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Un mouvement d'instituteurs a paralysé l'île pendant une semaine
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Un mouvement d'instituteurs a paralysé l'île pendant une semaine
Mayotte connaît depuis trois semaines une forte agitation sociale à la suite d?un mouvement de protestation des instituteurs. Faute d?être entendus, ils ont dressé des barrages routiers qui, après avoir paralysé la collectivité départementale de Mayotte pendant huit jours, ont été ? provisoirement ? levés, jeudi dernier.
Les instituteurs de la Confédération générale du travail (CGT) et Force ouvrière (FO) ont en effet décrété cette pause des barrages mercredi dernier, sous la pression des parents d?élèves. Ces derniers, après avoir soutenu le mouvement, s?en sont désolidarisés après trois semaines sans école pour les élèves du primaire, et alors qu?à cause des barrages les élèves du secondaire ne peuvent plus aller en cours depuis plus d?une semaine. La consigne de levée des barrages a couru jusqu?à hier soir, ouvrant ainsi la voie à des négociations d?ici à la fin de la semaine, qui pourraient débloquer la situation.
Les instituteurs demandent une table ronde sur l?éducation avec un programme de constructions d?écoles, la mise en place de cantines dans le primaire comme dans le secondaire, la création d?un rectorat et d?un Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). Ils veulent aussi la revalorisation de la dotation spéciale instituteurs de 25 %. Mais le principal point concerne l?intégration des instituteurs dans le corps national de professeurs des écoles, en s?appuyant sur l?exemple des policiers qui ont intégré la police nationale, il y a deux ans. Les agents des services fiscaux sont aussi en grève depuis le 29 mars. Agents de la collectivité départementale de Mayotte mis à disposition du ministère de l?économie, ils réclament, eux aussi, leur intégration dans la fonction publique d?Etat, comme promis en 2005.
<B>Tables rondes</B>
Trois journées de grève générale ont déjà été conduites depuis la mi-mars. La dernière, le 4 avril, a réuni près de 1 500 manifestants dans les rues de Mamoudzou.
Le préfet Vincent Bouvier tout comme le député Mansour Kamardine ont rappelé le plan déjà engagé, alors adopté par les syndicats, visant à intégrer l?ensemble des enseignants du primaire d?ici au 31 décembre 2010. Un corps intermédiaire de ?professeurs des écoles recrutés à Mayotte? a été créé, dans lequel les instituteurs transitent avant la création des postes budgétaires. Un décret relatif aux professeurs des écoles doit permettre enfin l?entrée dans cette catégorie de professeur des écoles d?un premier contingent de 60 agents dès 2007.
Pour répondre aux autres revendications, le préfet a accepté d?organiser une série de tables rondes sur divers dossiers : éducation, poursuite de l?intégration dans les fonctions publiques, foncier, égalité des citoyens : droits et devoirs, protection sociale, emploi... En conditionnant toutefois l?ouverture de négociations à la levée des barrages.
Ces manifestations s?inscrivent dans un mouvement de fond qui touche l?île au lagon depuis le début de l?année : une volonté d?égalité sociale avec la métropole et les départements d?outre-mer. Alors que la Sécurité sociale fête sa première année à Mayotte, les Mahorais, ?français depuis 1841, avant Nice et la Savoie?, n?ont toujours pas d?assurance chômage, ni de prestations familiales et sociales , provoquant le départ de milliers de Mahorais vers la Réunion ou la Métropole, où ils bénéficient de ces droits.
<B>© Le Monde 2007</B> Distribué par The New York Times Syndicate
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