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Un camion écrase la jambe d?Anazor
Anazor est un patronyme brillant de mille feux au fronton de l?histoire du sport cycliste mauricien. Les hauts faits du campionissimo Gabriel ne s?effaceront pas de sitôt de la mémoire des amoureux de la petite reine. Aussi c?est avec la plus grande consternation et tristesse que l?île Maurice sportive apprend, il y a 25 ans, que la roue d?un camion a écrasé la jambe de ce coureur exceptionnel. Le drame se joue en quelques secondes sur la route reliant Montroches à Bambous et Petite Rivière. Gabriel Anazor raconte ses déboires à ?l?express?. ?Je me rendais sur mon lieu de travail à Bambous. Après le cimetière Saint-Martin, j?aborde le second virage serré précédant un dos d?âne. Un autobus me double soudain mais se rabat immédiatement sur la gauche et ralentit car, en direction opposée, arrive un camion et la chaussée n?a pas la largeur voulue pour permettre le croisement de deux poids lourds roulant trop vite. Je freine de toutes mes forces au point de briser le câble de mon frein avant. Je chute et me retrouve sur la chaussée. C?est alors que la roue avant du camion passe sur ma jambe droite. J?ai heureusement le réflexe de replier ma jambe et de lui éviter d?être également écrasée par les roues arrière du véhicule?.
Un bon Samaritain, motorisé de surcroît, conduit notre champion cycliste à la police puis à l?hôpital. Son genou et son tibia enfle démesurément. La nouvelle de son accident met en émoi ses collègues et employeurs, de la ?Building and Engineering Co. Ltd?, avant de jeter le désarroi dans le monde sportif. Ses amis s?arrangeront par la suite pour le transférer en clinique afin qu?il puisse passer sa convalescence en des conditions plus agréables. Vingt-cinq ans après, les émules de Gabriel Anazor n?ont pas plus de chance car ils doivent s?entraîner sur des routes davantage encombrées de véhicules de toutes sortes et peu disposés à céder un pouce de terrain aux cyclistes et aux motocyclistes.
Gabriel Anazor n?est pas la seule victime d?un fait divers regrettable en ce début de juillet 1980. Un employé de la ?Soap and Allied Industries Limited? (SAIL), M. J. Diolle, ne survivra pas aux brûlures contractées par lui lors d?une explosion à l?usine de Plaine Lauzun. Une tonne et demie de savon liquide brûlant se répand alors dans une salle où se trouve M. Diolle. Deux collègues parviennent heureusement à s?en aller avant d?être atteints par le savon en ébullition.
Les habitants de Clémencia, non plus, ne se remettent pas d?une grande frayeur, causée par l?éboulement d?un pan de la montagne Blanche. La peur est d?autant plus grande, dans cette localité flacquoise, que la télévision montre des images d?un éboulement encore plus important, survenu à la Réunion, et ayant causé la mort de trois personnes. Pas de victime, heureusement, à Clémencia, mais des tonnes de pierres et de terre jonchent à présent plusieurs plantations de cannes et de légumes et rendent inutilisables les chemins de terre qui y conduisent. Les habitants s?interrogent sur les facilités accordées à des particuliers pour cultiver et même pour y construire et résider à flanc de montagne. Cela, à leur avis, favorise l?érosion et d?éventuels éboulements.
Ces commentaires villageois renvoient directement à certaines actions civiques dont la presse se fait l?écho en ce début de juillet 1980. ?L?express? parle ainsi d?un ?Groupe de Gais Mauriciens?, ayant le courage d?encourager les Curepipiens à se montrer plus rigoureux et plus disciplinés en ce qui concerne le nettoyage et l?assainissement de leur ville. Ils sont une centaine de jeunes des deux sexes, armés de balais, brosses, paniers, poubelles, s?évertuant à nettoyer des endroits devenus des dépotoirs sauvages. Bien sûr, autour d?eux, ne manquent ni badauds, ni imbéciles, pour ricaner et chercher à ridiculiser leur esprit civique pourtant exemplaire.
Ces ?Gais Mauriciens? déplorent également que rien ou presque n?est fait au niveau scolaire et à différents échelons pour enseigner et rappeler à tous que la propreté doit prévaloir tant à l?intérieur qu?en dehors des maisons.
Heureusement, il existe des jeunes et des moins jeunes, n?ayant pas peur de regarder les choses en face. Ils sont décidés à descendre dans la rue pour donner l?exemple et le témoignage de leurs convictions afin que l?île Maurice redevienne la Perle de l?océan Indien. Parmi eux, ?l?express? donne une place de choix à Madame Andore, de la rue Derby, Curepipe, l?âme des ?uvres sociales de cette ville, plus connue sous le nom de Tantine Taffie. La rencontrer, travailler avec elle c?est s?offrir une tranche de joie et de réconfort.
Et pendant ce temps, le député et ancien ministre de la Solidarité nationale, Lutchmeeparsad Badry, est poursuivi pour outrage à la Cour suprême.
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