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Un nouveau scandale pourrait accélérer le départ de Tony Blair

26 janvier 2007, 00:00

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Le scandale de la vente de titres nobiliaires à de généreux donateurs du Parti travailliste fragilise Tony Blair, qui se bat pour que les derniers jours de son mandat soient “utiles”. Après la brève arrestation, le 19 janvier, d’une proche collaboratrice du chef du gouvernement, Ruth Turner, pour obstruction à la justice, le Premier ministre écossais, Jack McConnell, a été entendu par la police, récemment, dans le cadre de cette affaire portant sur des soupçons de corruption au sommet.

L’enquête avait été ouverte au printemps 2006 par Scotland Yard à la suite de plaintes d’élus du Parti national écossais, formation indépendantiste, qui dénonçaient une violation des lois de 1929 et de 2000. La première interdit de monnayer les titres honorifiques ; la seconde oblige à déclarer l’octroi de tout prêt sans intérêt.

La commission chargée de valider les nominations à la Chambre des lords avait rejeté les noms de quatre hommes d’affaires proposés par le Premier ministre. Ces industriels faisaient partie d’un groupe d’une douzaine d’entrepreneurs qui avaient prêté 14 millions de livres (20 millions d’euros) au Labour lors de la campagne législative de 2005, à l’insu du trésorier du parti. Le 14 décembre 2006, l’hôte du 10 Downing Street avait été entendu comme témoin par Scotland Yard. Il s’agissait du premier interrogatoire, dans le cadre d’une affaire criminelle, d’un Premier ministre britannique en exercice.

L’opposition tonifiée</B>

Les méandres judiciaires ne correspondent pas forcément au temps idéal de la politique. Alors que le chef du New Labour aurait aimé se concentrer sur les dossiers qui lui sont chers – réforme des services publics, relance du processus de paix au Proche-Orient et en Ulster, lutte contre la petite délinquance –, le “blairisme” s’échoue sur une série d’erreurs, de scandales et de ratages.

L’abandon de l’enquête de corruption visant BAE Systems et des membres de la famille royale saoudienne, les guêpiers irakien et afghan, la hausse des taux d’intérêt et la montée des intentions de vote en faveur du parti indépendantiste écossais ont tonifié l’opposition conservatrice, déjà créditée, selon le dernier sondage, d’une avance de six points sur les travaillistes.

La tempête politique qui secoue la Grande-Bretagne est d’autant plus sévère que les enquêteurs n’hésitent pas à frapper fort. Devant le refus, à deux reprises, des services du Premier ministre de lui communiquer tous les courriels, lettres et autres matériels liés à l’affaire, la police aurait piraté les ordinateurs des bureaux du Premier ministre. Selon la presse, des fournisseurs d’accès Internet ont été mobilisés pour rechercher les preuves contenues dans les ordinateurs gouvernementaux. L’arrestation de Mme Turner serait liée à ces données techniques fournies par les experts.

Le leader travailliste a laissé entendre qu’il quitterait le pouvoir au profit de son dauphin attitré, le ministre des finances Gordon Brown, après le sommet du G8 et le Conseil européen de juin. Mais l’affaire des honneurs pourrait grossir les rangs des frondeurs au sein de son propre parti. Ceux-ci pensent que les chances de limiter les dégâts lors du scrutin régional de mai sont plus grandes sans lui.

<B>Marc ROCHE</B>

<I>© Le Monde 2007 Distribué par The New York Times Syndicate</I>

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