Publicité
Un incendie détruit trois maisons
?Nou pankor kone kot nou pou dormi.? C?est d?une voix nouée que Faviola Perrine, 22 ans lance cette phrase. Samedi après-midi, la maison de cette jeune mère de deux enfants, qui tient son bébé de trois mois dans ses bras, a été complètement ravagée par un violent incendie. Tout comme celles de deux autres familles, les Oozeer et les Empeigne, sises à Cité Longère à Baie-du-Tombeau.
De leurs trois maisonnettes, il n?en reste que des débris calcinés sous un amas de feuilles de tôles. C?est un spectacle de désolation qui fait mal aux yeux alors que des enfants, inconscients du drame qui les touche, jouent dans la cour. Les mères de famille essayent, elles, de trouver quelques vêtements qui pourraient être utilisés mais en vain.
Samedi 13 h 30 : un incendie éclate dans la maison de la famille Oozeer. L?attention des femmes, qui habitent alentour, est attirée par la fumée. Après s?être rendues compte de ce qui se passe, elles accourent à toute vitesse.
Faviola Perrine a tout juste le temps de sauver son fils de trois ans qui dort dans son berceau. Dans les instants qui suivent, trois maisons sont prises d?assaut par les flammes. Avec l?aide des voisins, les femmes tentent de circonscrire l?incendie. Mais leurs tentatives d?éteindre le feu avec des seaux d?eau sont malheureusement vaines.
L?intensité des flammes est d?une telle violence que le compteur du Central Electricity Board se retrouve carbonisé. Le feu, parcourant des fils électriques, a vite fait de gagner la rangée de maisons en face des maisons sinistrées.
Au moment de l?incendie, Shamira Oozeer et son compagnon étaient absents. L?épouse de Curtis Empeigne, qui se trouve à Rodrigues, était partie en visite chez des proches. Le couple Perrine partageait leur maison avec une proche, Noëlla Perrine, 18 ans, son époux et leur fille de trois ans ainsi que les Louis qui ont deux fils âgés de huit et un an.
Alertée, la police de Baie-du-Tombeau débarque sur les lieux, suivie des sapeurs-pompiers de la capitale. Ils tentent d?éviter le pire mais les flammes dévastatrices ont le dessus.
<B>Colère et révolte</B>
Les 36 familles qui habitent la Cité Longère, qui n?a en tout et pour tout qu?un seul robinet pour l?approvisionnement en eau, ne cachent pas leur colère voire, leur révolte. ?Sa landrwa la ti sipoze tanporer pour dezan sa me sa fer sizan ki nou pe res la?, confie Johanne Bavastro.
En début de soirée samedi, les sinistrés, qui ne savent pas où dormir, se rendent au poste de police de la localité dans l?espoir d?avoir l?autorisation de passer la nuit dans le centre de refuge de Baie-du-Tombeau. Ils sont priés de patienter car il faut obtenir l?autorisation de leur supérieur.
Les victimes, accompagnées de leurs enfants en bas âges, vont attendre deux heures, soit entre 19 et 21 heures. ?Manyer kinn fer ar nou, nou pa finn gaygn enn tretman kouma dimoun?, disent bon nombre d?entre les sinistrés.
Au final, c?est grâce à la générosité des voisins et du service d?entraide que ces familles ont pu avoir un toit pour dormir et quelque chose à boire et à manger hier. D?autres voisins ont aidé à trouver des vêtements pour enfants et adultes.
Une enquête policière est en cours pour identifier les circonstances exactes de ce sinistre. Des éléments du Scene of Crime Office se sont rendus sur le lieu pour collecter des indices, tandis que ceux du Forensic Science Laboratory, ont fait des prélèvements.
Ce matin, les victimes comptent solliciter l?intervention du ministère de la Sécurité sociale pour trouver un endroit où habiter et de quoi vivre.
Publicité
Publicité
Les plus récents