Publicité

Troisième nuit à la belle étoile pour les Labavarde

13 septembre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La famille Labavarde n?a plus de toit. Expulsée de la maison qu?elle occupait jusqu?à samedi, elle a passé sa troisième nuit dans la rue. Le chef de famille crie à l?injustice pour une histoire de prescription sur le terrain où il habite depuis des années. La cour semble être d?un autre avis. Elle a donné un ordre d?évacuation alors que le ?main case? lié à leur droit constitutionnel d?appel devra être entendu ce jeudi. Entre-temps, les autorités s?organisent pour venir en aide à la famille. Une solution devra être trouvée aujourd?hui, assure le directeur du Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups, Dharma Mootien.

Jean-Claude Labavarde avait pourtant demandé une injonction interlocutoire la semaine dernière pour contester l?ordre d?évacuation. Mais cette motion, qui devait être débattue hier matin a été rendue caduque par l?ordre d?évacuation appliqué samedi dernier. La famille Labavarde se bat depuis 1989 contre ses voisins, la famille Dam Cam qui, elle, revendique, la propriété de ce terrain de 50 perches. ?Nou troisième génération de la famille Marcelin qui reste là. Mais fine réussi faire prescription lor la terre là. Nou voisin vine dire qui so fami ine loue sa terrain à bail avec papa témoin là. C?est nou terrain malgré bane malhonnêtés qui passé?, s?insurge un membre de la famille Labavarde. Des certificats de naissance et de décès de différents membres de la famille Marcelin depuis 1929 attestent qu?ils ont toujours été des habitants de cette région.

C?est en 1987 quand le père de Jean-Claude Labavarde choisit de prescrire le terrain que les difficultés vont commencer. À la publication de la prescription dans la presse, la famille Dam Cam, se fait connaître comme étant le propriétaire de ce terrain. La bataille légale sera rude, dit-il, d?autant qu?ils sont ?menés en bateau par des hommes de loi?.

Un jugement est rendu en mai 2003 déboutant la famille Labavarde. Elle fait appel mais leur avoué, Me Iqbal Dauhoo, se trompe en termes de procédures. L?appel est alors rejeté. ?Cette famille est de bonne foi. Elle y habite depuis plus de 122 ans. Il y a eu quelques cafouillages en matière juridique. Mais le plus important est le fait qu?ils n?aient pas pu faire appel à cause d?une erreur?, explique un juriste, qui va aussi s?occuper du dossier.

Mais leur priorité n?est pas de trouver une maison mais de pouvoir récupérer leur terrain. ?Nous n?allons pas accepter une maison des autorités. Nous voulons une réouverture du procès pour que justice soit faite. Nous voulons au moins pouvoir faire appel. Nous acceptons de souffrir mais il est plus question de subir des injustices?, soutient Jean-Claude Labavarde.

Dharma Mootien s?insurge contre le fait que ?certains politiciens tirent un capital politique de ce drame. C?est inhumain. Ces enfants vont souffrir.? Il explique que tout sera fait pour qu??ils ne dorment plus à la belle étoile. Nous avons fait des propositions en attendant que leur affaire soit entendue en cour, jeudi. Nous espérons arriver à un consensus aujourd?hui.?

Il est, entre autres, question de les loger dans des hospices ou autres abris temporaires en attendant que la situation se décante. Leurs affaires, (lits, armoires, réfrigérateur) qui sont dans un état de délabrement, n?ont plus leur utilité première. Une tente les protège des intempéries. Entre-temps, les enfants, inconscients, jouent et chantent. C?est dans la soirée que leur cauchemar recommencera?

Depuis samedi, Gérard Grivon, Arvin Boolell, Satish Faugoo, Dev Hurnam, et plusieurs autres personnalités politiques sont venus témoigner de leur sympathie à ces cinq familles. Les Mauriciens étaient aussi nombreux à venir aider les expulsés.

Publicité