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Un fonds d?investissement pour la communauté des pêcheurs

15 août 2006, 20:00

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Le Fishermen Investment Trust (FIT) est à un pas de la réalité, celui du vote à l?Assemblée nationale. L?ébauche du texte de loi aboutissant à la création du trust a été approuvée au Conseil des ministres. Calquée sur le Sugar Investment Trust (SIT), la création de cet organisme s?inscrit dans le processus de démocratisation de l?économie.

Le nouveau trust investira dans la pêche en haute mer, la transformation, la commercialisation et les sous-secteurs associés. Ce projet tombe à point nommé, à un moment où le seafood hub prend de l?essor. Les revenus annuels sont de Rs 5 milliards. Et l?objectif avoué est de doubler ce montant en trois ans. Déjà, quelque 5 000 personnes y trouvent emploi.

En concret, le nouveau FIT possédera des vaisseaux pour pêcher en haute mer avec la main-d??uvre qualifiée. Qui plus est, le trust pourra acquérir des parts, directement ou indirectement, au sein d?entreprises engagées dans le secteur. Aucune compagnie n?a été citée jusqu?ici.

Pour les besoins de ce projet, l?État avait sollicité l?assistance technique de l?Organisation pour l?alimentation et de l?agriculture pour établir un plan de travail. Ce document, soumis au ministère de l?Agro-industrie, met en exergue, entre autres, l?organisation, la gestion, les opérations, le financement, le recrutement des pêcheurs de même que le marketing. Des discussions ont été entamées avec les partenaires du secteur opérant sur les bancs et engagés dans les poissons frigorifiés. Un exercice similaire sera entrepris avec les pêcheurs.

Pendant la première année, le FIT fera l?acquisition de quatre bateaux de pêche hauturière, trois de 15 mètres et un de 27 mètres, disposant d?un compartiment de congélation. Les investissements seront de Rs 60 millions. Au rythme annuel de deux nouvelles embarcations, le FIT disposera de dix vaisseaux.

De multiples sources de financement ont été cernées pour que le trust puisse démarrer. Des sources proches du projet font mention du fonds européen suite à un accord conclu entre Maurice et l?Union européenne, l?Empowerment Fund, des emprunts bancaires et les revenus de permis octroyés à des vaisseaux étrangers, avec l?approbation de l?État.

Le texte de loi relatif a été préparé avec le soutien de la Commission sur la démocratisation de l?économie. Tout comme le SIT, le trust mettra en vente des parts à tous les employés enregistrés dans le secteur artisanal, semi-industriel et sur les bancs.

Aussitôt la compagnie privée enregistrée, la première tâche sera de répartir les actions à ces futurs partenaires. Selon le plan établi au niveau de l?Agro-industrie, les banques commerciales aussi bien que les institutions étatiques telles que les banques de développement et des coopératives, seront appelées à octroyer des emprunts aux pêcheurs pour qu?ils achètent ces parts.

Le plan circulé au gouvernement mentionne également des zones de pêche réservées exclusivement au FIT, dont les prises généreraient

Rs 100 millions. On retrouve, à cet effet, le lagon de St-Brandon. La compagnie Raphaël Fishing, qui pêchait dans ces eaux, sera invitée à cesser ses activités afin que le FIT puisse opérer sans conflit. La finalité sera que le FIT pêche un millier de tonnes, dont 600 à St-Brandon et 400 des bancs de Nazareth et de Saya de Malha. Pour ces activités, entre 100 et 150 personnes seront recrutées, sur la base d?expérience et de performances précédentes.

Toutes ces activités seront gérées par le chief executive officer et le conseil d?administration. Ce board sera composé de sept membres : trois de la communauté des pêcheurs (dont un de Rodrigues), un représentant du ministère des Finances, et de l?Agro-industrie, un membre de l?Outer Island Development Corporation et deux personnes ayant une vaste expérience dans le domaine de la pêche.

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