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Troc agricole avec Cuba et pêche dans mauvaise passe

19 novembre 2004, 00:00

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Revenant d’un congrès sucrier, Robert Antoine, directeur du MSIRI, propose un troc agricole avec le Cuba de Fidel Castro. Il s’agirait, selon lui, d’échanger les connaissances mauriciennes en technologie sucrière contre le savoir-faire cubain en matière de fonctionnement de projets-pilotes avantageux ou encore d’utilisation des sous-produits de la canne à sucre. Maurice a tout à gagner avec un tel troc. Les expériences cubaines réussies nous permettront d’économiser temps et argent.

Robert Antoine estime qu’il est plus que temps que Maurice se mette à penser davantage en termes d’industrie cannière que sucrière. Il nous faut envisager beaucoup plus sérieusement que par le passé l’application globale de l’utilisation intégrée de la canne. La visite des projets-pilotes cubains a été, à ce point de vue, particulièrement enrichissante. Cuba est en avance sur la plupart des autres pays producteurs de sucre de canne. Cette île excelle dans l’utilisation optimale des sous-produits de la canne. Il cite, à cet effet, la production de pâte à papier journal à partir de la bagasse, de panneaux à particule, de levure, de nourriture pour animaux, d’alcool, de furfural, etc.

Cuba vise aussi la recherche intégrée, menant également à l’information, aux échanges de documents scientifiques, réduisant d’autant le laps de temps entre la recherche et la commercialisation, à la formation des cadres, à la mise sur pied d’usines révolutionnaires et à leur encadrement.

En revanche, Maurice peut certainement aider Cuba à améliorer son rendement sucrier qui ne doit pas dépasser de beaucoup les deux tonnes de sucre à l’arpent. Cette île n’est pas parvenue non plus à juguler la maladie cannière de la rouille.

Une mission de la Banque africaine de développement (BAD) séjourne, par ailleurs, à Maurice en vue d’apporter son aide financière et technique à l’élevage. Le gouvernement veut créer six “breeding centres” ici et là afin d’accroître le cheptel ainsi que la production de lait et de viande. La situation n’est guère brillante. En 1977, Maurice n’a produit que 1 250 tonnes de viande alors que l’objectif pour 1980 est de 3 250 tonnes. La demande en viande pour 1985 est estimée à 7 600 tonnes. A Maurice, les expériences du Dr Preston n’ont guère suscité d’engouement. Il estime que 120 arpents dans la région de Richelieu et 200 vaches peuvent fournir annuellement 365 000 litres de lait et 103 tonnes de viande.

La pêche industrielle est dans une passe encore plus périlleuse. De plus en plus, les compagnies locales sont contraintes à laisser la place à des compagnies étrangères qui pillent sans vergogne nos bancs de pêche jadis si poissonneux. Ils sont sous-exploités par les pêcheurs locaux et littéralement pillés par des étrangers et plus particulièrement par des Soviétiques. L’affrètement de bateaux étrangers n’est pas la solution car 30% de la pêche se perdent en exportations sans apport de devises étrangères pour Maurice.

La situation est désastreuse en ce qui concerne les compagnies mauriciennes de pêche. La Fishing Enterprise (Perle III) est en faillite. “Stella Maru” et “Sirène” sont devenus des caboteurs. “Patriote”, “Talbot III” et “Silver Star” pêchent de temps en temps. Les bateaux de pêche doivent atteindre un “break-even”, possible grâce à un remplissage de 75% des cales et de 35 jours de pêche effective. Les pêcheurs mauriciens ne s’adaptent pas à ces exigences hauturières. Ils refusent d’aller au-delà de 28 jours en haute mer dont 8 jours pour l’aller-retour. Maurice possède une zone de pêche de 9 550 milles carrés dont 8 850 sur les bancs et 750 pour Maurice et Rodrigues. Le Mauricien consomme 13 kg de poisson par an. La production annuelle est de 6 100 tonnes dont 2 100 tonnes côtières et 1 000 tonnes rodriguaises. Les importations annuelles sont de l’ordre de 4 500 tonnes.

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