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Un pèlerinage qui finit à l?hôpital
«Ena ankor de dan enn leta kritik dan lopital du Nord. Zot dan ICU », laisse échapper une femme dans le couloir de l?hôpital de Flacq, où cinq blessés ont été admis après leur accident. « Mo kroir zot pre pou mor », rétorque une autre. Girish Joomuck, 17 ans, et Sailesh Ramnauth, 28 ans, luttent en effet entre la vie et la mort aux soins intensifs de l?hôpital du Nord.
À Flacq, les heures de visite sont presque terminées. Quelques proches et amis ont pu avoir accès à l?intérieur de la salle 3.1 où étaient admis Pravesh et Deepack Ubhee, deux autres blessés. Mais pas plus de deux personnes à la fois. Règlement oblige.
Dans les couloirs, les commentaires au sujet de l?accident qui a bouleversé les habitants de Camp-Ithier vont bon train. Et la visite du ministre Bachoo n?est pas passée inaperçue. « Li finn pass devan moi me li pa finn koz avek moi », confie Kamlawtee Ubhee, la mère de Pravesh, Deepack et Chunda. « Mo bien kontan ki minis finn vinn gett mo bann zanfan. Li finn koz avek dokter, ler la li finn ale. Mo bann zanfan finn gaign enn kouraz ek zot moral finn remonte. »
Il est 17 heures, et un infirmier annonce la fin des visites. « B? sa. Li pa pe less nou rantre », chuchote un homme à l?un de ses amis. Ce dernier rétorque à voix basse : « Ale dir infirme la to pe al gett to kouzin zis pou de mininit sinon nou pa pou kapav zouenn avek Pravesh ek Deepak. »
Le pied gauche plâtré et les deux bras bandés, Pravesh, encore sous l?effet du choc, raconte qu?il a subi deux interventions chirurgicales à la jambe après l?accident. Pour lui, c?est un cadeau du ciel qu?il soit toujours en vie. « Letan sa loto ti vinn tap are nou, mo ti trouv mo lavie defile dan mo latet. Mo ti kroire ki mo dernie zour finn arive Lezo mo lazam ti sorti an deor. » Son frère Deepak a été blessé à la tête et aux bras : « Gett mo latet kouma finn vini. Zot (les médecins) ti pare pou tir tou mo seve letan zot finn rekoud », lance-t-il en souriant. Quant à Priya et sa belle-s?ur Chunda, admises à la salle 3.2, elles sont actuellement hors de danger. Chunda, visiblement nerveuse, demande à une infirmière d?enlever la couverture sur ses pieds : « Ayo tir sa lor mo lipie. Mo pe gaign mari so. »
<B>« Je vais arrêter de conduire »
Quant à Priya, elle semble très affaiblie. « Mo fine gaign ene kou dans mo lestoma. Mo pas konn ekzakteman se ki finn arive lakoz mo ti perdi konesans. Mo finn gaign enn moi mariaz avek Pravesh lavey aksidan la. Zordi nou ti bizin dans Grand-Bassin mais gett enn kout. Nou lor lili lopital. »
Que s?est-il passé en ce funeste mercredi soir, qui a plongé plusieurs familles dans l?angoisse ? Les douze pèlerins avaient déjà parcouru plus de dix kilomètres quand, soudain, une voiture roulant à vive allure, selon Pravesh, surgit derrière eux et les percute de plein fouet. En voulant les éviter, le chauffeur braque son volant à droite et emporte Pravesh Ubhee et Sailesh Ramnauth dans sa course folle. Finalement, le chauffeur perd le contrôle de son véhicule et finit par s?arrêter dans un champ de cannes. Pravesh, grièvement blessé, appelle désespérément son épouse, Priya. Celle-ci, qui a perdu connaissance, reprendra ses esprits quelques minutes plus tard. Pendant ce temps, les rescapés organisent le sauvetage. C?est la panique générale.
Une fourgonnette s?arrête sur les lieux de l?accident. Les blessés sont placés à bord et transportés d?urgence à l?hôpital. Deux d?entre eux, Girish Joomuck et Sailesh Ramnauth, 17 et 28 ans, toujours inconscients seront transférés à l?hôpital du Nord car leur état de santé inspire de vives inquiétudes.
Le chauffeur du véhicule, un habitant de Providence, a été arrêté. Il a été soumis à un test d?alcoolémie qui s?est révélé négatif. Interrogé par l?express dimanche, M. Y., 38 ans, confie qu?il est très bouleversé. « Je ne suis pas blessé physiquement mais moralement je suis abattu. Je ne mange plus et je ne dors plus. La seule chose qu?il me reste à faire, c?est de prier pour ces gens. Je vais arrêter de conduire, même si cela me va me causer des problèmes au niveau professionnel », assure-t-il d?une voix cassée.
Il dit avoir été ébloui par les phares d?une voiture venant en sens inverse. « Je me souviens avoir croisé une voiture, à environ vingt-cinq mètres avant les pèlerins. J?ai finalement perdu le contrôle de mon véhicule. J?ai l?habitude d?emprunter cette route mais cette fois, j?abandonne complètement. D?ailleurs, je suis parfaitement d?accord avec la déclaration du Premier Ministre. Ce sera une très bonne chose de suspendre les permis de conduire des conducteurs irresponsables. »
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