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Un Espagnol de 16 ans, premier condamné
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Un Espagnol de 16 ans, premier condamné
Le premier procès d?un des inculpés des attentats du 11 mars à Madrid, qui ont fait 191 morts et plus de 1 500 blessés, s?est ouvert le 16 novembre et n?aura duré que vingt minutes. Le prévenu, un Espagnol de 16 ans, était accusé d?avoir transporté en autocar un sac contenant 15 à 20 kg de dynamite Goma 2 eco, depuis les Asturies où l?explosif avait été volé, jusqu?à Madrid.
Il a remis ce sac à Jamal Ahmidan, considéré comme le chef logistique des terroristes, qui s?est suicidé avec six autres personnes, le 3 avril, à Leganes, dans la banlieue de Madrid.
Détenu depuis le 15 juin, le jeune homme avait confié le lendemain au juge des mineurs que le sac lui avait été remis contre une somme d?un peu plus de 1 000 euros par Emilio Suarez Trashorras, un ex-mineur au chômage, détenu depuis le 23 mars et soupçonné du vol de la dynamite.
En raison de la loi de protection des mineurs, on ne connaît que les initiales du garçon, G.M.V., et ses surnoms : « El Gitanillo » le petit gitan, « El Guaje », le jeune gars ou encore « Gabi » ou « Bamb ». Il a comparu à côté de sa mère ? son père est en prison ?, dissimulé par un paravent et protégé du public, parmi lequel des victimes ou des parents de victimes du 11 mars, par une paroi de verre blindé.
Lorsque la procureure lui a demandé s?il reconnaissait les faits qui lui étaient reprochés et s?il acceptait une peine de six ans d?internement dans un centre de mineurs, suivie de cinq ans en liberté surveillée, il a simplement répondu « oui », ce qui a mis fin au procès qui devait durer trois jours.
La procureure avait accepté de ramener la peine à six ans au lieu de huit après avoir écouté les arguments de l?équipe technique du centre pour mineurs où G.M.V. est incarcéré.
Au-delà de l?âge de 23 ans, les délinquants poursuivent leur peine dans une prison normale et la directrice du centre de détention a expliqué que cela pourrait nuire à sa réinsertion.
<B>Les confidences d?un indicateur</B>
Les procès des 18 autres personnes actuellement en prison ne commenceront pas avant 2005. Le juge Juan del Olmo, chargé de l?instruction des attentats du 11 mars, espère boucler son enquête pour l?anniversaire des attentats.
Une nouvelle comparution d?Emilio Suarez Trashorras devant le juge del Olmo a déjà eu lieu. Quelques jours plus tôt, le journal El Mundo avait révélé l?existence d?une bande magnétique qui apporte de nouveaux éléments sur son implication et celle de son beau-frère, Antonio Toro, dans la vente des explosifs. Il s?agit des confidences d?un indicateur de police, Francisco Javier Lavandero, dit aussi le « Serpent », recueillies par un garde civil. Selon lui, Antonio Toro et Emilio Suarez Trashorras cherchaient, dès 2001, des acheteurs pour 400 kg de dynamite et une personne qui pourrait leur apprendre comment fabriquer des bombes avec des téléphones mobiles, le système utilisé le 11 mars.
L?ancien chef de la Garde civile des Asturies, le général Pedro Laguna Palacios, avait expliqué devant la commission d?enquête parlementaire sur les attentats qu?une opération lancée contre le trafic d?explosifs avait échoué en 2001, par la faute du même indicateur de police. De nouveau, en 2003, une opération n?avait donné aucun résultat.
<B> @ 2 004 Le Monde ? Martine Silber
Distribué par The New York
Times Syndicate</B>
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