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Un macadam dans l’impasse
Deira Gungaram, assistant secrétaire au sein du conseil des districts de Grand-Port-Savanne au niveau de neuf villages du litoral, fait quelques pas à Dhawal Lane, située à Nouvelle- France. Il agite la pointe de sa chaussure droite dans l’asphalte qui a à peine deux centimètres. Il y enlève sans trop de peine une légère couche de bitume et une poignée de macadams.
“Il y a tout juste un mois que cette impasse a été asphaltée”, dit-il.
Que veut prouver Deira ?
“Que les travaux confiés aux entrepreneurs ont été bâclés et que les normes n’ont pas été respectées”.
Il est rejoint quelques minutes plus tard par Sunilduth Naga, conseiller au village de Nouvelle-France : “J’ai attiré plusieurs fois l’attention des personnes concernées au service administratif du conseil, sur la qualité du travail, qui laisse à désirer. Mais rien n’a été fait si ce n’est de rares visites sur les lieux”, dit-il. Il précise toutefois qu’il n’a rien contre les entrepreneurs qui “profitent de l’indifférence des autorités pour les travaux”.
“Ar ou lipie ou capave casse simin ici”, ajoute le conseiller.
Leelawtee Kedun, âgée de 75 ans, souffre de paraplégie. Elle habite la même impasse un peu plus au fond. Accompagnée de son fils Gobin, elle raconte ses difficultés pour sortir de chez elle et avoir accès à la route principale. Elle doit être transportée à l’hôpital de Rose-Belle pour ses rendez-vous mensuels. “Mo gagn boucoup problèmes. Parski taxis pa rantre ici akose ena gros roches”, raconte Gobin. Il aimerait avoir des explications sur les raisons pour lesquelles les travaux n’ont pas été étendus jusque devant sa porte. “Si les responsables avaient fait des inspections régulières, la situation aurait été tout autre”, insiste l’assistant secrétaire Deira.
Non content de dénoncer les travaux à Dhowal Lane, Deira se dirige cette fois à Sookraj Lane , à une centaine de mètres du premier endroit qu’il avait indiqué. “La-ba ou pou trouve vrai gaspillage”, dit Deira, sur un ton sévère.
Cette fois, il parle en présence des habitants qui disent avoir beaucoup souffert pendant des mois avant que cette impasse soit bitumée. “Zot nek fer patching zot alle. Letan ou marché ou sarié coltar lor enn long distance”, témoigne un père de famille dont le fils a été blessé au genou l’année dernière, après un accident sur l’asphalte. “La qualité des travaux laisse à désirer. Il n’y pas de suivi ni de rapport pour établir si toutes les procédures ont été suivies après les appels d’offres. “Il est temps de revoir l’allocation des contrats pour les travaux. Il ne faut pas oublier que l’argent est puisé des fonds publics et, quand les travaux sont mal faits, ce sont les habitants qui en subissent les conséquences”, soutient Deira.
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