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Un ferry made in Mauritius prêt pour ses croisières

1 avril 2006, 00:00

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par Alain BARBÉ

Le savoir-faire mauricien dans la construction de bateaux est chose faite. Le ferry mauricien construit par un partena-riat Diogene Marine et Taylor Smith Co Ltd pour des croisières de luxe et des balades en mer sortira de chantier en mai.

Patrick Bouick, directeur de Diego Cruise, avait confié à ce partenariat la construction du ferry. Et selon lui, les premières croisières en mer autour de Maurice vont se faire en août. Les croisières jusqu?à St.-Brandon commenceront pour leur part en octobre. Outre les ba-lades autour des îles de Maurice, la Réunion et Rodrigues figurent aussi sur la liste des destinations proposées par Diego Cruise.

« C?est un produit up-market. Des tour-opérateurs nous ont déjà contactés pour l?organisation des croisières. Nous allons bientôt commencer les discussions pour voir comment bien market le produit », explique Patrick Bouick.

Le ferry, long de 23 mètres, pourra transporter 16 personnes, y compris le pilote et son assistant pour une balade.

Pour les croisières jusqu?à St.-Brandon, par exemple, il pourra transporter huit personnes. L?affrètement du bateau par jour coûtera de 2 000 dollars (Rs 40 000) à 3 000 dollars (Rs 60 000).

Le bateau mettra huit heures pour rallier St.-Brandon contre 18 à 22 heures pour d?autres navires. Entre autres équipements, le ferry est doté de deux moteurs de 1 000 chevaux chacun, d?une caméra thermique et d?une caméra infrarouge.

Détecteur de chaleur

« C?est très important d?être doté d?un détecteur de chaleur afin d?avoir un minimum de risque de collision avec un obstacle. La caméra thermale pourra détecter quelque chose, un obstacle, à trois cents mètres dans l?eau », estime Réginald de Baritault, directeur de Diogene Marine.

La construction du bateau au coût de Rs 40 millions a duré 13 mois. Au total 22 personnes, dont trois Néo-Zélandais y ont été engagées. Les premiers essais en mer sont prévus pour mai.

«L?idée de construire le ferry remonte à 1995 quand on voulait trouver un bateau rapide qui pouvait transporter des passagers entre Maurice et la Réunion. Initialement, l?idée n?était pas de construire, mais seulement de trouver une solution lorsque la mer est mauvaise», confie Réginald de Baritault. «Mais toutes les sociétés que nous avons contactées nous ont dit qu?il était impossible d?avoir un ferry qui se déplace à une vitesse de 35 noeuds. En même temps, on voulait rendre le transport des passagers aussi confortable que possible, sans compter qu?il fallait que le bateau ait l?autonomie en carburant pour le trajet Maurice-St.-Brandon.»

Face aux difficultés, Diogene Marine ne baisse pas les bras. Elle finit par trouver un architecte, qui a contacté un ingénieur afin de trouver une solution. Ils travailleront plus de cinq ans sur le concept.

En 2001, Diogene Marine parvient à mobiliser les ressources financières pour construire un prototype de 6 m 50. La construction se fait en Nouvelle-Zélande. Les tests en laboratoire et en mer certifient que c?est un bateau très stable dans n?importe quel type de mer.

«A partir de là, nous avons fait le tour du monde, en l?Australie, aux Etats-Unis, en Angleterre, pour essayer de trouver un client pour un modèle proposé. En fin de compte, c?est un client mauricien, Diego Cruise, qui s?intéresse à notre projet.» L?équipe est certainement fière d?avoir pu construire un «bateau unique au monde».

«Le client, ajoute Réginald de Baritault, nous demande de préparer quelque chose et nous arrivons avec un bateau de luxe de 23 mètres de long, qui allie confort, vitesse et autonomie en carburant. Tout ce que le client demande est dans notre cahier de charges. La construction est solide et légère en même temps pour pouvoir passer dans des vagues à une vitesse de 35 noeuds dans des creux de trois mètres.»

Après sa participation à une exposition à Dubayy à la mi- mars, Diogene Marine a obtenu des contrats pour la construction de quatre bateaux du même type, mais de plus petite dimension, soit de 7 m 50 de long.

«C?est un bon pas franchi. Nous sommes sûrs que d?autres contrats, actuellement en discussion, vont suivre dans les prochains mois», se réjouit Réginald de Baritault.

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