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Un détenu cerveau d?un réseau de faussaires ?

4 décembre 2006, 00:00

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Il était recherché dans pas moins de dix affaires allant de cas d?escroquerie aux détournements de fonds et d?émission de chèques sans provision. Très connu des services de police, cet entrepreneur, actuellement emprisonné à Grande-Rivière-Nord-Ouest, était impliqué dans des projets hôteliers, et récemment, dans un important développement immobilier, à Grand-Baie, réalisé au coût de plusieurs millions. Aujourd?hui, il est désigné comme étant au centre d?un réseau de trafiquants de faux chèques.

Un premier suspect, arrêté, s?est finalement mis à table et a donné les noms des membres de cette bande organisée. Jusqu?ici, la police a pu établir que le montant des paiements effectués sur la base des faux chèques s?élève à Rs 660 000.

Étant donné la tournure que prend l?enquête, la police soupçonne que la fraude est plus importante. Elle n?écarte pas la possibilité que le présumé cerveau ait, à un moment, donné des instructions de sa cellule. Elle veut désormais sa version.

Les faits remontent au mois d?octobre lorsque des commerçants, munis de leurs chèques sont étonnés d?apprendre par la State Bank of Mauritius (SBM) que ce sont des faux. D?autres sont ensuite avisés que leurs versements ne peuvent être honorés pour la même raison.

Identifié par la caméra de surveillance

Un responsable de la SBM consigne alors une plainte au CCID : celle-ci se serait retrouvée avec 17 chèques contrefaits portant une fausse signature et un faux nom. Portant chacun un numéro inexistant, ces chèques présenteraient de grandes similitudes avec les chèques authentiques de cette banque. Ce détail surprend les enquêteurs car pour arriver à imiter ces chèques avec autant de précision, les faussaires ont certainement eu recours à un matériel très sophistiqué. Les chèques sont retenus par la police comme pièces à conviction.

Débute alors un travail de fourmi pour les limiers du CCID. Les hommes du chef inspecteur Mootoosamy Ramasawmy s?attachent à remonter la piste qui les mènera vers les auteurs de l?arnaque. Un premier suspect est arrêté, le 6 novembre : Jean Ludovic Coiffic, un carreleur de 22 ans, est soupçonné d?avoir payé divers produits, dans plusieurs centres commerciaux, avec des chèques falsifiés. Il a été identifié par une caméra de surveillance.

L?homme est inculpé devant le tribunal de troisième instance de la cour de Port-Louis pour faux et usage de documents bancaires falsifiés. Interrogé par le CCID, en présence de son avocate, Me Nushumi Balgobin, il nie dans un premier temps mais sera identifié par sept des huit commerçants. Le suspect s?était rendu dans un bureau de change pour une transaction de Rs 90 000 en devises. Confronté, il se met à table et balance les noms de ses acolytes.

Vendredi, un deuxième suspect est arrêté. Il s?agit de Noor Goolamhossen, un habitant de Mesnil de 26 ans. Importateur de portables et d?accessoires de cellulaires, il aurait, lui, fait usage d?un faux chèque de Rs 110 000. En effet, le chèque n?avait pas été honoré par la banque après que celle-ci s?était aperçue qu?il n?était pas en règle.

Dans sa déposition, consignée vendredi en présence de son avocat, Me Assad Peeroo, le suspect déclare que c?est un individu du nom de R. J. qui lui a remis le chèque pour régler la note d?une livraison de portables et d?accessoires pour portables. R.J. s?est avéré être un faux nom. Ce à quoi le suspect rétorque que l?individu lui a présenté une fausse pièce d?identité. En guise de conclusion, il dira être une victime dans cette affaire.

Il a pourtant été formellement identifié par le suspect Jean Ludovic Coiffic. Les faux chèques ont servi à l?achat de pots de peinture, de cartes prépayées, de pièces de voitures et de bijoux, entre autres. Noor Goolamhossen a été inculpé, vendredi, devant le tribunal de troisième instance de la cour de Port Louis. Il a été reconduit en cellule. Il a été incriminé par Jean Ludovic Coiffic qui allègue que c?est Noor Goolamhossen qui lui a dit de se procurer une fausse pièce d?identité pour toucher les Rs 90 000 en devises. Toujours à l?aide d?un faux chèque remis par le suspect, il aurait acheté trois portables dans un hypermarché. L?enquête est en cours et pourrait se révéler de longue haleine.

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