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Tsunami :Une vague d?inquiétude

12 septembre 2007, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La vigilance est de mise. Alertés par le Pacific Tsunami Warning Centre américain et la Japan Meteorological Agency, les services météorologiques mauriciens ont lancé le protocole d?alerte (veille) au tsunami, hier, dans l?après-midi. Un premier bulletin a été émis à 17 heures, pour faire état de l?alerte, à la suite d?un tremblement de terre survenu en mer, au large de l?île indonésienne de Sumatra, au nord-est de l?île Maurice. Le tremblement de terre était d?une magnitude 8,2 sur l?échelle de Richter.

Après les premiers instants de trouble qui suivent l?annonce de l?alerte, les différents organismes publics et privés se mettent à l??uvre. La météo, par le biais du prévisionniste Ganeshen Virasami, nous informe qu?elle maintiendra son alerte dans la nuit. Même si les autres pays ont levé leur alerte, à Maurice la vigilance semble être de mise. L?état d?alerte sera maintenu jusqu?à ce qu?il n?y ait plus de risque.

Suresh Seebaluck, secrétaire du Cyclone and other Natural Disasters Commitee, lance un appel à la prudence. Suite aux informations recueillies par les services météorologiques, une réunion de crise a eu lieu avec les différents acteurs concernés. Des représentants du ministère de la Pêche, de la police, des gardes-côtes, étaient parmi ceux présents lors de cette réunion avec le bureau du Premier ministre. ?Nous demandons au public de prendre toutes les précautions de mise et de ne pas s?aventurer en mer?, avertit Suresh Seebaluck. Il lance un appel aux pêcheurs pour qu?ils rentrent, et aux autres citoyens pour qu?ils évitent les plages, au moins jusqu?à ce que l?alerte soit levée.

<B>Ordre d?évacuation</B>

Un ordre d?évacuation a néanmoins été émis dans le Sud, notamment à Rivière-des-Galets. Les habitants de ce village ont été appelés à rejoindre leur centre communautaire ou les autres centres d?urgence. Cette région est considérée à risque, car il n?y a pas de récifs. L?absence de cette barrière naturelle a causé un raz-de-marée en décembre 2004.

Du côté des hôtels et des tour-opérateurs, le mot d?ordre est information. La récolter auprès des autorités et la disséminer aux hôteliers et aux clients. Clyde Vacher, de Sun Resorts, explique qu?il fait un tour d?horizon régulier des établissements du groupe. Du côté du groupe Naïade Resorts, Richard Ramasawmy parle des consignes aux clients de ne pas s?aventurer en mer.

Les tour-opérateurs sont tous en alerte. En cas d?évacuation, ils assurent le transport des clients, ainsi que des employés d?hôtel.

Dans le Nord, les plages sont désertes. Les pêcheurs ont rentré leurs embarcations, et attendent chez eux le développement des événements.

Même constat dans l?Ouest. Manfraise Ramalingum, habitant du Morne et responsable du centre communautaire de la localité, a ouvert le centre dès l?annonce de l?alerte. Il affirme qu?il restera ouvert, au cas où des habitants auraient besoin d?un abri. Le village est désert, les résidents privilégiant la sécurité, dans leur foyer.

Dans l?Est, Moïse Dardenne nous apprend que les habitants sont calmes. Personne ne semble attendre le raz-de-marée de 2004.

<B>Vincent POTAGE

<B>Des vagues d?un mètrede haut à Rodrigues</B>

■ Dans leur bulletin émis à 22 heures, les services météorologiques mauriciens ont fait état des vagues déferlants sur l?île Rodrigues. Des vagues d?un mètre de haut ont en effet touché la petite île, quelques heures après le tremblement de terre, au large de Sumatra. Toutefois, d?après les gardes-côtes sur place, ces vagues auraient eu lieu hors du lagon. La mer houleuse aurait perduré plusieurs heures.

Du côté de la station de Port-Louis, à minuit, la météo a enregistré des vagues de 40 cm. A cause de la marée, qui devait atteindre son plus haut point vers 1 h 30, les services météo prévoyaient que le phénomène de vagues continuerait de s?amplifier. Et ce, jusqu?à ce que la marée se mette à baisser, après 1 h 30.

<B>Météo : le quotidien d?une station</B>

■ Des traits tirés. Des yeux douloureux à force d?avoir scanné l?écran d?un ordinateur. A 21 h 30, on est fatigué à la station météo de Vacoas. Le directeur et ses deux adjoints sont de service depuis huit heures du matin.

?Vous êtes arrivés à une heure creuse?, nous explique-t-on à l?entrée. Il faudra insister pour monter dans la salle commune où travaillent Suresh Boodhoo et son équipe, dont le prévisionniste de service, Kishan Dhunputh.

Pendant que Suresh Boodhoo nous explique patiemment ?la procédure?, une sirène retentit dans notre dos. C?est un communiqué qui tombe du Japon. Son libellé parle de la ?possibilité de tsunami destructeur dans l?océan Indien?. ?C?est la même information que celle reçue il y a de cela quelques heures?, commente Suresh Boodhoo, ?il n?y a pas de branle-bas de combat ?.

A la station de météo chacun est à son poste, sans état d?alerte apparent. On parle peu, on est concentré sur les écrans. Qui à établir les cartes pour les prévisions du lendemain, qui à répondre aux appels téléphoniques qui s?enchaînent.

Justement, l?un d?eux est de Rodrigues. Vite, Suresh Boodhoo sort son crayon et note : ?à 17h 15 : 1 m 05, 17 h 30 : 1 m 06, 17 h 35 : 2 m 01?. Juste le temps de dire merci et au revoir à son interlocuteur et la discussion s?engage avec Kishan Dhunputh. ? A marée haute c?est combien ? ? L?air grave Suresh Boodhoo insiste : ?Linn monte par 95 cm dan zis sink minit.? Face à notre air interrogateur, il nous rappelle : ?En 2004, Rodrigues ti gagn ziska kat met.?

Le concert de sonneries reprend. C?est la Réunion cette fois. Suresh Boodhoo répond lui-même. ?Oui, cela vient juste de tomber.? D?une voix mesurée, il redit les chiffres qui lui ont été communiqués à l?instant. En même temps, sur un autre numéro, c?est le bureau du Premier ministre qui appelle. Suresh Boodhoo ne s?attarde pas. Jongle avec les téléphones. Avant d?annoncer sur un ton ferme, peu avant 22 heures, ? je dois rédiger un nouveau bulletin?.

Aline Groëme-Harmon

<B>Le séisme à Sumatra a fait deux morts et plusieurs blessés</B>

DEUX personnes ont péri et plusieurs d?autres ont été blessées dans le violent séisme de magnitude 8,2 sur l?échelle de Richter qui a frappé, hier, l?île de Sumatra, dans l?ouest de l?archipel indonésien. Une personne a été tuée par la chute de débris dans la ville de Bengkulu, proche de l?épicentre. A la suite du tremblement de terre, des alertes au tsunami ont été lancées sur le pourtour de l?océan Indien, provoquant des scènes de panique dans les zones côtières de l?Asie du Sud-Est.

L?Indonésie a enregistré deux secousses de magnitude 8,2 d'abord et 6,6 ensuite. Les deux alertes ont été levées quelques heures après avoir été déclenchées. Une vague de 3 m de haut a déferlé sur la ville de Padang, à Sumatra, vingt minutes après le premier séisme, faisant deux morts et plusieurs blessés, selon le ministère de la Santé indonésien. Les habitants de la région fuyaient les côtes.

Le Centre d?alerte des tsunamis dans le Pacifique a indiqué que ?les tremblements de terre de cette magnitude peuvent provoquer des tsunamis qui sont susceptibles de menacer toutes les côtes de l?océan Indien?. Les autorités indonésiennes ont alors émis un avis d'alerte au tsunami pour la province de Bengkulu, située dans le sud-ouest de la grande île de Sumatra, selon les météorologues. Le Pacific Tsunami Warning Centre, dont le siège est à Hawaï, a précisé que l?alerte concernait aussi l?Inde, le Sri Lanka et les Maldives. L?Inde a émis une telle alerte pour les îles Andamans et Nicobar, les autorités de Malaisie pour le nord du pays. Le Sri Lanka a fait de même pour son territoire. Une alerte au tsunami a été déclenchée à la Réunion. Le Kenya a fait de même.

<B>Absence de raz-de-marée</B>

Deux heures et demie environ après le tremblement de terre, l?agence météorologique indonésienne a levé son alerte au tsunami en signalant l?absence de raz-de-marée de grande ampleur. Un officiel a cependant signalé qu?une vague d'un mètre de haut avait été mesurée. Les autorités malaisiennes ont repéré des ondes de un à trois mètres de hauteur s?éloignant de l?épicentre, situé à 159 km au sud-ouest de Bengkulu.

L?US Geological Survey (USGS) estime que le premier tremblement de terre s'est produit vers 15 h 10 (heure de Maurice). Il se serait produit à 15,6 km sous terre, dans la région de Sumatra, à 625 km de la capitale, Djakarta, et à 700 km au sud de Singapour. Le séisme a secoué des immeubles à Djakarta. Des secousses ont été ressenties dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, notamment à Singapour et en Thaïlande.

En Malaisie, les autorités ont invité les habitants à se tenir éloignés des plages. Dans l?île touristique de Penang, particulièrement touchée par le tsunami de décembre 2004, la police a été mobilisée pour évacuer les personnes des hôtels situés en bord de mer.

Le gouvernement indien a lancé une alerte pour les archipels isolés d'Andaman et de Nicobar, situés à quelque 1 200 km à l?est des côtes du continent qui lui n?était pas concerné. L?alerte a été levée au bout de plusieurs heures.

En Australie, l?alerte a pris fin pour les îles Christmas et Cocos, et elle a été seulement maintenue pour l?Australie occidentale, les autorités demandant aux gens de sortir de l?eau et de rester éloignés des zones côtières les plus basses.

Le 23 décembre 2004, un séisme de magnitude 8,1 avait été enregistré au nord de l'île Macquarie (Australie). Un autre avait eu lieu le 26 décembre en Indonésie, atteignant une magnitude de 9, suivi d'une série de tremblements de terre tous de magnitude supérieure à 5, provoquant un tsunami qui avait fait environ 168 000 morts dans le nord de l'île de Sumatra et plus de 230 000 morts sur tout le pourtour de l?océan Indien.

<B> Chaos à Padang</B>

■ ?Les services de secours d'urgence sont mobilisés et le président a ordonné à l'armée de participer aux efforts?, a déclaré le porte-parole de la présidence indonésienne. Selon les chaînes de télévision locales, des immeubles se sont effondrés dans la ville de Padang, capitale de la province de Sumatra Ouest, et certains ont pris feu.

Le maire de Padang, Fauzi Bahar, a déclaré que trois personnes étaient prises au piège dans les décombres d'un bâtiment de trois étages. ?La ville est plongée dans le chaos. Tout le monde cherche à se réfugier sur les hauteurs. J'ai vu une maison complètement détruite. J'essaie de sauver ma famille?, a déclaré un témoin.

A Bengkulu, ?les gens ont paniqué et essayé de sauver leur vie?, a raconté à la radio un policier, ajoutant avoir entendu dire qu'un immeuble de trois étages s'était effondré. Un habitant de la ville a déclaré que l'électricité avait été coupée et qu'il était difficile d'évaluer les dégâts.

?Le séisme était très violent et je me suis précipité hors de ma maison. Je ne sais pas s'il y a des dégâts car il fait noir?, a dit cet habitant, joint par téléphone.

<B>Tour d?horizon</B>

<B>Emotion dans le Nord</B>

Est-ce que Grand-Baie sera frappé par le tsunami ? C?est la question qui était sur toutes les lèvres, hier, dans ce village touristique du Nord depuis l?annonce d?un éventuel tsunami.

Touristes, vacanciers, propriétaires de pubs et de restaurants étaient sur le qui-vive. Bon nombre de clients n?avaient pas le c?ur à la fête. Pratiquement toutes les conversations tournaient autour de ce sujet, tantôt sur le ton de la dérision, tantôt autour de la nécessité d?informer ses proches de ce danger. 

Le spectre des dégâts causés par le tsunami de 2004 est encore dans la tête des habitants. C?est pourquoi les pêcheurs, les propriétaires de catamarans, de speedboats ont pris la chose au sérieux. Par mesure de sécurité, ils ont éloigné leurs embarcations du rivage. 

<B>Jean DenisPERMAL</B>

<table border="0" width="200" cellspacing="0" cellpadding="0" align=center><tr><td width="100%" bgcolor="#DDDDDD"><img border="0" src="images/1x1grey.gif" width="1" height="1"></td></tr></table>

<B>Les hôtels de l?Est gèrent</B>

Grands et petits hôtels ont eu, hier, à réagir face à l?alerte au tsunami. L?Est a été la région la plus menacée. Du côté des petits hôtels, la surveillance des évènements a été cruciale.

?Je suis en train de surveiller tout ça sur Internet. Nous avons déjà passé le message aux clients et nous suivons attentivement?, explique Ramjawan Benidin, directeur des ressources humaines à l?Hôtel Emeraude à Belle-Mare. L?hôtel comporte 60 chambres. Il une capacité de 120 clients et en compte actuellement une dizaine. ?On sent un léger malaise chez les clients. C?est pour cela qu?on fait des rondes régulières afin de maintenir le calme. Les employés participent aussi et parlent beaucoup aux clients?, explique Ramjawan Benidin.

Dans les grands hôtels, une procédure a déjà été mise sur pied pour parer à des cas éventuels d?urgence. ?Nous avons déjà enlevé tout le matériel qui est sur la plage. Les clients sont au restaurant et au bar qui se situent en hauteur. Il n?y a pas eu de panique, et tout se déroule plutôt normalement. Tout le personnel participe à l?exercice. Nous avons déjà des points établis où tout le monde doit se rassembler en cas d?urgence. C?est comme pour les cas d?incendie, nous avons aussi un plan en cas de tsunami pour l?évacuation?, soutient Ashok Bhugoo, Food and Beverages Manager ainsi que Duty Manager, hier soir au Prince Maurice, à Poste-de-Flacq. 


<B>Sharon SOOKNAH</B>

<table border="0" width="200" cellspacing="0" cellpadding="0" align=center><tr><td width="100%" bgcolor="#DDDDDD"><img border="0" src="images/1x1grey.gif" width="1" height="1"></td></tr></table>

<B>Alerte à la Réunion</B>

Une alerte au tsunami a été déclenchée hier à 17 h 45 à la Réunion, après le séisme survenu au large de la région indonésienne de Sumatra.

?Il n?est pas encore possible de dire si ce séisme provoquera un tsunami?, dit le message d?alerte de la préfecture, qui estime que l?onde éventuelle pourrait avoir une amplitude de 0,5 m à 2 m et toucher les côtes de l?île entre 22 et 23 heures.

Tous les navires de commerce en escale à la Réunion ont été invités à appareiller et les propriétaires des autres navires à les mettre à sec ou à renforcer leur dispositif d?amarrage. Baignades, loisirs nautiques et promenades en bord de mer ont été interdits jusqu?à nouvel ordre.

Le 26 décembre 2004, une succession d?ondulations atteignant jusqu?à 5 m d?amplitude avait touché les côtes de la Réunion dans les heures suivant le séisme en Indonésie.

Le phénomène n?avait pas fait de victime mais coulé plusieurs dizaines de bateaux de pêche et de plaisance dans les ports de Sainte-Marie et Saint-Gilles-les-Bains.

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