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Un poisson d?avril met des internautes français en émoi

2 avril 2004, 20:00

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Dans la grande tradition du 1er avril, un faux courrier électronique a provoqué la stupeur d'internautes à qui une société de droits d'auteur demandait de payer pour de prétendus téléchargements musicaux pirates.

«Madame, Monsieur. Votre fournisseur d'accès Internet a eu l'obligeance, dans le cadre des dispositions de la nouvelle loi sur l'économie numérique, de vous identifier comme un utilisateur régulier des plates-formes de téléchargement musicales de type «peer-to-peer» et de nous communiquer votre adresse e-mail», peut-on lire dans ce courrier, prétendument envoyé par la SDRM, la Société pour l'administration du droit de reproduction mécanique des auteurs, compositeurs et éditeurs. Afin de régulariser leur situation, les internautes étaient invités à régler une somme de 0,77 euro par morceau téléchargé, ou un forfait de 793,30 euros «payable en trois fois sans frais».

Contactée par Reuters, la SDRM a indiqué «qu'il ne fallait pas tenir compte de cet e-mail, qui est un canular». La SDRM a en outre précisé que personne dans la société ne portait le nom de «Valérie Mioule», qui signe la lettre. Cette signature semble être un jeu de mots avec le nom d'un logiciel de téléchargement parmi les plus utilisés en France: eMule.

Lors d'une conférence de presse mi-mars, l'institut de mesure d'audience Médiamétrie avait annoncé avoir évalué à 1,8 million le nombre d'utilisateurs de ce logiciel en France au mois de janvier 2004.

Ce canular survient en pleine actualité, avec l'annonce mardi d'actions en justice contre les pirates français «dans les mois ou les semaines qui viennent» par le Syndicat national de l'édition phonographique (Snep).

<B>UN POISSON D'ACTUALITÉ</B>

En recevant le courrier, certains internautes ont eu une grosse frayeur, comme ce directeur de radio qui explique dans un e-mail parvenu à la rédaction parisienne de Reuters : «Je n'ai jamais téléchargé un morceau».

Le projet de loi sur la confiance dans l'économie numérique (LEN) sera examiné en seconde lecture au Sénat les 6 et 7 avril. Parmi les dispositions très critiquées du texte figure l'obligation de filtrage des contenus illicites par les fournisseurs d'accès à Internet. La rumeur s'est vite répandue sur les forums de discussions français, dont certains n'ont pas tardé à débusquer le canular, insistant sur la dernière phrase de la menaçante missive : «Naturellement, toute tentative de votre part de détruire tout ou partie des fichiers en votre possession donnerait lieu à des poursuites judiciaires».

«C'était assez facile à débusquer, en particulier à cause de la signature», a indiqué Guillaume Brossard, un des cofondateurs du site Hoaxbuster, spécialisé dans l'analyse des rumeurs du Web. «En plus, c'était le 1er avril. Nous publions les articles quand ils ont une diffusion très importante. Cette année, ceux qui ont fait le plus de bruit, c'est une rumeur d'attentat en Italie, le 11 avril prochain et le faux virus JDBGMGR, on reçoit presque 10 000 requêtes par semaine sur ce sujet !, a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Vey

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