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Trois maîtres d?Afrique en concert
Ils viennent tous de trois pays dont la première syllabe est similaire. Madagascar. Mali. Maroc. De cet aspect commun, ils en font le nom de leur formation, 3MA. C?est Rajery (valiha), Ballaké Sissoko (kora) et Driss El Maloumi (oud). Commun à trois excellents musiciens de renommée internationale, ce projet Sud-Sud vise à réunir en une création totalement inédite les univers musicaux qui, du Maghreb (Maroc) à l?Afrique subsaharienne (Mali) jusqu?à l?extrême Nord-Est du continent africain (Madagascar) dérouleront le fil des convergences, des influences et des libertés propres à chaque compositeur.
<B>Mariage d?influences</B>
Cette union sonore entre ces trois maîtres s?est faite au cours de résidences, lancées en 2006. La première session s?est tenue à Madagascar en décembre 2006. Elle comprenait des séances de création et d?enregistrement sous la supervision de Yann Costa (ingénieur de son et musicien au sein du groupe Zong). La deuxième étape s?est déroulée dans le même pays en mars 2007 avec cette fois des concerts, une résidence à La Réunion au Kabardock, ainsi qu?une prestation au Bato Fou et au théâtre St Gilles. Le trio s?est également exposé lors d?un concert à Bamako au Mali et pendant une tournée au Maroc.
Installé sur des bases solides, le trio s?est élancé cette année vers l?hexagone (France) pour partager sa création à un public externe du continent noir? Un mariage d?influences inédites qui ne demande qu?à être vu et entendu. Le tout résonne world, avec un ensemble à la fois ancestral, traditionnel et moderne. De bels envols d?accords. A mercredi?
Les billets sont en vente à Rs 250 et Rs 50 (moins de 25 ans) au Centre Charles Baudelaire (Rose-Hill), Campus France (Port-Louis), CCEF (Curepipe) et à travers le Rézo Ôtayô (466 99 99).
<B>Qui sont-ils
■ Driss
El Maloumi (Maroc) </B>
Né à Agadir au Maroc, Driss El Maloumi est un artiste qui se caractérise par sa virtuosité et son talent. Il est actuellement un des meilleurs joueurs de oud au niveau international.
Sa culture musicale et littéraire lui permet grâce à une rare maîtrise instrumentale d?aborder différents styles de musique. Il a réalisé en 2000 l?album de jazz Tawada, en collaboration avec l?artiste français Alban Darche. Cet album a été distingué de 4 étoiles dans ?Jazzman magazine?.
■ <B> Rajery (Madagascar) </B>
Malgré un handicap à la main droite, Rajery décide d?apprendre tout seul à jouer de la valiha à 15 ans. Au fil des ans, il apprivoise l?instrument béni des ancêtres, tout en s?initiant à la profession de comptable. En 1983, il débute avec le groupe Tsilavina. Dans son élan, il crée le premier grand orchestre consacré à la valiha avec 23 solistes. En 1993, il décide d?organiser à Antananarivo la première semaine nationale de la valiha. Il aide les enfants des rues à s?en sortir, dispense son savoir et oeuvre comme musicothérapeute. C?est en rencontrant Christian Mousset, le créateur du festival des Musiques Métisses d?Angoulême, que la carrière internationale de Rajery démarre. En 1999, Mousset lui fait enregistrer son premier CD, Dorotanety (feu de brousse) sur le fameux Label Bleu.
■ <B>Ballaké
Sissoko (Mali) </B>
Ballaké Sissoko est né griot (jeli en bambara). En effet, Sissoko est un patronyme clanique de griot. Il est fils et petit-fils de joueur de kora. Son père, Djelimady Sissoko, originaire de Gambie, s?installe au Mali à la fin des années 50 et participe à la création de l?Ensemble instrumental avec Modibo Keita, premier président du Mali indépendant. L?Ensemble instrumental du Mali, sur le modèle des Ballets Guinéens, réunit des musiciens des différentes cultures musicales du pays dans le but d?ériger un sentiment d?appartenance nationale. En 1981, Ballaké, alors âgé de 13 ans, prend la place de son père défunt à l?Ensemble instrumental et devient ainsi musicien-fonctionnaire. Après une brève formation avec son père et son grand père maternel, également joueur de kora, il se professionnalise à l?Ensemble instrumental que l?on peut considérer comme une école de trans-culturalité musicale. En 1989, il quitte l?Ensemble instrumental pour accompagner Kandia Kouyaté, célèbre griotte malienne.
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