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Un capitaine taïwanais massacré au couteau
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Un capitaine taïwanais massacré au couteau
Les crimes entre marins-pêcheurs du Sud-Est asiatique n?en finissent pas de choquer. Et la bestialité des assassins donne des sueurs froides. Cette semaine, le cas de ce capitaine taïwanais tué par deux membres de son équipage ne déroge pas à la règle. Dans la nuit du 10 au 11 novembre dernier, le chalutier Bahari Kencana No. 68 croise dans les eaux de la zone économique exclusive de Maurice. C?est une campagne de pêche comme une autre pour ce navire qui mouille souvent à Port-Louis.
Mais l?expédition tourne court vers 8 heures, le matin du jeudi 11 novem-bre, quand le cadavre ensanglanté du capitaine Hung Tsau Hui est découvert. Tout indique que c?est un meur-tre. L?homme de 49 ans a été égorgé, comme une bête à l?abattoir, dans sa propre cabine. Son corps porte également de multiples blessures.
Les autorités mauriciennes sont aussitôt alertées et le bateau met le cap sur Maurice. Cinq jours plus tard, soit mardi dernier, il accoste à Trou-Fanfaron. Le cadavre, conservé dans une des chambres froides, est remis à la police.
Pour le médecin légiste Amah Charrya Gujjalu, la victime a été frappée une vingtaine de fois avec une arme pointue, probablement un couteau. Le coup fatal lui a été porté au cou, sectionnant la carotide et la trachée. Deux marins chinois soupçonnés du crime, Zao Kun Lin, 28 ans et Zao Ming Ku, 31 ans, sont alors dénoncés par deux de leurs collègues philippins.
<B>Rossé devant tout le monde</B>
D?après les témoins ? les seuls à être venus de l?avant sur les vingt-quatre membres de l?équipage d?origine chinoise, indonésienne, philippine et vietnamienne ? les deux suspects avaient suffisamment de motifs pour en vouloir au capitaine Hung Tsau Hui, le seul taïwanais à bord. Quelques jours avant le drame, Zao Ming Ku avait été roué de coups de pied par le capitaine. Ce dernier l?avait découvert endormi alors qu?il était censé être de garde.
Zao Ming Ku n?aurait pas apprécié d?avoir été rossé au vu et au su de tout le monde. Pour les témoins philippins, les deux hommes ont dû faire le coup, car ils travaillaient le soir du crime. Ils seraient également de mèche car ils viennent de la même province. La brigade criminelle du port, dirigée par l?inspecteur Hemant Ramlogun, a eu toutes les peines du monde pour interroger les deux suspects car elle n?a pu mettre la main sur un interprète.
<B>Une lame pour étriper</B>
Ce n?est que vendredi, soit 48 heures après l?arrivée du chalutier, qu?elle a pu écouter la version d?un des suspects grâce au journaliste Poon Yow Tse, qui s?est porté volontaire avec l?aide d?un collègue travaillant au sein de son hebdomadaire chinois. Zao Ming Ku déclare, quant à lui, qu?il n?a rien à faire avec ce crime et nie avoir tué le capitaine. Son ami sera interrogé demain.
Jusqu?ici la police n?a rien de concret contre les deux marins-pêcheurs, si ce n?est le témoignage des deux Philippins. Les autres membres d?équipage disent ne rien savoir de cette sombre affaire.
Les enquêteurs ont toutefois mis la main sur un couteau utilisé pour étriper les poissons. Il a été envoyé au Forensic Science Laboratory pour analyses, car il portait des traces de sang. Reste maintenant à savoir si c?est le sang de la victime ou celui des prises.
Le Bahari Kencana No. 68, représenté à Maurice par l?agence Lee First Marine, devra rester à quai en attendant la fin de l?enquête policière.
Vendredi, les proches du capitaine sont arrivés à Maurice. Hier, ils avaient prévu de faire des prières sur le chalutier avant que le malheureux ne soit incinéré. Ses cendres seront par la suite rapportées à Taïwan.
L?ambassade chinoise a été informée de cette sombre affaire, mais à vendredi elle n?a délégué aucun avocat pour représenter les deux marins-pêcheurs. Pour ce crime qui sort de l?ordinaire ? vingt-huit mois après l?assassinat du capitaine, de l?ingénieur et de deux marins du chalutier Chi Man ? la Major Crime Investigation Team épaule les limiers du port dans l?espoir de voir plus clair dans cette affaire.
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