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Un bon tresseur de paniers

5 avril 2007, 00:00

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“Depi mo kit lekol mo al dan caro dite. A kos samem mo finn apran fer paniers”. C’est ainsi que Heman Kumar Komul retrace son parcours qui a fait de lui quelqu’un de très connu pour sa dextérité à fabriquer des petits et des grands paniers. Ceux-ci sont utilisés pour la cueillette de thé et par les marchands de légumes pour la vente aux enchères.

Son métier de confectionneur de paniers, raconte Heman, il le doit à Yan, un vieux voisin, à qui il rendait régulièrement visite après ses heures de classe. Il avait dix ans à l’époque. “J’étais très impressionné par la façon dont il manipulait les tiges de bambou. Il les tressait pour fabriquer les paniers”.

Comme il n’est pas porté pour les études, Heman préfère passer son temps à côté des vieux qui cueillent les feuilles de thé à la tâche. “Mo ti contan observ zot avec zot panier lors zot ledos”. Et alors il commence à s’habituer à cet environnement et finit par découvrir qu’il peut gagner facilement sa vie en fabriquant des paniers.

Comme Yan son ancien guru, il va marcher le long des rivières qui se trouve dans son village à Bois-Chéri et couper les bambous de son choix.

“Contrairement aux paniers fabriqués en osier, Il faut faire le tri. Autrement vous risquez d’avoir beaucoup de difficultés quand le bambou aura sécher”.

Des bambous qu’ils préparent en une journée seulement. A force de persévérer, ce père de famille ne tarde pas à récolter les fruits de ses efforts. Des commandes commencent à pleuvoir venant surtout des marchands de légumes de la capitale qui vont régulièrement aux ventes à l’encan.

“Mo pas pran zot cher mais mo travail lors la qualité”, explique Heman.Très satisfait de son travail, des clients vont même jusqu’à lui conseiller de fabriquer des paniers comme objets décoratifs ou pour y exposer des livres, des journaux ou des jouets pour enfants. “Franchement, je n’y avais pas pensé. Je vous assure que je ne vais pas tarder à suivre cette ligne”.Et la relève alors ?

Notre interlocuteur n’y croit pas trop, même si son fils aîné lui donne de temps en temps un coup de main pour qu’il puisse honorer ses engagements envers ses fidèles clients. “Il faut être armé de patience pour faire ce métier”. En attendant, comme le serin du Cap, Heman tisse chaque jour ses bambous pour faire son nid.

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