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un 12 marsau son des tambours
Jeudi soir, à la tombée du jour, des avions sillonnent le ciel. A Mahébourg, c?est vrai, c?est plutôt banal d?en apercevoir. Mais là, les avions semblent dessiner, semblent danser entre les premières étoiles de la nuit.
Ce sont les avions de chasse et les hélicoptères de la police et de l?armée qui se préparent au défilé du 12 mars. Lorsque le ciel s?assombrit, ils disparaissent.
On se laisse alors attiré vers le front de mer, par la musique de Menwar et Naden Veerapen. De nombreux habitants du village se baladent, curieux et heureux. En famille, comme les Teepsoo. « Chez nous, c?est la fête depuis une semaine déjà. On ne s?était jamais déplacés à Port Louis pour voir la fête. Il faut dire qu?à Mahébourg, c?est plus joli », dit le fils Neeraj, dans un éclat de rire.
Son père s?empresse de préciser que Neeraj participera à la régate, aujourd?hui. « Si mo gagné, eski mo pou monte lor podium à coté président ? », se demande-t-il ? Il est en tout cas prêt à faire la fête.
Tout au long de la semaine, l?organisation a installé les podiums, gradins, tapis rouges, scènes. Tous les jours, les passants viennent jeter un coup d??il , priant un instant que la pluie ne viennent pas gâcher ce qui s?annonce une magnifique célébration.
« Ben, nous marché vinn guetté », dit Louise Rose, une habitante de Mahébourg. Une de ses amies, Aline Savapaty, commente succinctement « bien zoli, bien gai, bien bon ».
Elles deviennent soudain plus bavardes et expliquent que ce sera leur première participation à une fête telle que celle-là. «Aster, dans mo l?age, mo pou guett enn célébration mauricien. Li bon et faire moi fier sa fete là pé passe dans Mahébourg. Li pou distrair nou ek nou zenfants », poursuit Louise.
Elles se dirigent du côté de la scène, juste pour voir. Là ont lieu les répétitions du spectacle, de la création spéciale 12 mars, réalisée par une pléiade d?artiste. Le texte de base a été écrit par l?écrivain Carl de Souza.
Il y décrit la diversité du monde mauricien, une vision réaliste et moderne que met en mouvement le duo de chorégraphes Patrick Athaw et Mme Mungur, aussi professeur au Mahatma Gandhi Institute.
30 danseurs, deux mois de répétition pour une création originale et moderne. On passe les quatre danses traditionnelles pour laisser place à la danse moderne, la fusion des styles et des références.
« Ca a été une grande aventure, confie Patrick Athaw, tout a été créé, on ne nous a rien imposé. Il ne faut pas prendre le public pour des imbéciles. On propose quelque chose de contemporain mais d?accessible ».
La chorégraphie représentera l?île Maurice d?aujourd?hui, une île moderne, qui vibre au rythme des percussions d?Afrique et d?Orient.
C?est Menwar, roi des percussions, qui accompagne, avec le joueur de tabla Naden Veerapen, la chorégraphie. La musique a été crée à partir de la danse. Tout est millimétré. La musique se met au service du mouvement.
Un peu comme pour Tambours en Liberté, Menwar et Veerapen dialoguent par le biais de djembés, tablas, et autres instruments d?Afrique et d?Asie, instruments modernes et traditionnels.
De ce qui a été visible durant les répétitions, le spectacle à l?air plus qu?intéressant. Original, plein de couleurs et de mouvements, très jeune dans sa conception, le spectacle qui se déroulera juste après les feux d?artifices, en mettra plein les yeux. Et on nous promet des surprises.
<B>Programme</B>
17 heures 30 : Cérémonie du drapeau et protocolaire
18 heures 50 : Feux d?artifices
19 heures : Fête Culturelle
<B>Les artistes</B>
MGI
Groupe Renouvellement Typic Agaléga
Ton Vié
Shree Gajanun Ashram
Groupe Stellio et Andrea
Rashid Peerbaccus
Etoile Rouge de rodrigues
Centre Culturel Chinois
Groupe des Seychelles
Bhojpuri Boys
Krumania Academy
Rasika Dance Academy
Kama Moja
Claudio Veeraragoo
Ottentik Street Brothers et Natir
<B>Questions A Leela Devi Dookun Luchoomun, Ministre des Arts et de la Culture</B>
<B>«On a voulu aller là où l?on n?a jamais fêté l?Indépendance»</B>
<B>Comment se profile la soirée du 12 Mars ? </B>
Bien, nous allons commencer vers 17 heures 15 avec la partie protocolaire, puis avec la fête culturelle et populaire qui durera près de deux heures.
<B>Craignez-vous la météo, qui a souvent joué les trouble-fête lors de grandes célébrations ? </B>
Pour l?instant ça se passe bien. Ce matin il faisait beau mais en me rendant à Mahébourg, sur la route, j?ai vu qu?il pleuvait.
<B>Des installations ont-elles été prévues au cas où le temps ne serait pas à la fête ? </B>
Non, nous n?avons pas prévu de tentes ni de salles vertes, parce que nous n?avons que très peu d?espace. Et si nous mettions une salle verte, trop de gens ne verraient rien du spectacle.
<B>Comment s?est fait le choix de Mahébourg? </B>
On a voulu bouger vers un endroit où on n?a jamais fêté l?indépendance. On est allé plus vers la mer. Mais c?est une décision qui avait été prise avant mon arrivée à ce poste.
<B>Cela change des habituelles commémorations ? </B>
Il y aura l?aspect protocolaire, que les gens veulent voir aussi. Mais on a noté que le déplacement vers Port Louis se faisait de moins en moins. Donc nous avons eu l?idée de faire la fête Nationale dans leurs régions.
<B>Plutôt que les cultures, le spectacle semble rassembler les générations, c?est une nouveauté aussi? Vous mettez les jeunes en avant. </B>
On a voulu faire plaisir à tout le monde et mettre plus d?emphase sur les jeunes, leur donner la parole, leur donner leur chance.La diversité culturelle, c?est quelque chose qui est là, il ne faut pas le rappeler tout le temps. C?est une façon de vivre. Ce que nous voulons avec la fête nationale c?est faire ressurgir le patriotisme. Nous vivons quelque chose d?exceptionnel et il faut faire réfléchir dessus. Avec tous les musiciens, jeunes et moins jeunes, en plus de l?osmose intercultuelle. On a une diversité culturelle mais on met surtout l?accent sur les cultures ancestrales, en oubliant le présent, en oubliant notre mode de vie d?aujourd?hui, notre mode de vie mauricien. Il faut voir ce que l?on fait dans la vie de tous les jours.
<B>Nous parlons beaucoup en ce moment du rôle des femmes dans l?arène politique, vous êtes une femme, ministre de la Culture et en charge de l?organisation des célébrations de la Fête Nationale, Ensam nu Bouzé, c?est aussi un message pour les femmes ? </B>
Certainement. Ce matin (jeudi), à l?occasion de la Journée Mondiale des Femmes, on a lancé le message. C?est qu?il faut bouger.Le système patriarcal a existé et perdurer que parce que les hommes se sont encouragés. C?est cette même complicité qu?il faut entretenir entre nous, les femmes.
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