Publicité
Un cyclone raté? (1)
<B>EST
Gula ne laisse aucune trace</B>
Alors que les autobus filaient à vive allure vers Port-Louis avec à leur bord des passagers pas vraiment réveillés et pour la plupart mécontents, ce jeudi matin, Venita Appadoo profitait de cette «journée en famille inattendue» pour faire une halte à la plage de Roches-Noires. «Nous allons chez ma belle-mère à Poudre-d?Or Hamlet et en passant, nous avons vu ces vagues impressionnantes. Nous nous sommes arrêtés.» Pas pour nager. Juste pour «admirer les vagues de loin». Et par la même occasion, déguster une glace. Venita, femme au foyer, explique qu?à Cottage, où vit la famille Appadoo, il faisait beau hier matin. Tellement que lorsque la station météorologique de Vacoas a décidé d?enlever toute alerte cyclonique, cela ne l?a pas étonnée outre mesure. «Li pa ti paret enn letan siklonn ditou.» Son époux étant enseignant au primaire, il a eu droit à un jour de congé.
Asha Beelur n?a pas eu la même «chance». Sa s?ur Asrah raconte : «D?habitude, elle se réveille à 5 h 30 mais ce matin, pensant qu?elle n?aurait pas à se rendre à son travail, elle a dormi jusqu?à 8 h 30. Elle s?est réveillée juste à temps pour prendre l?appel de son employeur.» Agacée, et même un peu en colère, selon sa s?ur, elle est quand même allée travailler. Direction Ph?nix pendant que sa jeune s?ur Asrah, élève en
Form V, profitait de cette journée pour paresser à la maison. Chez les Beelur, à Flacq, comme à peu près partout dans l?Est, pas de dégâts. Pas de maisons inondées ou de rivières en crue. «D?habitude, en temps de cyclone, lorsqu?il y a beaucoup de pluie, la rivière déborde. Pas cette fois-ci», explique Asrah.
Fort heureusement, le «karo» de légumes de la famille n?a pas subi de dégâts. Harryduth Dassarath, lui, assure qu?il n?a pas eu peur pour ses légumes. «L?année dernière nous avions tout perdu après le passage du cyclone Gamède mais cette fois-ci, je n?avais pas d?appréhension.» Pas de crainte de fortes rafales ou de grosses pluies. Et pourtant, hier matin, à peine l?alerte III enlevée, Harryduth Dassarath était à Belle-Mare afin de vérifier qu?il n?y avait pas de «petit problème dans sa plantation» de «bringel» et de «piman». Harryduth dit malgré tout craindre «sa dilo lamer ki divan la ine amene. Li kapav brile bane bringel la». Pour le planteur, il faudra attendre encore deux semaines avant d?être fixé sur le sort que les faibles rafales de Gula auront réservé à sa plantation.
Si, dans les villages de l?Est, hier, la plupart des commerces étaient fermés en début d?après-midi, Gula n?y était pour rien. C?est que le jeudi, c?est toujours le cas. La vie avait repris son cours normal. Gula n?était plus qu?un souvenir. Celui d?un «cyclone raté».
Valérie OLLA</B>
<B>OUEST
Le retrait de l?alerte III mal vécu</B>
Sangeeta Boodhoo et Seeta Gooljar ont eu très peur mercredi dès qu?elles ont appris que Gula risquait de faire beaucoup des dégâts. Ces deux mères de famille habitent à Rivière-des-Galets, où de grosses vagues ont déferlé dans la nuit du 12 au 13 mai dernier. «Nou pas finn dormi ditou. Nou ti per ki vag monte ek fer gran dega. Me eresman narien pa finn arive e siklon finn ale vit», se réjouit Sangeeta.
A Pointe-aux-Sables, c?était la panique lorsque la météo a enlevé l?alerte III, de courte durée.
Les employés qui devaient se rendre au travail ont eu la désagréable surprise de constater qu?il y avait beaucoup de monde à l?arrêt d?autobus en face du poste de police. «J?étais très stressé. j?ai dû me préparer en toute hâte. Arrivant sur l?arrêt d?autobus, j?ai attendu trois quarts d?heure avant qu?un bus arrive», témoigne Micheline, employée dans une entreprise de la capitale.
Sur la plage de Tamarin, il y a de l?ambiance, même s?il pleut quelques gouttes. Un groupe de jeunes prend un malin plaisir à contrer les grosses vagues qui auraient pu les mettre en difficulté. «Nous sommes habitués. Nous venons nager après le passage de chaque cyclone !», s?exclament-ils. Et que pensent-ils des avertissements de la météo qui conseille de ne pas sortir en mer ? «Nou pran zot au serie. Me met klas 3 gramatin et tir li enn ti momen apre, zot destabiliz lavi tou dimoun», commente Jean-Karl, un enseignant qui se trouvait également dans l?eau.
La décision d?enlever l?alerte III moins de cinq heures après a été fortement ressentie par cette femme qui avait un pressant besoin d?utiliser les toilettes sur la plage de Tamarin. «Les employés qui s?occupent des toilettes n?ont pu se rendre au travail. C?est pour cette raison que vous ne pouvez pas y avoir accès», lui explique une employée d?un service de voirie qui ramassait des feuilles sèches sur la plage.
Très en colère, la jeune femme a dû courir vers un supermarché. «Voilà un peu les répercussions. Imaginez les problèmes que cela a occasionnés dans les secteurs clés», s?insurge-t-elle.
L?annonce pour la reprise du travail n?a pas réjoui cette mère de famille qui habite Bambous. Elle doit déposer son fils dans une crèche avant de se rendre au travail. «C?est la pagaille. Je ne savais plus où mettre la tête. C?est ridicule cette décision pour un service météorologique qui a recours aux nouvelles technologies pour faire son travail», dit-elle, très en colère.
<B>Jocelyn ROSE</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents