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Tzipi Livni à la tête de Kadima

21 septembre 2008, 00:00

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L?actuelle ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a été élue mercredi de justesse à la tête du parti Kadima (centre), en remplacement du Premier ministre Ehud Olmert. Tzipi Livni a obtenu 43,1 % des suffrages exprimés contre 42 % pour son concurrent, le ministre des Transports Shaul Mofaz, considéré comme un faucon. Elle remporte donc les élections avec une toute petite avance de 431 voix sur Shaul Mofaz. Pour être élu au premier tour, un des candidat devait obtenir au moins 40 % des suffrages exprimés.

Mercredi soir, les trois chaînes de télévision prévoyaient un avantage de plus de 10 points pour Tzipi Livni. Kadima avait été créé en 2005 par Ariel Sharon. Jeudi, Tzipi Livni a annoncé son intention de créer « au plus vite » un nouveau gouvernement. « Je vais commencer dès demain à rencontrer les représentants des autres formations à la Knesset (Parlement) pour former au plus vite une nouvelle coalition face aux graves défis » auxquels Israël fait face, a-t-elle déclaré.

Tzipi Livni s?assure ainsi la première étape vers le pouvoir, en prenant la direction du parti majoritaire à la place d?Ehud Olmert, contraint à la démission pour des affaires de corruption. Mais elle n?est toutefois pas assurée d?une nomination automatique au poste de Premier ministre à la place d?Ehud Olmert, qui a annoncé son intention de démissionner après l?élection de son successeur à la direction du parti. Ehud Olmert restera toutefois à la tête d?un gouvernement de transition, le temps qu?un nouveau cabinet soit formé.

Selon la législation israélienne, Tzipi Livni doit être désignée par le président Shimon Peres dans les sept prochains jours. Entre-temps, elle doit mobiliser une majorité parlementaire et constituer un gouvernement. Elle dispose d?un délai de 42 jours, faute de quoi des élections anticipées pourraient avoir lieu dans les 90 jours. Tzipi Livni, qui se présente comme « Mme Propre », a promis de donner un nouveau souffle à un parti frappé par une série de scandales de corruption à sa direction.

La plupart des commentateurs ont estimé avant le vote que Shaul Mofaz avait plus de chance que Tzipi Livni de parvenir à former un gouvernement avec les partis membres de la majorité actuelle.

Mais, selon les sondages, le Kadima remporterait plus de mandat s?il était mené par Tzipi Livni en cas d?élections anticipées face au chef de l?opposition de droite Benjamin Netanyahu.

Pour Roni Bar On, ministre des Finances, qui soutenait Tzipi Livni, « organiser des élections anticipées reviendrait à un hara-kiri national. Israël ne veut pas d?élections. Il faut s?unir derrière Tzipi Livni pour constituer un gouvernement ».

« Revenir à une situation stable »</B>

Mais Eli Yishaï, chef du parti religieux orthodoxe Shass, dont dépend le sort de la future coalition, a déjà posé une condition politique en affirmant que son parti n?entrerait pas dans un gouvernement qui fera des concessions aux Palestiniens sur Jérusalem, en référence à la partie orientale de la ville, dont les Palestiniens veulent faire la capitale de leur futur Etat.

Le ministre sans portefeuille, Eli Aflalou, également proche de Tzipi Livni, a estimé que la bataille maintenant se joue entre elle et « Bibi », le surnom de Benjamin Netanyahu, le chef du parti de droite du Likoud. « Je suis convaincu qu?elle remportera les prochaines élections si elles ont lieu », a-t-il déclaré.

Le négociateur palestinien Saeb Erakat a exprimé, de son côté, l?espoir qu?avec la victoire de Tzipi Livni s?ouvriraient des négociations « sérieuses », alors qu?Israéliens et Palestiniens ont promis de tenter de parvenir à un accord de paix avant la fin de l?année. « Nous espérons qu?il y aura des négociations sérieuses, sur tous les sujets », a déclaré Saeb Erakat. « Nous espérons revenir à une situation stable, qu?il s?agisse d?un gouvernement d?union nationale ou d?élections anticipées », a poursuivi le responsable palestinien. Mais les avis divergeaient sur ce qui allait se passer sur la scène politique israélienne.

<B>© Le Nouvel Observateur</B>

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