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Un mari défigure sa femme au cutter
“Mo pou défigir toi. To pa pou vinn pou moi, to pa pou vinn pou personn.” Vythilingum Ramachundren, 32 ans, a mis sa menace à exécution. Des taillades zèbrent le visage de sa femme, Veena. La coupure part de la paupière gauche, franchit l’arête du nez, descend le long de la joue droite jusqu’au cou pour remonter sur le menton et la lèvre inférieure.
A la Surgical Intensive Care Unit de l’hôpital Jeetoo, Veena se retrouve avec un bras sous perfusion de sérum, l’autre sous moniteur de tension artérielle. De temps à autre, elle passe une main aux ongles encore tachés de sang séché sur les plaies suturées. “Mo pa ti kone ki enn dimounn monn kontann, ki monn marie ek inn fer enn zenfan ti pou tret moi koumsa”, lance-t-elle.
Veena a quitté le toit conjugal il y a quelques mois. Lorsque son mari tente une fois de plus de l’amadouer, elle lui fait comprendre que cette séparation est définitive. Et Vythilingum ne digère pas la décision.
La jeune femme se trouve alors chez sa mère, seule, à Camp -Yoloff, en compagnie de son fils. Son mari en profite. Il vérifie qu’il n’y a personne dans les alentours, tire un cutter de sa poche, et lacère le visage de sa femme. Veena pare les coups de ses mains. Ses doigts et le dessus de ses mains s’en trouvent profondément entaillés.
La victime s’est mariée à l’âge de 19 ans. Un mariage arrangé par une tante. Six ans de vie commune durant, elle découvre les variantes de la violence domestique. Son mari est de nature possessive et jalouse. Vythilingum refuse qu’elle travaille et qu’elle téléphone régulièrement à sa mère.
Séquestrée pendant plusieurs heures</B>
“ Line dire moi aller”. Les choses tournent mal le 10 mars dernier. Un des proches de la famille accuse Veena d’adultère et Vythilingum demande à celle-ci de quitter le toit conjugal. Son fils, Davylen, 3 ans, dans ses bras, Veena ne se le fait pas dire deux fois : elle regagne le toit maternel.
Vythilingum ne tarde pas à la supplier de rentrer et l’abreuve de promesses de changements. La jeune femme refuse et trouve de l’emploi comme vendeuse.
Trois mois plus tard, son mari la convainc de l’accompagner à un mariage. Après la cérémonie, il devait la ramener chez sa mère. Mais voilà que Vythilingum la ramène chez eux à Cap-Malheureux et la séquestre pendant plusieurs heures avant de la laisser partir travailler.
Veena se rend au poste de police de Trou- Fanfaron dans le but de consigner une déposition contre son mari. Mais le policier lui fait comprendre qu’il ne peut enregistrer sa plainte car elle est encore civilement mariée et que la séquestration n’en est pas une puisqu’elle a eu lieu dans la maison conjugale. Veena ne donne pas suite.
Elle se voit néanmoins contrainte d’abandonner son emploi car “linn vinn fer vilain laba” . Elle trouve un autre emploi comme secrétaire d’arpenteur, ne travaillant que quatre heures dans l’après-midi. Tout semble aller pour le mieux.
Jusqu’à mardi, lorsque son mari lui rend cette visite qui restera gravée dans sa mémoire. Car si les plaies se cicatriseront certainement même si elle devra recourir à la chirurgie plastique pour enlever ces horribles marques, qu’en sera-t-il de celles ayant lacéré son âme ?
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