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Trois quarts de siècle pour le ?Dramatic club?

1 août 2007, 00:00

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Le Mauritius Dramatic Club (MDC) existe-t-il toujours? Et si oui, est-il toujours aussi actif que jadis quand la poignée de fonctionnaires et de militaires anglais, en poste à Maurice, et leurs conjoints, prenaient plaisir à meubler leur temps libre, pas encore dévoré par la télévision ni l?ordinateur, par toutes sortes d?activités sociales dont les représentations théâtrales ayant fait les beaux jours de cette association de comédiens? Il suffit cependant qu?une nouvelle poignée de comédiens amateurs d?expression anglaise, qu?ils soient Anglais, anglophones ou Mauriciens, éprouvent un commun désir de monter, à Maurice, une pièce de théâtre qu?ils ont appréciée à Londres ou à New York, pour ajouter un nouveau fleuron à ce Mauritius Dramatic Club et rappeler à tous et à bon escient qu?il voit le jour en décembre 1932 et qu?il serait souhaitable qu?un nouveau spectacle célèbre, au Garrison Hall, devenu depuis, d?abord le Trafalgar Hall, puis le théâtre Serge-Constantin, ses 75 ans d?existence. Avis donc à qui de droit.

A la fin de juillet 1982, l?express prend plaisir à rappeler à ses lecteurs quelques temps forts du premier demi-siècle du MDC. Une fois n?est pas coutume, celui-ci anticipe l?événement, en présentant, avec un semestre d?avance sur ce glorieux anniversaire, la comédie musicale de Gilbert and Sullivan, The Pirates of Penzance. Le théâtre municipal de Port Louis, n?ayant vraisemblablement pas besoin alors de rénovation, en raison fort probablement d?un entretien adéquat, accueille ces représentations commémoratives. Elles sont précédées par une bonne centaine de réalisations les unes plus exaltantes que les autres. A défaut d?un mécène mauricien pouvant s?intéresser encore au théâtre made in Mauritius, notre British Council pourrait organiser un concours du plus bel album de photos, de souvenirs, de documents, de coupures de journaux des 75 ans d?existence du MDC, à présenter d?ici la fin d?août ou de septembre. Les albums primés, complétés par ce qu?il y a de mieux dans les envois rivaux, pourraient faire l?objet, d?abord, d?une exposition à visiter cet été, puis, à la rentrée de 2008, d?un livre souvenir. British Airways et l?un ou l?autre de nos hôtels, l?ancien Merville par exemple, en souvenir de Peter White, pourraient, par exemple, contribuer à cette célébration, en offrant le déplacement par avion et l?hébergement au plus grand nombre possible d?anciens acteurs et actrices du MDC. L?on pourrait demander à David Constantin et à ses amis cinéastes de filmer ces retrouvailles en terre mauricienne, retraçant une épopée théâtrale de trois quarts de siècle.

Il se peut même qu?en maquillant un tel anniversaire comme de la vieille ferraille, on pourrait même intéresser les autorités mauriciennes.

L?épopée du MDC commence par le désir de quelques fonctionnaires anglais et donc étrangers de se divertir, en montant l?un ou l?autre spectacle en anglais, tout en levant des fonds pour l?une ou l?autre activité charitable. La première pièce à voir le jour est The Sport of Kings. D?autres suivent à intervalles réguliers sauf pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans ses pires années, le MDC présente une pièce par an et jusqu?à cinq fois plus dans les meilleures. Une nouvelle pièce tous les deux mois ou presque, quoi demander de mieux ?

Il n?y a d?ailleurs pas que les pièces de théâtre. Nos Red Christmas (en raison nos flamboyants) sont aussi l?occasion de présentations de pantomimes. Les rôles féminins sont tenus par des hommes et les masculins par des femmes, selon les meilleures traditions anglaises. Après les pièces et les pantomimes, viennent les comédies musicales. Trial by Jury pour commencer et Pirates of Penzance pour suivre. Il y a aussi les reviews, les spectacles de variétés, avec sketches et chansons et même, à l?occasion, le précieux concours de Max Moutia.

Karl Abraham, instituteur, diplomate, avocat, figure parmi les premiers Mauriciens à avoir le privilège de faire partie du MDC. Il est aussi bon acteur qu?excellent chanteur. Harry Saminaden, Paddy Rowntree, Colin Hare suivent son exemple. D?autres noms sortent du lot. Ils sont ceux de Gordon Gibson et de Pamela Dean. Ils sont de tous les spectacles ou presque et dont ils sont la cheville ouvrière. Liz Houston est tellement talentueuse sur scène que son retour en Angleterre lui permet de devenir une actrice professionnelle.

Le théâtre municipal de Rose-Hill, le théâtre de Serge Constantin, reçoit 75 fois le MDC pour 133 représentations. Un record qui n?est pas près d?être égalé. Reconnaissante alors (merci G.A. Decotter), BBRH offre au MDC la Médaille de la Ville, le 8 mars 1972.

Les moins amnésiques d?entre nous se souviennent peut-être encore des émotions créées par la représentation à Maurice des pièces suivantes : - Murder on the Nile, Under the Sycomore Tree, Edward my Son, A Man for all Seasons, Julius Cesar, Pygmalion de George Bernard Shaw, Wait until Dark de Frederic Knott, Habeas Corpus d?Alan Bennett, Separate Tables de Terence Rattigan.

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