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Travail attitude

26 janvier 2007, 00:00

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L?attelage de la réforme sur le travail risque-t-il de se transformer en tortillard ? Avec un gouvernement qui se montre, pour une fois, très prudent et une opposition qui a déjà sorti ses griffes, la crainte du statu quo est bien réelle. L?important demeure que le débat ne soit pas escamoté à cause des intransigeances des uns et des autres. Chacun, des syndicats aux employeurs en passant par le pouvoir, aura à faire un bout de chemin pour parvenir à un consensus minimal. L?objectif demeurant la transformation de l?univers du travail pour qu?à la fois Capital et Travail s?adaptent à ce monde qui commande plus de flexibilité et une plus grande prise en compte des intérêts du salarié. Ce sont a priori des objectifs difficiles à atteindre. Pourtant, c?est l?une des conditions à remplir si l?on veut renouveler le rapport qui lie le Mauricien, employé et employeur, au travail.

Il ne sert à rien à ruser ainsi avec les faits. Nous ne pouvons perpétuer les mêmes lieux communs. Penser au Mauricien débrouillard et aux structures surannées qui réservent des places aux cousins et neveux des patrons historiques? voire restreindre la méritocratie, comme le font les politiques au ?professionnel? qui présente le meilleur profil ethnique. Ce sont autant de dysfonctionnements qui ont permis à un modèle archaïque de perdurer.

Toutefois, une réforme qui préserve le caractère sacré du déséquilibre entre le Travail et le Capital n?est pas non plus une solution. Dans le monde d?aujourd?hui, l?inadéquation traditionnelle qui assujettissait l?employé aux forces de l?argent s?estompe graduellement. La compétence est le meilleur pouvoir de marchandage qu?un employé peut exercer. Mais, en même temps, la flexibilité le rend vulnérable. Ce qui explique aussi l?affaiblissement des négociations collectives.

Face au moralisme primaire des syndicats, qui s?apparente plutôt à du misérabilisme, et au radicalisme des propositions de modernisation du patronat, il importe de ramener le travail dans le débat. Les lois sont condamnées à évoluer. Un cadre législatif est conçu pour cela. C?est d?autant plus urgent qu?il faut sortir des procédures ubuesques. Certes, il n?y a pas de morale du travail sans productivité, d?autant que les manquements doivent être pénalisés. Mais il n?y a pas non plus de productivité sans une éthique du travail qui engage l?employeur. C?est le nouveau contrat janséniste auquel les principaux partenaires sont appelés à s?engager. Pour cela, il faudra revoir un certain nombre d?idées reçues.

Le concept du statut mérite, à cet effet, d?être revu. Entre un contrat de longue durée avec des rémunérations garanties à la hausse comparé aux rémunérations moindres des emplois à statut, l?individu aura un choix à faire. Autre notion à revisiter est celui du chômage. Il ne sert à rien de mettre tout le monde dans le même panier. La précarité ne concerne pas les chômeurs de courte durée et ceux se retrouvant dans un état de transition. Les deux groupes les plus vulnérables sont en fait les chômeurs de longue durée et les sans-emploi de moins de 25 ans qui sont susceptibles de sombrer dans le chômage durable.

Finalement, on revient à cette incontournable question d?attitude. Nous le savons. À Maurice, les attentes et les exigences sont rarement abusives sauf dans certains secteurs particuliers, où la production est soumise à des commandes inscrites dans le temps. Autrement, il n?y a pas lieu de se plaindre. Le vrai problème est dans le laxisme, le refus d?adaptabilité, le déficit de professionnalisme? Le vrai problème est dans ces structures de travail qui puisent des mécanismes de l?esprit colonial.

L?effort doit donc venir des deux sens. Pour qu?enfin le travail trouve tout son sens.

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