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Un Julian Marley historique mais pâle

31 octobre 2005, 20:00

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Tout laissait présager que le concert tant attendu du fils de Bob Marley allait être sensationnel, hier soir, au stade Gaëtan Duval à Rose-Hill. Qu?il allait nous émouvoir, nous porter sur la route de son père aux sonorités joliment reggae. Mais le constat est plus nuancé.

Après une longue attente, dans le froid, quelques pas de danse des Dashafaya Girls, voici venir les Negro Pou Lavi. Entamant de grands morceaux de leur répertoire sur un fond en play-back. Jusque-là, la curiosité est piquée au vif. L?on souffle dans les mains, dans cinq minutes le célèbre fils Marley apparaîtra. Dans cinq minutes?

Réglage et grattage de guitare et de batterie fusionnent. Serait-ce pour chauffer la foule ? En tout cas, il aura fallu une bonne quinzaine de minutes pour entendre Julian Marley. Il joue au chat et à la souris. Apparaît de derrière la loge et disparaît. Enfin, il chantonne sur scène. Cris et euphorie du public qui tape dans les mains, acclame la vague vivante du Rastafari. Il s?amène, saisit sa guitare qu?il passe par-dessus son épaule et déshabille les notes. Derrière lui, son groupe, The Uprising, est ?in the mood for reggae?. Les corps se fondent. Les épaules bougent, la tête suit, le rythme gagne. Ils sont venus, habillés pour l?occasion en rouge, jaune et vert. Julian qui a du mal à accrocher le public au départ, perd quelque peu de crédit. Peut-être avions?nous trop espéré ? Il chantonne, The System, Stir it up, et soudain se décide.

C?est après un long moment de répétition de sons, qu?il explose et expulse sa passion pour le reggae. Extirpant au maximum le son renversant et saisissant de sa guitare, qu?il n?hésite pas à faire fredonner. Notes endiablées. Des pas comme ceux des shamans qu?il exécute sur les planches. En transe ? Pas totalement. Son charisme ne touche pas autant qu?on l?aurait cru. Mais Julian communique plutôt une sensibilité poussée à l?extrême. Il retient l?attention et ne tâtonne plus quand il s?agit de reprendre les chansons de son père. Mythe incrusté dans la réalité. Julian sur les traces de celui qui est à la tête du mouvement Jah.

Pas une fausse note. Son timbre de voix séduit. Le public, toujours timide, ose se déhancher quand la tentation devient trop forte. Ils n?étaient pas nombreux les spectateurs. La chasse au joint aussi était bien gardée. Les policiers se sont passé le mot et se sont postés en nombre devant la porte principale, dans la cour, aux côtés des artistes. La fumée n?était pas au rendez-vous. Car l?attention se posait seulement sur ce mythique fils de la Jamaïque, venu rien que pour les Mauriciens. Malgré tout, Julian nous a quand même gratifiés d?un concert pâle par moments, mais tout à fait historique?

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