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Un hymne à Maurice

29 août 2003, 20:00

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Le spectacle qui s?est déroulé hier soir sur les cinq podiums installés dans le superbe décor du stade Anjalay a été un véritable hymne à la nation. Au-delà de la prouesse que représente l?ambitieux pari de mettre en scène

1 500 figurants, le réalisateur Jean-Pierre d?Argent, a su, au fil des tableaux, rappeler l?extraordinaire destin de notre île. Son environnement physique a beau être fragile, son histoire mouvementée, mais la solidité de ce pays est garantie par le miracle de l?harmonie sociale.

Du reste, le mouvement harmonieux des corps, la beauté des gestes, la magie de la pyrotechnie ont offert hier aux spectateurs des moments de rêve et de pure émotion. Ce fut autant un ravissement pour les yeux qu?une fresque exhortant au patriotisme.

Faire évoluer des danseurs par centaines, sur une scène immense, parmi les effets spéciaux, les jeux de lumière et les feux d?artifice tenait de l?aventure. Le pari est réussi. Si l?organisation des Jeux est tout autant minutieusement réglée, ces prochains dix jours, cela va sans doute renforcer la confiance que nous avons dans nos propres capacités.

L?originalité du spectacle d?hier demeure le fait qu?il ne s?est pas encombré des exigences du dosage imposé par la sociologie du pays. Il y a eu une unité dans la représentation au stade Anjalay qui contraste avec le manque de cohérence des «composite shows» classiques. Cette rupture est le symbole de l?île Maurice moderne.

C?est un pays décomplexé qui sait apprécier le beau sans éprouver le délire paranoïaque que telle ou telle culture est menacée.

Jean-Pierre d?Argent aurait pu réunir quelques groupes disparates pour produire un spectacle découpé en tranches dont les durées auraient été calculées en fonction de la configuration ethnique du pays. Il a évité ce travers pour réaliser un spectacle qui procure une grande satisfaction esthétique.

De plus, l?esprit des Jeux est respecté car la mascotte choisie par les organisateurs, le dauphin Momo, très présent hier, est un animal qui aime vivre en communauté. Il symbolise à la fois la force de l?harmonie sociale ainsi que la nécessité de préserver l?environnement.

Si le public a été vibrant d?émotion tout le long du spectacle, il a néanmoins frissonné le plus au moment où les derniers relayeurs de la flamme, Josiane Nairac Boullé et Richard Sunnee, ont embrasé la vasque des Jeux sur une musique entraînante du jeune compositeur prodige, Kabir Gobin. Ce tableau a conquis l?imagination de la foule et était le point d?orgue de la cérémonie d?ouverture.

L?ambiance au stade était magique à tel point que les minutes de flottement qui ont précédé l?arrivée des artistes ou le manque de punch du tableau final n?a pas tellement pesé sur la ferveur populaire.

Pendant les dix jours à venir, la nation aura l?occasion de communier dans le même idéal de patriotisme et d?unité qui a inspiré le show d?hier.

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