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Un nouvel accès préférentiel
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
La petite île Maurice vient de signer un accord de commerce et d’investissement avec la plus grande économie au monde. La conclusion d’un “Trade and Investments Framework Agreement” (TIFA) devrait faciliter le commerce entre nos deux pays et surtout attirer les investissements étrangers vers Maurice.
Visiblement, l’“African Growth and Opportunities Act” (AGOA) n’a pas été d’une grande aide pour Maurice en dehors du textile-habillement. Cette loi américaine qui visait ‘entre autres’ l’implantation des entreprises américaines dans les diverses industries de l’Afrique subsaharienne n’a jamais pu réaliser ces objectifs à part les investissements dans l’exploitation minière et pétrolière.
Le gouvernement mauricien estime que le pays aura plus de visibilité auprès des investisseurs américains à travers une coopération bilatérale plus structurée. TIFA sera certainement complémentaire à l’AGOA sur le plan du commerce. Pour l’investissement, par contre, il faudra plutôt compter sur la voie bilatérale.
Maurice a besoin des partenaires robustes pour réussir sa transformation économique. Les réformes en faveur d’une fiscalité légère, d’un cadre régulateur plus convivial au business et des lois du travail plus souples font de Maurice une destination d’investissement attrayante du moins sur papier. Les “business process outsourcing”, les services financiers, l’habillement et le “seafood hub” sont des pôles qui sont à même d’attirer des opérateurs américains de moyenne taille (de grosses pointures selon l’échelle mauricienne).
Le TIFA a pour mission d’aplanir les obstacles au transfert de capitaux, des technologies et des talents. En même temps, l’accord devrait viser à développer les exportations mauriciennes vers le marché américain dans des conditions moins contraignantes que celles préconisées par l’AGOA. Les vêtements “Made in Mauritius” ont beaucoup souffert des règles rigides de la loi américaine sur le textile. Nos diplomates pourront mieux défendre les contentieux si le dialogue se fait sur le plan bilatéral.
Les marchés préférentiels existent encore. Mais cela se mérite. Les pays exportateurs du Sud devront faire la démonstration qu’ils pourront servir ces marchés avec des produits de qualité à des prix compétitifs. Maurice doit encore développer et consolider ses industries pour profiter de ces nouvelles ouvertures.
D’où l’importance des initiatives de “aid for trade”. Les nations riches ont le devoir d’aider les moins fortunés à aiguiser leurs capacités industrielles. Maurice devra profiter de cet accord économique avec les Etats-Unis pour encourager un transfert de technologies et de savoir-faire de classe mondiale qui fait cruellement défaut à nos industries. Avec la suspension du cycle de négociations commerciales de Doha, beaucoup de pays industrialisés s’orientent vers des accords de commerce bilatéraux. Maurice n’a d’autre choix que de suivre le mouvement.
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