes de l?inspecteur Chundun Kumar Raghoonundun au sujet des allégations de brutalités policières contre Ramlogun. Le sergent Balgobin a déclaré qu?il n?avait pas eu de contact avec lui. Et le constable Dhunoo a affirmé qu?il était en congé le 12. Ceux qui étaient à Alcatraz entre le 12 et le 14 janvier ont aussi été questionnés. L?inspecteur Sébastien Joseph, qui s?est chargé de cet exercice, a consigné la déposition de trois détenus. Ils ont déclaré qu?à l?arrivée de Ramlogun, dans la soirée du 12 janvier, il portait des traces de blessure à la tempe gauche et que ?li ti mosad e li ti res dan so koin?. Par ailleurs, le Dr Sudesh Kumar Gungadin a examiné hier les officiers Jagdawoo, Potié, Levasseur et Lutchmun.
DROITS DE L?HOMME
La commission termine ses travaux cette semaine
■ La Commission des droits de l?homme compte terminer ses auditions d?ici cette semaine. Depuis deux semaines, elle enquête sur les circonstances de la mort de Rajesh Ramlogun, décédé en détention policière. Elle a jusqu?ici écouté une quinzaine de témoins dans cette affaire. Le commissaire, Dhiraj Seetulsingh et les trois membres soumettront leur rapport au ministre des Droits de l?homme, Rama Valayden, la semaine prochaine.
Elle a écouté, hier, les deux constables en détention, Sudesh Lutchmun et Paramasiven Arnasala. Ce dernier dit avoir seulement escorté le détenu des locaux de la MCIT à Alcatraz, à la fin de son interrogatoire le 12.
Il dit avoir suivi le véhicule de la SSU en direction de Flacq, le vendredi 13 janvier. Il était accompagné de l?avocate, Me Lovena Sowkee. Quant à Sudesh Lutchmun, il a soutenu qu?il avait travaillé que le 12 comme ?escorting officer? avec le détenu. Il était accompagné de son homme de loi, Me Shyam Servansingh.
LES AUTRES ETAPES
La Santé attend les conclusions de l?enquête judiciaire
Les conclusions de l?enquête judiciaire sur la mort de Rajesh Ramlogun devraient aider le ministère de la Santé à tirer certaines choses au clair. On trouve, en effet, étrange le fait que l?équipe de médecins ayant ausculté le patient avant sa mort n?a relevé ?aucune blessure externe?. Cela, alors que les médecins légistes font état de blessures clairement visibles à l??il nu et qu?un des policiers d?Alcatraz a noté des blessures au visage du suspect la veille de son hospitalisation. Les médecins concernés, le Dr Amatoola Essoof, la doctoresse Sunita Ramsewak, le Dr Farook Bholah et le Dr Bushan Oree, pourraient, en cas de commentaires perçus comme défavorables, être appelés à donner des explications sur leurs observations.
Un nouvel interrogatoire pour Avinash Ramgotee
Avinash Ramgotee a consigné sa déposition hier matin au bureau du Central Criminal Investigation Department sur le meurtre d?Indira Jhurry, 66 ans, et de sa belle-s?ur, Asha Jhurry, 56 ans, à leur domicile à Bharuth Lane, Lallmatie, le jeudi 5 janvier. Il a été interrogé par le surintendant de police, Anand Ramchandar, de la Criminal Investigation Division (CID), l?affaire ayant été retirée des mains de la Major Crime Investigation Team. En présence de son homme de loi, Me Jim Seetaram, cet étudiant qui avait été retrouvé inconscient à Vinoba Lane, Lallmatie, avec un couteau planté dans le ventre, a nié les accusations portées contre lui. L?enquête dans cette affaire est menée conjointement avec la CID de Flacq, dirigée par l?assistant surintendant de police, Seebaluck.
Cehl Meeah devant le CCID ce matin
Cehl Meeah compte demander, aujourd?hui, au Central Criminal Investigation Department (CCID) de rouvrir le dossier de brutalité policière qu?il avait déposé contre le surintendant Prem Raddhoa. Arrêté le 4 décembre 2000 dans le sillage de l?enquête sur le triple meurtre de la rue Gorah Issac, Cehl Meeah devait se plaindre de ?torture? et de sévices infligés par les hommes du SP alors affectés à la CID de Curepipe. Cehl Meeah avait été disculpé de toutes les charges retenues contre lui sur décision du Directeur des poursuites publiques. Il compte consigner aujourd?hui, en présence de son homme de loi, Me Raouf Gulbul, une déposition et réclamer, à son tour, l?arrestation de Raddhoa.
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