Publicité

Un bilan léger

8 juin 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Rien ne pouvait troubler le sommeil des responsables politiques de la Fonction publique ces dernières années. En dépit des profondes mutations sur la scène internationale et malgré le fait que la population soit devenue socialement exigeante, il a manqué des idées neuves pour adapter les services publics à la nouvelle donne. On peut se demander alors ce que le ministre Ahmad Jeewah pourrait bien dire à la presse lors d?une rencontre prévue demain pour lancer un magazine sur ses ?réalisations entre septembre 2000 et mai 2005?.

Certes, quelques réformes fondamentales ont été mises en ?uvre depuis l?arrivée au pouvoir de l?alliance MSM-MMM. En particulier deux d?entre elles conditionneront l?avenir du pays de manière significative. Il s?agit de la démocratisation de l?accès à l?éducation et la modernisation de l?industrie sucrière. Mais, sur le dossier de la réforme de l?Etat, les dirigeants ont patiné..

On avait parlé de ?downsizing?, de départ volontaire , d?administration électronique, de promotion sur la base de la performance plutôt que de l?ancienneté, de plus de transparence, etc. En fin de compte, nous sommes restés à la case de départ. Le faible taux de satisfaction des usagers des différents services de l?administration en témoigne. De même, les investisseurs qui se sont engouffrés dans les dédales de nos fameux ?one-stop shop? et qui en sont sortis groggy pourront aussi expliquer combien étouffante la fonction publique peut être. Il y a des exemples connus d?institutions engagées dans la formation ou l?enseignement supérieur privé qui ont plié bagages quand ils ont réalisé à quel point les régulateurs peuvent les enfermer dans un carcan.

La réforme de la fonction publique était effectivement une épreuve difficile dans le contexte politique et sociologique difficile du régime Jugnauth-Bérenger. Il fallait du courage pour faire comprendre ou accepter une telle réforme fondamentale. Si le ministre Jeewah avait la capacité de prendre à bras le corps les dossiers difficiles, comme ses collègues Steeve Obeegadoo et Pravind Jugnauth pour le CPE et le sucre respectivement, il aurait eu des innovations concrètes à présenter lors de l?état des lieux qu?il compte faire demain.

Même quand un ministre, en l?occurrence celui des Finances, a su faire prendre au pays un tournant décisif et instituer le ciblage des prestations sociales, le désordre structurel qui règne dans les services publics a failli faire capoter l?application de la mesure. On se souviendra encore longtemps du cafouillage des fonctionnaires du ministère de la Sécurité sociale qui avait rendu impopulaire la mesure visant à supprimer les pensions des riches pour les redistribuer à ceux qui en ont vraiment besoin.

L?idée novatrice lancée par le Pay Research Bureau pour permettre l?injection de sang neuf dans la haute fonction publique a été détournée. Cet organisme avait recommandé le recrutement d?un ?chief executive officier? (CEO) venant du secteur privé pour diriger certains grands ministères. L?objectif visé était de permettre une synergie qui devait tonifier les structures archaïques des administrations publiques. Le poste de CEO a été créé mais il n?a servi qu?à recycler d?anciens commis de l?Etat ayant rendu de bons et loyaux services?

Même le site-portail du gouvernement qui devait agir d?interface entre le citoyen et les services publics a un fonctionnement cahoteux. Ce n?est pas le seul ?bug? que l?on peut rencontrer au ministère de la Fonction publique?

Publicité