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Triste Noël pour les licenciés de Bourgeon

22 décembre 2005, 20:00

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La fin de l?année se termine mal pour les 108 licenciés de l?usine de textile Bourgeon. Dix mois après la fermeture de l?unité de confection de chemises de Chebel, ils attendent toujours leurs indemnités de licenciement. Ces travailleurs, dont la plupart sont des femmes et mères de famille, n?ont pu retrouver un emploi depuis mars. Leur âge avancé joue contre eux. La moyenne tourne autour de 50 ans.

La plus ancienne est âgée de 69 ans. Comptant 24 ans de service au sein de cette entreprise, Amina Kubanally, affirme ne pas pouvoir offrir de cadeaux à sa famille pour Noël. ?Personne ne veut me prendre pour travailler. On dit que je suis trop âgée. Donnez-moi mes indemnités de licenciement?, implore-t-elle.

Cette habitante de Rose-Hill a donc fait le déplacement au jardin de la Compagnie, hier, pour faire entendre sa voix. Comme elle, une cinquantaine de licenciés de Bourgeon participaient à ce rassemblement. Ils projetaient de manifester devant l?hôtel du gouvernement. Après concertation, ils ont décidé de renvoyer leur manifestation à janvier. ?Nous donnons au gouvernement jusqu?au 18 janvier pour intervenir en notre faveur. Faute de quoi, nous allons manifester devant le bureau du Premier ministre?, déclare Fayzal Ally Beegun, leur négociateur.

La colère des ex-employés est à son apogée. D?autant qu?ils ont poursuivi la direction de Bourgeon en justice et qu?ils ont obtenu en juillet un jugement obligeant celle-ci à leur verser des indemnités de licenciement. Dans la mesure où l?usine a été placée sous administration judiciaire, le paiement des indemnités revient au receiver manager.

?J?ai soumis un dossier à l?Independent Commission against Corruption (Icac) pour savoir qui est le véritable propriétaire de la défunte usine. Les ouvriers recevaient deux types de fiches de paie?, explique le négociateur. Il affirme avoir rencontré le ministre du Travail et des Relations industrielles à ce sujet et qu?une enquête est en cour.

D?autre part, la Federation of Parastatal Bodies and Other Union (FPBOU) a adressé, hier, une lettre au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Elle lui fait ainsi savoir que les licenciés souhaitent qu?une compensation de Rs 6 000 chacun leur soit versée. Les licenciés de l?usine textile Winbright de Chemin-Grenier ont aussi fait une requête en ce sens. Une telle action s?inscrit dans le cadre de la politique ?putting people first?, estime Deepak Benydin, président de la FBOU. Il écrit : ?Our trust is however on you as you went to abolish the miseries of poor people and put people first.? Cette fédération syndicale demande que la compensation soit payée avant les fêtes de fin d?année.

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